novembre 30, 2025

Le Murder Club du Jeudi – Enquête et Thé

Titre Original : The Thursday Murder Club

De : Chris Columbus

Avec Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley, Celia Imrie

Année : 2025

Pays : Angleterre

Genre : Policier, Comédie

Résumé :

Une bande de retraités passionnés d’affaires classées se retrouve plongée au cœur d’une véritable enquête pour meurtre dans cette comédie policière adaptée du roman à succès.

Avis :

Netflix est-il devenu un nouvel eldorado pour les réalisateurs, ou alors est-il une plateforme de sécurité pour des films que l’on va qualifier de mineur ? On peut se poser la question quand on voit certains projets éclore sur la plateforme au grand N rouge, avec des cinéastes reconnus qui pensent avoir les coudées franches, mais qui n’ont en fait qu’une envie de travailler et donc de se faire un peu d’argent. Si on regarde la carrière récente de Chris Columbus, on peut déjà statuer sur ses intentions en matière d’art. Après cinq ans de disette suite à l’échec du très moyen Pixels, le réalisateur américain a décidé de faire confiance à Netflix pour faire le second épisode des Chroniques de Noël avec Kurt Russell. Il en est ressorti un film sans ambition artistique, capitalisant surtout sur les fêtes de fin d’année.

Cinq ans plus tard, revoici le cinéaste aux manettes d’une adaptation littéraire, un best-seller qui compte aujourd’hui quatre tomes (un cinquième est en cours d’écriture), Le Murder Club du Jeudi. Surfant sans aucun doute sur le succès des A Couteaux Tirés, mais aussi de cette nouvelle vague littéraire de policiers britanniques mélangeant enquête et humour, Chris Columbus va tenter de pondre un film sympathique, mais là encore, loin de tout essai artistique. C’est d’ailleurs la première chose qui frappe lorsqu’on lance le long-métrage, un manque flagrant d’envergure dans la mise en scène, et surtout, aucune recherche du « beau ». Les décors sont jolis, mais les plans sont classiques, il n’y a pas de travail particulier autour de la lumière, et l’ambiance reste sur un encéphalogramme plat. Très clairement, on sent que l’on est sur un film taillé pour la télé, et non pas pour le grand écran.

« Au niveau du scénario, là aussi, on est sur quelque chose d’assez simple »

Mais finalement, quand on regarde ce genre de comédie policière, on n’est pas forcément concentré sur la mise en scène, mais plutôt sur l’histoire, ou encore le casting. Au niveau du scénario, là aussi, on est sur quelque chose d’assez simple. L’histoire s’articule autour de quatre personnages qui sont passionnés par les cold cases, et qui vont trouver une réelle investigation lorsqu’il l’un des deux propriétaires de la maison de retraite va se faire assassiner, et que toutes les suspicions se portent sur l’autre propriétaire, qui veut faire fermer l’édifice pour en faire des appartements de luxe. Comme d’habitude pour ce genre d’intrigue, on aura de fausses pistes, une pléthore de suspects, et des résolutions qui tiennent plus ou moins la route. Néanmoins, malgré toute la sympathie que l’on peut éprouver pour l’histoire, il va manquer un petit truc pour vraiment nous emballer.

Cela tient principalement au fait que les suspects sont distillés de manière sporadique, et que certains personnages déboulent comme des Deus ex machina pour faire avancer le scénario. Il manque de la fluidité dans l’écriture, et dans la résolution de l’enquête. Alors oui, certains éléments sont plutôt marrants et malins. On peut évoquer la manipulation de ces quatre retraités pour faire rentrer leur amie policière dans la cellule d’enquête, afin d’avoir des informations confidentielles. Le fait aussi que chacun utilise ses compétences pour faire avancer les choses est plutôt bien pensé. Mais on sent que par moments, il y a des accrocs, des choses qui peinent, et il a fallu trouver des solutions un peu abracadabrantesques pour faire avancer l’ensemble. Néanmoins, le film se suit sans déplaisir, et cela c’est grâce à ses personnages, et aux acteurs, dont on sent une joie palpable d’être ensemble.

« il y a une vraie alchimie entre les acteurs »

Helen Mirren tire son épingle du jeu avec son humour très anglais, un peu pince sans rire. Elle excelle dans le rôle de la meneuse qui n’a peur de rien, et dont le background demeure intéressant, malgré quelques zones d’ombre. Pierce Brosnan semble prendre un plaisir monstre à jouer ce syndicaliste à la retraite qui aime mener des revendications et des manifestations. Quant à Ben Kingsley, il demeure plus discret, mais ce rôle de psychiatre lui va bien, n’en faisant jamais des caisses. Puis il y a Celia Imrie, incroyable de délicatesse et de justesse dans ce personnage d’ancienne infirmière qui se fait de nouveaux amis dans cette maison de retraite. Ce quatuor est vraiment touchant, et il y a une vraie alchimie entre les acteurs, qui sont d’ailleurs tous prêts à reprendre du service pour un deuxième opus, si Netflix donne le feu vert.

Et à cela, il ne faut pas oublier les rôles secondaires, qui sont aussi tenus par des pointures du genre. David Tennant est impitoyable dans le rôle du méchant de service, ce propriétaire qui veut expulser tous les vieux pour faire des appartements de luxe, et donc se faire plus d’argent. Geoff Bell est pas mal aussi dans la peau de ce deuxième proprio un peu racaille sur les bords, mais toujours du côté de ses résidents. Tom Ellis quitte son costume de Lucifer pour jouer le rôle du fils de Pierce Brosnan, un sportif déchu suite à une blessure, et qui est habité par des démons intérieurs. Puis il y a Naomi Ackie dans la peau de cette flic attachante qui va aider le quatuor. Bref, le casting est zinzin, et tout un chacun joue bien, apportant alors au film un capital sympathie important.

Au final, Le Murder Club du Jeudi est un film qui n’est pas exceptionnel, mais qui capitalise énormément sur son casting et sur la sympathie que l’on peut éprouver pour de vieilles personnes qui mènent une enquête. Le scénario demeure timide, assez simpliste, mais il s’efface un peu face aux acteurs qui se régalent et à un rythme plutôt soutenu qui empêche l’ennui de poindre le bout de son nez. Bref, ce n’est certainement pas le film de l’année, mais il demeure assez agréable.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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