juin 24, 2024

Jung-E

De : Yeon Sang-Ho

Avec Hyun-Joo Kim, Soo-Yeon Kang, Kyung-Soo Ryu, So-Yi Park

Année : 2023

Pays : Corée du Sud

Genre : Science-Fiction

Résumé :

La Terre a été dévastée par les effets du changement climatique, contraignant l’humanité à trouver refuge dans des arches sanctuaires situées dans l’espace. La guerre civile qui y fait rage se poursuit pendant des dizaines d’années, au cours desquelles Yun Jung-yi se forge une légende de mercenaire et de stratège militaire comptabilisant d’innombrables victoires. Mais une mission ratée la laisse dans un état végétatif. Kronoid, une société de développement d’IA à usage militaire, entreprend alors de créer le soldat ultime en clonant son cerveau. Trente-cinq ans plus tard, Yun Seo-hyun, la fille de Jung-yi, participe à cet effort en tant que directrice de recherche du projet JUNG_E. Après de nombreuses tentatives de clonage et de simulation infructueuses, Kronoid abandonne l’expérience et se lance dans un autre projet. Lorsqu’elle apprend la nouvelle, Seo-hyun décide de sauver JUNG_E.

Avis :

Yeon Sang-ho est un cinéaste qui a fait une grande percée en 2016 avec « Dernier train pour Busan« . Ce film de zombies coréen est une bombe et a imposé le metteur en scène d’emblée dans les réalisateurs qu’on avait envie de suivre de très près. Mais voilà, depuis ce film, on ne peut pas dire que Yeon Sang-ho ait reproduit l’intensité du « Dernier pour Busan« . Il y a bien eu sa suite qui se laissait regarder et abordait un sujet intéressant, ou encore l’étrangeté qu’est « Psychokinesis« , mais rien de franchement incroyable, ou même de marquant (si ce n’est peut-être la course-poursuite cartoonesque finale de « Peninsula« ).

Débarqué comme ça sans prévenir, le nouveau film de Yeon Sang-ho est arrivé sur Netflix en Janvier et forcément, il faisait partie des films sur la plateforme qu’on avait le plus envie de voir, d’autant plus que son intrigue avait l’air originale, et pour le coup, « Jung-E » se pose comme une sacrée déception. C’est même la première vraie déception venant de ce réalisateur, car là où ses deux autres films se laissaient regarder avec intérêt, même si on n’était pas au niveau du « Dernier train … », ce « Jung-E« , bien qu’il aborde un sujet génial autour de la propriété du corps et une idée d’après la mort, ne fournira pas grand-chose de plus, se faisait décevant et ennuyant dans ce qu’il raconte, aussi bien dans son intrigue que son univers et son visuel qui pique les yeux. Dommage.

« Le film pose des sujets qui sont passionnants, notamment lorsqu’il aborde la mort et le futur de la mort. »

Le dérèglement climatique a causé des dégâts irréversibles sur Terre, et cette dernière est aujourd’hui quasi submergée par les eaux. Pour survivre, les hommes ont créé des satellites habitables autour de la planète. Mais trois de ces satellites se sont déclarés comme des républiques, et ont déclaré la guerre aux autres. Cela fait maintenant une quarantaine d’années que cette guerre perdure. Pour venir à bout de cette guerre, sur Terre, des scientifiques étudient les cerveaux humains qu’ils peuvent désormais cloner, ainsi qu’ils peuvent aussi préserver les consciences. Pour mettre fin à la guerre, les scientifiques s’intéressent tout particulièrement au cerveau du Capitaine Jung-E, une femme qui a remporté beaucoup de batailles, au point d’être devenu une héroïne. Or, elle fut tuée au combat, et les scientifiques, notamment sa fille, sont convaincus que la solution se trouve dans le cerveau de cette femme…

Mais quelle déception que le nouveau film de Yeon Sang-ho qui décidément n’arrive pas à recréer la surprise du « Dernier train pour Busan« . Pour son nouveau film, le réalisateur nous entraîne sur la Terre du XXIIᵉ siècle, pour nous raconter une histoire intéressante sur certains points, mais derrière ça, qui est terriblement ennuyante et très convenue.

Ce qui est dommage avec « Jung-E« , c’est que le film pose des sujets qui sont passionnants, notamment lorsqu’il aborde la mort et le futur de la mort. De ce côté-là, le film pose une critique intéressante de l’être humain, de sa peur de disparaître, de son envie de survivre, et plus loin encore des différentes classes sociales qui peuvent acheter la mort, transférant leur conscience dans d’autres corps, et ainsi vivre quasi normalement. Enfin normalement, encore faut-il en avoir les moyens, car le film explore aussi cette solution pour les pauvres, et parlera alors de manière sombre de l’être humain, qui cherche toujours à s’enrichir, les pauvres devenant après leur mort des collecteurs de données qui renoncerait à tout leur droit.

« On se retrouve face à un film bavard, qui a du mal à nous embarquer dans ce qu’il raconte. »

Si seulement « Jung-E » n’avait fait que parler de ça, le film aurait été passionnant de bout, mais malheureusement, ce sujet-là n’est qu’un parmi d’autres, et surtout autour de cette histoire, où une fille scientifique de profession, étudie sa mère pour mettre fin à une guerre qu’on ne verra strictement jamais. Car oui, « Jung-E » est un film qui est construit à grands coups de flashbacks et ces derniers, qui sont les souvenirs du capitaine Jung-E juste avant sa mort, sont toujours les mêmes et ils se répètent encore et encore, autour de tests dont on ne comprend pas vraiment ce qu’ils cherchent (d’autant plus que le monde dans lequel vivent les personnages est bien loin d’être en guerre, alors même que le film le précise par deux fois).

Bref, du coup, on se retrouve face à un film bavard, qui a du mal à nous embarquer dans ce qu’il raconte, car en plus d’être peu intéressant, très vite, on va en deviner (sans même le chercher) le point final de cette histoire. Un film point final qui se veut émouvant, et profondément humain, mais qui là encore n’arrive pas à atteindre sa cible. Une émotion qui sera aussi absente de ces personnages et des acteurs qui les incarnent, entre certains qui sont d’une débilité agaçante (Ryoo Kyung-Soo qui incarne le chef militaire des scientifiques, ou Lee Dong-Hee, dit Le Président) et d’autres, dont l’intrigue est la ligne directrice est si convenue que finalement, malgré le talent des actrices (Kang Soo-Yeon, Kim Hyun-Joo), on reste de marbre.

« Il y a beaucoup de séquences où le film ressemble à une cinématique de jeu vidéo. »

La déception sera aussi au détour du visuel du film qui en plus de pomper sur « Terminator » à plus d’une reprise, nous sert des séquences d’action et des effets spéciaux dépassés. C’est bien simple, il y a beaucoup de séquences où le film ressemble à une cinématique de jeu vidéo. Puis derrière ça, ces robots guerriers, ou cette police robotisée, est franchement dégueulasse, sentant les effets spéciaux à plein nez et ça, de bout en bout de film.

Je ressors donc déçu de chez déçu de ce nouveau film Yeon Sang-ho. Le film a des idées intéressantes et tient de très bons sujets, mais finalement, il n’en fera pas grand-chose et nous entraîne dans une histoire qui, plus elle se construit, et moins elle se fait intéressante. Et comme je le disais, on ne pourra pas se rattraper du côté de l’action, de l’univers et du divertissement, car l’ensemble est mou, cheap, et le film a tout simplement bien du mal à nous faire croire à ce qu’il s’y passe. Dommage, vraiment dommage.

Note : 07/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.