février 27, 2026

La Mémoire dans la Peau – Damon/Bourne Première

Titre Original : The Bourne Identity

De : Doug Liman

Avec Matt Damon, Franka Potente, Chris Cooper, Brian Cox

Année : 2002

Pays : Etats-Unis, Allemagne, République Tchèque

Genre : Action, Espionnage

Résumé :

Sur la côte adriatique, un petit bateau de pêche repère le corps inanimé d’un homme ballotté par les flots. Des marins s’empressent de le repêcher. Portant des traces de balles dans le dos, cet homme à l’identité inconnue a miraculeusement survécu, mais il ne se souvient plus de rien. Même pas de son nom. Et encore moins des raisons pour lesquelles on a tenté de le tuer.

Toutefois, un indice subsiste : de sa hanche est extraite une petite capsule holographique indiquant un numéro de compte à Zurich. L’inconnu se rend alors dans une banque suisse afin de faire la lumière sur son identité. Une fois sur place, il découvre dans un coffre-fort une malette contenant plusieurs milliers de dollars, un pistolet, un passeport au nom de Jason Bourne et six autres documents d’identité de diverses nationalités. Ce dernier s’aperçoit bientôt qu’il est suivi à la trace par une mystérieuse organisation.

Avis :

Il est toujours intéressant d’avoir un regard en arrière quand il s’agit des franchises du cinéma. En effet, c’est toujours amusant de voir quel fut le démarrage d’une saga, et si tout cela a bien vieilli. A titre d’exemple, si on regarde le premier Fast & Furious, on peut se demander à partir de quel épisode ça a commencé à merder. Arrivée tout fraîchement sur Disney+, la franchise Jason Bourne reste, dans les mémoires, comme l’une des sagas les mieux maîtrisées d’Hollywood. On a en tête un Matt Damon investi, de bonnes cascades, un côté réaliste qui dénote avec d’autres film d’espionnage, et surtout, un scénario qui tient la route. Sorti en 2002, La Mémoire dans la Peau est celui qui a lancé la franchise, non sans mal, puisque Doug Liman a dû se battre bec et ongle avec les studios, qui souhaitaient faire un film d’action simple et basique.

Provenant de la comédie, c’est Matt Damon qui va suivre Doug Liman pour son premier film d’action mâtiné d’espionnage. Robert Ludlum, l’écrivain du roman, va suivre aussi le projet de près, même s’il décèdera en 2001, avant la sortie de ce premier opus. Pour autant, Doug Liman sait ce qu’il veut faire, et il refuse catégoriquement d’aller dans le spectaculaire, ou de faire un ersatz de Mission : Impossible. De nombreux bras de fer s’engagent avec les studios, qui demandent des reshoot, et Matt Damon va soutenir son réalisateur, voulant lui aussi changer la donne des films d’action. Le résultat final sera alors bénéfique pour tout le monde, puisque non seulement le film sera un succès public engrangeant de belles recettes et permettant de développer des suites, mais en plus, c’est aussi un succès critique, les spécialistes voyant là un film d’action différent.

« le héros est très bien écrit »

L’histoire demeure assez simple dans son déroulement. Un homme est repêché inconscient par un chalutier. A son réveil, le survivant ne se rappelle de rien, pas même de son nom, mais il garde des réflexes incroyables, comme faire des nœuds, lire et parler plusieurs langues et avoir quelques notions de combat. Le film va alors être une longue recherche de son identité, allant dans différents pays, et découvrant par la même occasion qu’il fut un agent secret américain qui avait pour mission de tuer un chef d’état africain afin de protéger des dossiers secrets et son agence. Afin de nous faire rentrer pleinement dans l’intrigue, le scénario prévoit quelques allers-retours au sein de l’agence, qui va tout faire pour retrouver Jason Bourne, qui devient violent, et peut être un danger s’il révèle sa mission au grand public. Pour cela, l’agence va envoyer quelques assassins, et le film de devenir alors un mélange parfait entre action et espionnage. Bien évidemment, au milieu de cela, il y aura une histoire d’amour et des personnages qui seront plus développés qu’à l’accoutumée.

Car c’est un peu ce qui fait la spécialité de La Mémoire dans la Peau, le travail autour de Jason Bourne, mais pas uniquement. Certes, le héros est très bien écrit. Petit à petit, on le découvre en même temps qu’il se découvre, et on va y voir un agent secret qui a tout de même des principes et une certaine sensibilité. Si l’on effleure le coup du programme qui conditionne des hommes pour devenir des tueurs, il semble être une exception, avec comme point faible, les enfants. L’un des plans qui arrive vers la fin appuie ce propos, rendant alors le héros plus empathique que jamais, plan qui avait été refusé au départ par les studios, voulant quelque chose de plus explosif. Mais Jason Bourne, royalement campé par Matt Damon, n’est pas le seul personnage a bénéficié d’un traitement de faveur.

« ce qui fait le charme de ce premier opus, c’est qu’il est presque anti-spectaculaire »

A ses côtés, Frank Potente, alors en plein essor après Cours, Lola, Cours, joue un personnage féminin qui a ses troubles, ses problèmes, et qui va tout faire pour aider cet étranger, trouvant là quelqu’un d’encore plus paumé qu’elle. Le personnage est attachant dans ses déboires et sa tumultueuse. Et puis il y a aussi les antagonistes, qui prend la forme d’une agence tentaculaire, avec des tueurs à gages et des supérieurs qui ne sont pas forcément d’accord avec ce qui se passe. Chris Cooper joue parfaitement le type qui craint pour sa peau et sa place. Et les différents tueurs sont sympathiques, même s’ils manquent tous d’une petite pointe de charisme. Exception faite de Clive Owen, parfait en sniper insensible, qui aura un petit rôle clé sur la fin. Bref, on est loin du film d’action qui ne brosse que le portrait de son héros.

Et ce qui fait le charme de ce premier opus, c’est qu’il est presque anti-spectaculaire. Presque, car on a tout de même de belles scènes d’action, avec un cahier des charges qui reste bien rempli. On a droit à la course-poursuite dans les rues de Paris, l’évasion musclée d’une ambassade ou encore un affrontement à mains nues dans un appartement, avec une conclusion tragique. Doug Liman maîtrise parfaitement son élément et chaque séquence est bien lisible, même si on peut reprocher quelques coupures qui permettent des ellipses un peu décevantes, notamment lors de l’évasion avec la descente de la façade. L’autre léger point noir provient du scénario en lui-même. On a la sensation d’assister volontairement à un premier tome, avec une fin abrupte qui annonce une suite, sans clôturer définitivement la quête d’identité de Jason Bourne. Il y a une sensation de manque de ce côté-là.

Au final, La Mémoire dans la Peau est un bon film d’action, qui changeait un peu la donne de ce que l’on avait l’habitude de voir dans les années 2000. Moins spectaculaire, plus intimiste et réaliste, le film de Doug Liman va alors lancer une franchise lucrative, démontrant qu’il est possible d’avoir du succès en s’éloignant des codes voulus et recherchés par les studios, et en essayant d’avoir une démarche personnelle. Même si le film demeure imparfait dans son écriture globale de l’intrigue, il reste un très bon film, qui fonctionne toujours aujourd’hui.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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