
De : Noah Luke
Avec Tom Sizemore, Natalie Storrs, Mark Ricketson, Kristos Andrews
Année : 2022
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-Fiction
Résumé :
Après qu’un signal d’aide émis par un vaisseau de recherche soit parvenu jusqu’à la Terre, l’armée spatiale américaine envoie un vaisseau de sauvetage sur Pandora, une lune de Saturne.
Avis :
Toujours à l’affût de quelques blockbusters à singer, Asylum s’amuse du calendrier des sorties cinématographiques pour nous imposer leur vision méphitique du septième art. Entre deux DTV mal fagotés, le studio nous inflige une ribambelle de mockbusters tout aussi déplorables, sinon davantage que ses itérations « inédites ». En parallèle d’Avatar : La Voie de l’eau, nous avons droit à Battle for Pandora, dont la disponibilité précède de deux semaines son modèle. Contrairement à cette réappropriation du nom de la planète, la chose commise par Noah Luke n’a pas grand-chose à voir avec l’œuvre de James Cameron. Enfin, pas dans le sens où l’on peut s’y attendre, eu égard à la paresse, la bêtise et l’incompétence des équipes de tournage du studio de production.

Afin de flouer la vigilance ou l’acuité d’un public souffrant d’un daltonisme exacerbé, la représentation du satellite de Neptune se pare d’une colorimétrie bleuâtre. Au demeurant, cette nouvelle planète se résume à une vallée boisée, encaissée dans un ravin où, au beau milieu, coule une rivière. Au-delà du caractère champêtre que le lieu suggère, son exploration se cantonne à un bras du cours d’eau. La réalisation ne prend guère la peine de varier le cadrage. La symbolique de la teinte ne renvoie même pas à un monde maritime. À ce stade, le nom de l’objet stellaire demeure l’unique occurrence commune avec l’univers d’Avatar. Ça et cette espèce de troufion incarnée par Michael Scovotti, vague pendant physique de Stephen Lang dans le rôle du colonel Quaritch.
« des séquences qui interpellent sur la santé mentale des scénaristes »
Battle for Pandora propose surtout une incursion inattendue dans un autre métrage de James Cameron : Abyss. Le tentacule d’eau (qui deviendra plus tard une multitude) en est la principale représentation. Selon les circonstances, la créature blesse, tue ou infeste ses victimes. Le caractère parasitique de la chose aurait pu amener à une atmosphère paranoïaque, au sein du vaisseau. Soit dit en passant, son exploration se résume à quelques salles étriquées et des coursives avec un éclairage digne d’une maison hantée de pacotilles. À noter que cette occurrence n’est pas sans rappeler l’hostilité de l’organisme dans Life : Origine inconnue. Cela étant dit, on assiste à une succession de séquences qui interpellent sur la santé mentale des scénaristes.
Afin de donner le change à ce naufrage interstellaire, on a droit à une palette de personnages caricaturaux, aussi pénibles que ridicules. On pourrait s’attarder sur la scientifique qui débite ses explications absconses pour justifier un choix ou une réaction. Ce n’est pas bien compliqué. Il suffit d’aligner des termes techniques et soutenus pour raconter n’importe quoi et donner l’impression de connaître la nature des sujets avancés. Ce qui donne droit à des considérations amusantes, comme ce test de détection à l’eau salée ou la protection du vaisseau avec des couches d’essence sur la carlingue. Alors que les mercenaires brillent par leur transparence, on retrouve un Tom Sizemore apathique, dans la peau d’un commandant punk avec sa crête iroquoise tout aussi fatiguée que lui.
« ce sont également de grands moments de solitude »
Battle for Pandora, ce sont également de grands moments de solitude. Les problèmes de rythme ne tiennent pas à l’enchaînement de séquences inintéressantes. Un seul passage peut résumer toute la stupidité ambiante. Les réactions décalées et fausses de l’équipage s’accompagnent de bruitages d’une nullité abyssale ou de silences embarrassants. Mention spéciale aux déglutitions de la flotte contaminée pour imbiber les victimes d’une flaque visqueuse de pixels. Comme une tare n’arrive jamais seule dans le monde improbable d’Asylum, on nous dessert aussi deux ou trois batailles spatiales du pauvre. On y dézingue de la coque de noix interstellaire avec des armes lumineuses mal incrustées à l’image.

Au final, Battle for Pandora confirme la grande forme d’Asylum pour nous infliger les pires imbécillités cinématographiques. Dans le registre de la science-fiction horrifique, Noah Luke impose toute son ignorance avec un métrage bâclé, indigent et aberrant. En somme, le cahier des charges du studio de production est respecté. Là où les initiateurs d’une pareille idiotie y entrevoient la version « maléfique » d’Abyss au pays d’Avatar, on assiste plutôt aux élucubrations d’acteurs cabotins dans un bac à sable numérique. Force est de reconnaître que l’opportunisme et la bêtise d’Asylum restent à son plus haut niveau, et ce, même après 25 années de crimes artistiques, commis à l’encontre du bon sens et du bon goût.
Note : 02/20
Par Dante
