janvier 27, 2023

Abyss

Titre Original : The Abyss

De : James Cameron

Avec Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael Biehn, Todd Graff

Année: 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Un commando de la Marine américaine débarque à bord de la station de forage sous-marine DeepCore, afin de porter secours à un sous-marin échoué dans les profondeurs. L’équipe de Bud Brigman accueille ces nouveaux arrivants, ainsi que Lindsey, future ex-femme de Bud. Alors que les travaux de récupération commencent autour du submersible naufragé, l’équipage de DeepCore doit faire face à des phénomènes inexpliqués. Et s’ils n’étaient pas seuls, dans les abysses ?

Avis :

Certaines carrières de réalisateurs sont assez surprenantes. Prenons James Cameron puisque c’est de l’un de ses films que l’on va parler aujourd’hui. Signant un court-métrage en 1978, Xenogenesis, il attaque son premier long trois ans plus tard, faisant une suite au film d’horreur de Joe Dante, Piranha. Intitulé Piranha 2, Les Tueurs Volants, le film fera un flop et deviendra même un nanar désormais culte. Mais que s’est-il passé par la suite ? Changeant son fusil d’épaule, James Cameron revient à la science-fiction et signe une œuvre désormais inoubliable, Terminator. Sans comparaison possible entre le film précédent, le cinéaste passe une étape et devient alors une icône du cinéma fantastique et plus précisément de SF. Il enchaine alors avec Aliens, le Retour, puis Abyss et Terminator 2 – Le Jugement Dernier. Aujourd’hui, James Cameron a le statut de réalisateur culte, à un tel point qu’il peut se permettre de ne faire des films que tous les dix ans, voire plus, puisque c’est la distance qu’il y a entre Titanic et Avatar, puis entre Avatar et Avatar 2.

Mais si beaucoup de personnes connaissent les films avec Schwarzenegger ou encore la fabuleuse histoire du paquebot qui s’est pris un iceberg dans la tronche, on oublie souvent que James Cameron c’est aussi Abyss et que c’est un film non seulement important, mais qu’il porte aussi toutes les thématiques du réalisateur dans un métrage humaniste et pacifiste. Bref, revenons sur un chef d’œuvre.

Le film ne fait dans la dentelle et rentre très rapidement dans le vif du sujet. On va donc se retrouver dès le départ à bord d’un sous-marin de l’armée américaine et ce dernier va se faire percuter par une chose non identifiée qui va très très vite. Ayant reçu le message d’alerte via une balise, l’armée souhaite récupérer ce sous-marin nucléaire car il possède des ogives. Comme l’engin est dans une faille abyssale, on demande à une équipe de foreurs marins d’accueillir des militaires pour les aider dans cette mission de sauvetage. A partir de là, le film va alors explorer toutes les facettes de l’être humain lorsqu’il se retrouve dans un vase clos. Si on excepte les plans larges des fonds marins, le film de James Cameron se concentre uniquement dans des lieux confinés, bas de plafond, exigus, et qui font que les personnages sont souvent proches les uns des autres. Très rapidement, on s’attache au personnage campé par Ed Harris. Si l’acteur est charismatique, c’est aussi parce que son personnage de gros dur au cœur tendre est très attendrissant, notamment lorsque sa femme, avec qui il y a de l’eau dans le gaz, arrive sur la plateforme sous-marine. Le duo fonctionne à merveille, entre amour et haine, et dont les sentiments ne feront qu’évoluer au cours du métrage. Sans jamais alourdir son propos, sans jamais faire de flashbacks inutiles, le réalisateur peaufine ses personnages, leur donnant une belle ampleur et les rendant crédibles. Plusieurs séquences à la fin du métrage nous arrachera même quelques larmes, preuve que la relation fonctionne et que le réalisateur a tout compris sur l’empathie. D’ailleurs, même les personnages secondaires seront très attachants, du mécano à la poigne d’acier au jeune avec sa ratte sur l’épaule.

Bien entendu, cette cohésion d’équipe va être mise à mal par l’arrivée des soldats. Et notamment leur capitaine, parfaitement détestable et joué par l’excellent et trop rare Michael Biehn. Et avec ces protagonistes, James Cameron explore l’une de ses facettes favorites, le pacifisme et l’incapacité des soldats à gérer une situation de crise. Les rapports sont conflictuels, les soldats ne sont là que pour agir et exécuter des ordres venant de personnes qui ne sont plus familières avec le terrain. Cependant, si le message est relativement clair de la part du cinéaste, il contrebalance son propos avec des soldats plus sympathiques, plus compréhensibles ou une situation qui dégénère, la faute à la différence de pression qui rend parano. Et c’est peut-être là la force d’Abyss, c’est de faire un film de science-fiction, mais qui parle avant tout d’humanisme et d’imperfection chez l’homme. Une imperfection qui éclate dans la folie du capitaine, se croyant en pleine guerre froide avec les russes ou encore dans l’incapacité à se sortir de certaines situations humainement impossibles comme lorsque Bud va chercher cette foutue ogive dans la faille.

Et aux extraterrestres de nous montrer que nos imperfections sont peut-être une force, récompensant les actes de bravoure et le sacrifice, sollicitant les mots d’amour et de paix. Dit comme ça, on pourrait croire que le film se boursoufle de bons sentiments, mais il amène à une réflexion simple mais vitale, et si nous nous aimions tous pour faire de bonnes choses ? L’apport de la science-fiction dans ce film sert simplement à montrer que dans tous nos actes désintéressés pour sauver la planète, ou même quelques personnes, ou découvrir de nouvelles choses, il y a une récompense à la clé, et que faire la guerre, se déchirer pour des questions d’idéologies, cela n’apporte que la mort et la destruction. Alors oui, il s’agit peut-être d’un message simpliste et niais, mais de temps à autre, il est toujours bon de la rappeler, puisque les années passent, mais rien ne change vraiment.

Et l’ensemble est porté par un sublime emballage de la part de James Cameron. Le réalisateur livre un film qui continue de fonctionner aujourd’hui, n’ayant des rides que sur certains effets visuels et autres incrustations. La sensation de profondeur est impressionnante, les séquences dans la faille sont très stressants, tout comme ceux en huis-clos dans ce sous-marin fantôme et les technologies mises en place pour avoir tous ces effets sont assez ahurissantes. Véritable technicien et artisan, James Cameron ne laisse rien au hasard dans ce film et cela se sent à l’écran, malgré un tout dernier acte un poil kitsch. Et que dire du rythme du film, complètement fou, puisqu’il se passe toujours quelque chose à l’écran et que l’ennui ne pointe jamais le bout de son nez.

Au final, Abyss est certainement l’un des meilleurs films de James Cameron. Si on peut lui reprocher son message pacifiste et humaniste un poil trop enfantin, il n’en demeure pas moins que tous les exemples qui mènent à cette réflexion sont intelligents et savamment orchestrés. Entre une mise en scène dantesque, des acteurs parfaits et un rythme soutenu, le film relève du pur chef d’œuvre et près de trente ans plus tard, il n’a pas pris une ride.

Note : 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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