
Avis :
On a toujours tendance à citer Black Sabbath comme l’un des fondateurs du Métal, mais c’est aussi une référence dans de nombreux genres comme le Doom ou encore le Stoner. Et ce n’est donc pas un hasard que certaines formations jouant dans ce registre se revendiquent de l’héritage d’Ozzy Osbourne. Parmi les groupes assez « récents », on peut citer Monolord. Trio fondé en 2013, la bande suédoise issue de Göteborg a rapidement gravi les échelons dans le Stoner Doom, signant en 2014 chez le label américain Easy Rider Records. Après trois albums sur cette maison de disques, Monolord va chez un label plus gros, Relapse Records, ce qui lui permet une mise en avant plus prégnante. Fêtant alors ses treize ans d’existence, le groupe propose Neverending, leur sixième effort studio, et on peut dire que les trois garçons proposent un album réussi.
Dès le premier titre, on sait que l’on est sur du Stoner pur jus. Riff lourd et gras, tempo relativement lent, voix nasillarde avec un effet d’écho, on ne peut pas faire plus cliché. Iodine annonce donc une bonne entame qui ne trompe aucunement sur la marchandise. Monolord reste fidèle à lui-même, affichant alors quelque chose de monolithique, mais de savamment troussé et qui attise la curiosité. Bien évidemment, le côté Ozzy Osbourne se retrouve dans les vocalises, qui tiennent parfaitement la route dans cette ambiance un peu éthérée, relevant presque un effet fantomatique. You Bastard va aller encore plus loin dans l’aspect Stoner. Les riffs sont encore plus lourds, et la production est volontairement cracra pour donner un véritable effet de poids. Le titre est encore meilleur que le précédent, affichant clairement les intentions du groupe, avec en prime, un refrain qui rentre bien en tête.
En seulement deux morceaux, les suédois arrivent à nous accrocher immédiatement à leur univers, que l’on peut rapprocher d’un mélange entre Black Sabbath et Kadavar. Inside a Collider sera le premier titre vraiment long, dépassant les huit minutes. Car oui, si l’album est dans une durée classique (on tourne autour des 43 minutes d’écoute), il y a peu de pistes, seulement huit, et forcément, il va sans dire que certains morceaux sont longs. Pour autant, on ne ressent jamais l’ennui. Le tempo est monolithique, certes, mais il réside dans ce morceau une puissance plaisante et un côté insidieux qui n’est pas pour nous déplaire. Les suédois maintiennent une pression constante, ce qui fait que l’on est toujours attentif à ce qui se passe. De plus, ici, lorsque le chant commence, on a vraiment un aspect mélancolique qui s’en échappe, et c’est puissant.

Difficile dès lors de passer après ce gros morceau. Crystal Bridge a donc du poids sur les épaules, et il faut reconnaître qu’il est un peu en deçà. Pourtant, les riffs sont gras et puissants, il y a de belles envolées techniques, mais il manque une construction plus audacieuse. Puis on sent que le titre est une passerelle avec le morceau suivant, Oozing Wound. C’est LE morceau qui fait le plus référence à Ozzy Osbourne avec un écho renforcé au niveau du chant. On dirait clairement du Black Sabbath qui bouffer quelques poulets aux hormones pour muscler son jeu et sa rugosité. Si le titre est imparfait et peut sembler un poil long à cause du chant qui manque de variations, on prendre tout de même beaucoup de plaisir à l’écoute. D’autant plus que cela change avec les autres titres, apportant alors une bonne surprise et évitant la monotonie.
Le bon choix dans la playlist, c’est de finalement mettre The Masque par la suite. Titre relativement court (ou tout du moins qui rentre dans un carcan plus mainstream), le tempo est plus rapide, tout en gardant cette lourdeur au niveau des riffs. Le groupe propose quelque chose de plus engageant, de presque dansant, apporter de réelles variations dans son jeu. Invisible renoue avec quelque chose de plus classique, un Stoner aux allures doomy qui n’est pas déplaisant, mais qui manque quand même d’une pointe d’originalité. Cela donne alors plus de puissance au dernier morceau, It’s Neverending, qui réserve une très grosse surprise. Ici, peu de chant clair, mais un growl profond et sauvage qui vient épaissir, si besoin l’en était, les riffs velus du titre. C’est lourd, puissant et terriblement efficace. Un assaut sauvage qui clôture l’album de façon pertinente, donnant alors envie de refaire un tour de manège.
Au final, Neverending, le dernier album de Monolord, est une belle réussite dans le genre du Stoner et du Doom. Son apparente simplicité lui permet de briller sur des titres très longs qui n’ennuient jamais et possèdent plusieurs variations de tempos, alliant alors plusieurs sous-genres symbiotiques. Mais même sur les morceaux plus courts, le groupe prouve sa bonne santé, avec des riffs pesants et une réelle envie de défendre ça sur scène. Bref, un effort de qualité.
- Iodine
- You Bastard
- Inside a Collider
- Crystal Bridge
- Oozing Wound
- The Masque
- Invisible
- It’s Neverending
Note : 17/20
Par AqME
