novembre 30, 2021

Damien – La Malédiction II

Titre Original : Damien : Omen II

De : Don Taylor

Avec William Holden, Lee Grant, Jonathan Scott-Taylor, Lucas Donat

Année : 1978

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Les Thorn élèvent deux garçons, Marc et Damien, élèves d’une école militaire. Mais ce dernier s’avère être l’Antéchrist.

Avis :

Parmi les films d’horreur cultes qui ont posé des bases solides pour les futurs descendants, La Malédiction de Richard Donner pourrait bien être un mètre étalon. Sorti en 1976, le film va très vite devenir un phénomène, tant par sa mise en scène racée que pour son atmosphère étouffante et son antéchrist poupin. Succès au box-office, il a fallu rapidement mettre une suite en route, et c’est ainsi que déboula, en 1978, Damien : La Malédiction 2. Suite directe du premier film où l’on va suivre le parcours de Damien devenu ado, le métrage est confié à Don Taylor, un bon acteur, mais un réalisateur moyen (Les Evadés de la Planète des Singes) qui connaîtra la gloire en fin de carrière ave Nimitz. Bref, on a ici des éléments pas forcément rassurant, et pourtant, cette suite va s’avérer efficace, à défaut d’être originale.

L’adolescence, cet âge ingrat

Après une introduction où deux archéologues trouvent la mort dans un temple à la gloire de l’antéchrist avec des fresques montrant Damien, le film va rapidement partir dans la famille d’accueil de ce dernier. En effet, le premier métrage se terminait avec le père qui a essayé de tuer Damien, mais qui se fait tuer à la place. Damien est alors placé chez son riche oncle, qui va le prendre sous son aile. Mais très vite, des évènements étranges vont se produire autour de Damien, mais aussi dans l’entreprise de son oncle, qui va accumuler les morts étranges. L’oncle va alors se poser des questions, surtout lorsque plusieurs personnes viennent le prévenir de la nature de son fils adoptif et qu’ils trouvent alors la mort dans des circonstances bizarres. Reprenant le même schéma narratif que le premier, le film de Don Taylor va tout de même tenter d’apporter d’autres thématiques.

Ici, Damien va se lier d’une amitié très forte avec son cousin, et ils partent tous les deux dans une école militaire. Tout se passe relativement bien, Damien arrivant à manipuler tout le monde et se rendant compte qu’il possède certains pouvoirs. Mais dans cette affaire, il est épaulé par le directeur de cette école, qui va lui faire des confidences et le mettre face à sa vraie nature, celle du diable. Ainsi donc, Damien va trouver des alliés, des apôtres, qui vont se servir de lui pour arriver à leurs fins. Si dans le premier film, ils étaient là pour aider Damien à survivre, ici, ils ont des intérêts et espèrent, en contrepartie, avoir les faveurs de l’antéchrist. En faisant cela, Don Taylor va pouvoir aborder des thèmes qui se rapprochent de notre société, sans pour autant verser dans le satanisme ou le culte.

Ambition, argent et 666

Avec cette suite, Don Taylor va montrer que les suppôts de Satan ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Petit à petit, il dessine les contours de certaines personnalités, et on va vite se rendre compte que les gens bons vont être le dindon de la farce et s’en prendre plein la gueule. Ainsi, on retrouvera un homme d’affaires avide de pouvoir qui va se servir de Damien pour évincer son patron, faisant presque couler la boîte en déclenchant un grave accident. On aura aussi un directeur d’école militaire qui est là pour éveiller la conscience du malin, le confrontant à sa vraie nature. L’ambition sera le premier des thèmes abordés dans le film. A savoir que ceux qui ont les dents longues sont certainement les pires et n’hésitent pas à tuer pour arriver au sommet.

On y trouvera aussi la soif d’argent et de pouvoir, pointant du doigt certains puissants et magnats qui sont sans pitié aucune. Damien : La Malédiction 2 est donc assez intéressant dans ce qu’il démontre et ce qu’il dénonce, se faisant plus politique et plus terre à terre que le précédent. Il se fait aussi plus cruel, avec des gens qui vont essayer d’aider ce pauvre oncle dépassé par les évènements, trouvant dès lors des morts ignobles. Jusqu’auboutiste, le film n’hésite pas à tuer de jeunes personnes, allant même jusqu’à un duel fratricide. Mais le film possède aussi pas mal de défauts. Il se fait trop longuet dans l’exposition des mauvaises personnes, tournant parfois à vide. Et surtout, les revirements de situations sont souvent abrupts et laissent un goût amer en bouche. Le coup du cousin qui se méfie d’un seul coup, c’est un peu trop gros.

La mort est parfois ridicule

L’autre point qui peut prêter à sourire avec ce film, ce sont les différentes mises à mort que l’on va avoir. Plus généreux que le précédent, le film perd en ambiance ce qu’il gagne en moments plus frontaux. Ainsi donc, les morts individuelles seront plus nombreux et plus graphiques. Même si cela peut paraître ridicule plus d’une fois, comme lorsqu’une femme se fait renverser par un camion et vole dans les airs. La cruauté se fait plus présente, mais elle demeure parfois trop grosse pour susciter une émotion de frayeur. Le meurtre avec le train est un chef-d’œuvre de n’importe quoi. Tout comme l’intoxication dans l’usine. Don Taylor essaye de s’éloigner du modèle d’origine mais perd un peu d’identité et de ce qui faisait la réussite du métrage de Richard Donner, à savoir une atmosphère macabre et brumeuse, et une certaine pudeur dans les mises à mort.

 Au final, Damien : La Malédiction 2 n’est pas un mauvais film, loin de là. Il a la lourde tâche de succéder à un petit chef-d’œuvre, et il ne s’en sort pas si mal que ça. Si on perd de l’ambiance au profit de meurtres plus frontaux, Don Taylor a l’intelligence de brasser des thèmes intéressants et intelligents, montrant qu’il n’y a pas besoin d’un antéchrist pour avoir de mauvaises personnes sur terre. Sans être un immanquable, on peut dire qu’il s’agit d’une suite honorable, qui tente des choses et qui, parfois y arrive, offrant même un cliffhanger qui donnerait envie de voir la suite.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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