mai 25, 2026

Supergirl – Being Super

Autrices : Mariko Tamaki et Joëlle Jones

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

À seize ans – du moins, c’est à peu près l’âge qu’elle pense avoir -, Kara aimerait être aussi insouciante et pleine d’assurance que Jennifer et Dolly, ses deux meilleures amies. Les deux jeunes femmes savent ce qu’elles veulent et ce qu’elles sont, contrairement à Kara, qui semble pourtant tout avoir pour être heureuse, notamment des parents adoptifs aimants qui n’ont jamais craint sa différence. Pourtant, les huit premières années de sa vie restent une énigme qui ne cesse de hanter ses nuits. Et la perte de ses pouvoirs au moment où elle en avait le plus besoin ne fera qu’accentuer son mal-être et sa profonde remise en question. Le chemin vers la vérité est encore long.

Avis :

Il n’est jamais évident de faire des « origin stories », surtout quand on commence à connaître par cœur le personnage. Je veux dire, à quoi bon remettre sur le devant de la scène la jeunesse de Bruce Wayne ou celle de Superman. On connait tous, plus ou moins, les tenants et les aboutissants de leur raison de devenir un super-héros, et hormis de rajouter une thématique contemporaine, il n’y a guère d’intérêt à ressasser certaines choses. Autant aller dans le vif du sujet et proposer un méchant qui amène à une nouvelle réflexion. Avec Supergirl – Being Super, les deux autrices vont faire quelque chose de très intéressant, mélanger l’origin story à une découverte de soi et à des sujets importants autour du fait de devenir adulte.

Le début annonce la couleur. C’est Kara Danvers qui va raconter cette histoire. Elle nous présente alors ses deux meilleures amies, Dolly et Jen, et son quotidien de lycéenne. Elle sort, va boire des milkshakes dans un café et discute avec ses copines, notamment d’athlétisme. Par la suite, elle nous présente ses parents, avec lesquels elle ne cache pas ses pouvoirs, et aide son père à ranger la grange en soulevant des tracteurs. Bref, on a droit à un début assez classique, mais qui laisse émerger les atermoiements propres d’une adolescente de seize ans qui va rentrer dans l’âge adulte. C’est bien fait car le ton de l’héroïne est assez cynique, elle semble blasée par ce qui l’entoure, mais une chose la chagrine. Elle a parfois des pertes de pouvoirs.

Une fois le trio présenté et le fait qu’elle cache ses pouvoirs à tout le monde, un évènement intervient et va coûter la vie à Jen, l’une de ses meilleures amies. Kara s’en veut car elle n’a pas pu la sauver à cause de ses pertes temporaires de pouvoirs. Et c’est à partir de là que la série devient vraiment maline, avec un long cheminement pour faire son deuil. L’histoire n’a pas forcément de super-vilain à présenter. On assiste à l’évolution des émotions d’une extraterrestre qui est plus terrienne que ce qu’elle veut bien l’admettre. L’histoire va prendre le temps de peaufiner son personnage, ses sentiments et sa façon de réagir face au deuil, mais aussi face à des souvenirs fugaces qu’elle tente de retrouver. Puis survient alors une rencontre importante avec un autre kryptonien.

Là, la série va alors travailler sur la confiance, sur le fait de retrouver quelqu’un qui partage les mêmes racines, mais qui n’a pas la même vision des humains. Il faut dire que Tan-On a été capturé puis torturé à des fins expérimentales, et le seul rapport qu’il a avec les humains, c’est dans la douleur. Tandis que Kara a toujours vécu dans l’amour. Une façon de montrer que l’on peut avoir des perceptions différentes en fonction de notre vécu. Bien sûr, on va ressentir un autre vilain en filigrane, Lex Luthor, qui sera la cause indirecte du comportement de Tan-On. Ici, le récit devient plus classique, avec des combats et un sauvetage, montrant que Kara peut devenir une vraie héroïne.

Puis la fin est aussi très intelligente dans son déroulement. Une fois son acté héroïque établi et ses aveux faits à sa meilleure amie, Kara Danvers comprend qu’il faut qu’elle parte à la recherche de ses racines, et qu’elle se prenne en main. Tout en douceur, avec une narration douce-amère qui prend son temps, on assiste à une jeune femme qui n’est plus l’adolescente du début. On lit une vraie évolution, passant de la lycéenne aux problématiques sommaires, à une adulte qui voit en ses pouvoirs une responsabilité. Elle s’émancipe, accepte son statut, et se décide à rencontrer l’homme d’acier pour découvrir son passé, et sans aucun doute apprendre à mieux maîtriser ses pouvoirs.

Au final, Supergirl – Being Super est un excellent récit autour d’une super-héroïne en devenir. Plutôt que de nous ressasser encore et toujours une origin story que l’on connait par cœur, les deux autrices font le choix de laisser la narration au personnage principal et d’épouser à plein bras des thématiques évolutives entre la jeune fille et la jeune femme. Vraie histoire avec un fond tangible et intelligent, ce récit ne vieillit pas d’un iota et démontre une grande maturité dans ses sujets.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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