janvier 27, 2023

Maestro(s) – Fait-il le Poids Chiche?

De : Bruno Chiche

Avec Yvan Attal, Pierre Arditi, Miou-Miou, Caroline Anglade

Année : 2022

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Chez les Dumar, on est chefs d’orchestre de père en fils : François achève une longue et brillante carrière internationale tandis que Denis vient de remporter une énième Victoire de la Musique Classique. Quand François apprend qu’il a été choisi pour diriger la Scala, son rêve ultime, son Graal, il n’en croit pas ses oreilles. D’abord comblé pour son père, Denis déchante vite lorsqu’il découvre qu’en réalité c’est lui qui a été choisi pour aller à Milan…

Avis :

Réalisateur français, Bruno Chiche est de ces metteurs en scène qui ne font pas de bruit, et entretiennent une petite, mais sympathique, carrière. Débutant dans les années 90, Chiche a posé un premier film qui, dans une certaine manière, est devenu culte, « Barnie et ses petites contrariétés« . Par la suite, le réalisateur a oscillé entre le drame, la comédie et le film familial avec plus ou moins de succès.

Après son film « L’un dans l’autre » sorti en 2017, Bruno Chiche avait l’envie de parler d’un père et son fils, avec la particularité qu’ils seraient tous deux âgés. Son ami et producteur lui a alors parlé d’un film israélien, « Footnote » de Joseph Cedar. Après avoir regardé le film et découvert l’histoire de ces deux chercheurs, Bruno Chiche a gardé l’idée de base qui l’intéressait et il est parti chercher ailleurs son histoire.

« Le nouveau Bruno Chiche est un joli petit drame de bonne facture. »

Ainsi, les chercheurs du film de Joseph Cedar se sont transformés en chefs d’orchestre. Cinquième film de Bruno Chiche, « Maestro(s) » n’est donc pas un remake, mais un film qui dans ses grandes, très grandes, lignes s’inspire du film israélien évoqué plus haut.

Intéressant dans ses thématiques, tenant de beaux personnages, dont chacun d’entre eux racontera là encore quelque chose d’intéressant, le nouveau Bruno Chiche est un joli petit drame de bonne facture. Bien fait, bien exécuté, bien interprété, notamment par Yvan Attal et Pierre Arditi, excellent en fils et père, « Maestro(s) » est une bonne sortie qui, s’il ne marquera pas notre année de cinéma, mérite bien qu’on s’y arrête l’espace d’une séance.

Chez les Dumar, on est chef d’orchestre de père en fils. François Dumar, le patriarche de la famille, est un chef d’orchestre on ne peut plus réputé, qui a connu son heure de gloire il y a bien des années. Ayant très largement passé les soixante-dix ans, François est presque arrivé au bout de sa carrière. Denis Dumar, la cinquantaine, est quant à lui le chef d’orchestre qui monte de plus en plus, imposant quelque chose de novateur. Père et fils s’admirent autant qu’ils se jalousent, sans vouloir vraiment l’admettre. Un jour, François reçoit un appel. C’est l’appel qu’il a attendu toute sa vie, car on vient de lui proposer de diriger la Scala à Milan. Quoi de mieux pour conclure une carrière ? Or, il se trouve que la jeune assistante d’Alexandre Mayer, directeur de la programmation de la Scala, s’est trompée de Dumar…

« Bruno Chiche approfondit bien cette relation, injectant beaucoup de nuances et de sentiments contradictoires. »

« Maestro(s) » est donc le petit film somme toute sympathique qui sort cette semaine. Les relations de famille, c’est un thème qui traverse le cinéma de Bruno Chiche depuis ses débuts, que ce soit par les liens du sang, ou par la famille qu’on se crée. Là, comme ça, on se souvient encore de Fabrice Luchini dans la peau de Barnie qui se retrouvait perdu entre sa femme et son amant. Aujourd’hui, c’est donc sur une intrigue père/fils que le réalisateur français s’arrête, pour une histoire originale, intéressante et en même temps assez facile dans un sens, dont l’émotion va être amoindrie par son affiche qui étrangement spoile le film, ce qui est franchement dommage.

Le scénario de « Maestro(s)« , c’est une histoire qui arrive à nous tenir en intérêt de son début à sa fin. Très vite, le film expose les relations difficiles entre ce père et ce fils. Bruno Chiche approfondit bien cette relation, injectant beaucoup de nuances et de sentiments contradictoires. Le réalisateur arrive sans mal à nous prendre dans ses filets, grâce à l’excellence de ses comédiens, et derrière eux, à la beauté de ces personnages. Si le film résonne comme évident dans sa direction et sa résolution, cela ne l’empêchera pas d’exposer gentiment, et avec là encore de l’intérêt, ses thématiques. Dans l’écriture de ses personnages, « Maestro(s) » nous offre au second plan, des traits forts et les personnages sont intéressants. On pense au personnage incarné par Caroline Anglade, violoniste sourde, ou encore le personnage de Miou-Miou, qui observe son mari et son fils s’aimer, s’admirer et se jalouser.

« Par contre, ce qui manquera dans cette écriture, c’est de l’émotion. »

À travers les thèmes que « Maestro(s) » traite, il y aura la fascination d’un fils pour son père, et cette envie de s’élever, de s’émanciper, sans blesser son père. Le film parle aussi de la transmission au travers des générations, ou encore de la lâcheté et la peur de réussir. Bref, autant de richesses qui rendent le film de Bruno Chiche intéressant. Par contre, ce qui manquera dans cette écriture, c’est de l’émotion. Alors que « Maestro(s) » tient de jolies scènes, ce qui aurait dû être son point d’orgue est abîmé comme je le disais par son affiche. Ce qui avait tout pour être un excellent drame et film, avec cet élément, devient simplement un petit film sympathique. Vous me direz, c’est déjà bien, surtout face à beaucoup d’autres films qui sortent tous les ans, et qui n’arrivent même pas atteindre ce palier-là.

Ainsi, le nouveau film de Bruno Chiche se laisse très gentiment regarder. Joli drame et joli film sur les relations père/fils, on passe un bon moment en compagnie de ces personnages, et plus largement aussi, à regarder et écouter ce film, car oui, visuellement, « Maestro(s) » est bien fait et à l’écoute, c’est un petit délice, avec une BO faite de classique toujours bien posé. Comme je le disais, au sein du cinéma français, « Maestro(s) » ne marquera pas notre année de cinéma, des films comme « Les jeunes amants« , « La vraie famille« , « Revoir Paris« , « Trois nuits par semaine« , s’en chargeront mieux, mais pour l’espace d’une séance de cinéma après avoir été voir le film de Kore-eda Hirokazu ou encore le film de Charlotte Le Bon, « Maestro(s)« , ses comédiens et ses beaux personnages, méritent bien le déplacement.

Note : 12/20

Par Cinéted

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