
De : Louise Hémon
Avec Galatea Bellugi, Matthieu Lucci, Samuel Kircher, Sharif Andoura
Année : 2025
Pays : France
Genre : Drame
Résumé :
1899. Par une nuit de tempête, Aimée, jeune institutrice républicaine, arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants, elle se montre bien décidée à éclairer de ses lumières leurs croyances obscures. Alors qu’elle se fond dans la vie de la communauté, un vertige sensuel grandit en elle. Jusqu’au jour où une avalanche engloutit un premier montagnard…
Avis :
Louise Hémon est une réalisatrice française issue du documentaire et du court-métrage. Son travail s’inscrit souvent dans une recherche de réalisme, de mémoire et de rapport au territoire, avec une attention particulière portée aux corps, aux gestes et aux langues. Avec « L’engloutie« , son premier long-métrage de fiction, elle prolonge cette démarche. Le film est né d’un désir de reconstitution historique rigoureuse, mais aussi d’une réflexion sur la transmission, l’émancipation féminine et la place du savoir face aux mythes et aux silences collectifs.

« L’engloutie« , c’est d’abord une affiche énigmatique qui m’a donné de suite l’envie de m’y arrêter. Ces paysages enneigés, cette femme qui regarde ailleurs avec un soupçon de crainte, puis Galatea Bellugi est une actrice que j’aime beaucoup. Avec ça, l’affiche prône fièrement « Une puissante avalanche pleine de secrets et de mystères »… Tout cela donnait très envie. Je me suis donc laissé envahir… enfin j’y ai cru, mais rien n’y aura fait, je suis totalement passé à côté de cette avalanche, comme « ils disent ». Ou alors, j’y ai bien trouvé une avalanche, mais c’est celle de l’ennui. Pourtant, le film est très loin d’être inintéressant dans ses sujets ou encore dans sa culture, mais ça n’aura jamais suffi à me sauver. Dommage.
« »L’engloutie » est un film riche, intéressant dans ce qu’il raconte »
1899, par une nuit de tempête, une jeune femme arrive dans un village perdu au milieu des Alpes. Cette jeune femme, c’est la nouvelle institutrice du village. Elle a peu d’enfants dans sa classe, mais elle est bien décidée à transmettre son savoir et à sortir cette jeune génération de l’ignorance. Face aux croyances et autres traditions, Aimée essaie de trouver sa place.
Je l’ai souvent dit, ce que j’aime avec le cinéma, c’est l’ouverture sur une culture. C’est le voyage, souvent émotionnel, qu’il est capable d’offrir. Et là, lorsque mes yeux se posent sur « L’engloutie« , qui est le premier long-métrage de Louise Hémon, le film a beaucoup d’ingrédients pour me faire passer un bon moment de cinéma.
Là, comme ça, « L’engloutie » est un film qui aborde l’arrivée d’une institutrice dans un village où elle va devoir s’imposer face à l’ignorance d’un côté et aux croyances de l’autre. C’est aussi un film qui nous plonge dans les Alpes, au tout début du siècle dernier. Et pour cela, la réalisatrice a choisi de faire jouer ses acteurs dans un patois qui ne se parle pratiquement plus. Cette langue fait face au français, et plus largement à la jeune institutrice qui demande très régulièrement à ses élèves, ou aux habitants du village, de parler en français.
« »L’engloutie » se prend les pieds dans sa trame »
Avec ça, il y a aussi la plongée, voire même l’enfermement, dans les Alpes hivernales. Louise Hémon décrit, avec une vraie envie de naturalisme, la vie d’un village à cette époque-là. On ressent le froid, l’inconfort, mais aussi les moments plus légers, les moments de partage, puis toute la culture qui découle de ces instants, comme la fête pour passer la nouvelle année. Puis enfin, il y a aussi l’émancipation d’une femme dans un milieu d’hommes, ou encore les non-dits autour du désir et de l’homosexualité. Bref, sans hésiter, « L’engloutie » est un film riche, intéressant dans ce qu’il raconte.
Mais voilà, face à cela, il y a l’envie de naturalisme de sa réalisatrice, et c’est là que le film m’a totalement laissé sur le carreau. Certes, c’est très bien filmé, et la plongée dans cette époque-là est réussie, mais qu’est-ce que c’est long. Pourtant, « L’engloutie » ne fait qu’une petite heure et demie, mais à force d’étirer ses scènes et surtout à force de silences, avec des personnages qui se regardent gênés sans rien dire, le temps s’allonge, et cette heure et demie donne l’impression d’en faire le double.
Puis au fur et à mesure, malgré ses sujets, « L’engloutie » se prend les pieds dans sa trame et finit par ne plus rien raconter d’intéressant. Les deux derniers rebondissements que l’intrigue pose laissent terriblement dubitatif et, au-delà de ça, ils donnent surtout un sentiment d’avoir perdu son temps.

Ainsi, malgré de très bons acteurs, malgré des images superbes, ainsi qu’un véritable bouillon de culture, je suis totalement passé à côté de ce premier film, qui finalement ne m’aura procuré que de l’ennui d’un bout à l’autre. Je ressors donc déçu de ce qui devait être « Une avalanche de secrets et de mystères ». Dommage, vraiment dommage.
Note : 07/20
Par Cinéted
