février 8, 2026

Hällas – Panorama

Avis :

D’abord pensé comme un groupe de Blues, il n’aura pas fallu longtemps à Hällas de changer son fusil d’épaule en intégrant dans sa musique des éléments de Heavy Metal et de Rock Progressif. Fondé en 2011, le groupe va tirer son nom du personnage dont il raconte les histoires, puisque chaque album semble se dérouler dans un monde imaginaire, à la lisière de la Fantasy. Souvent perché et parfois difficile d’accès, Hällas connait pourtant un succès assez vif via leur deuxième album, Conundrum, qui sera diffusé via Napalm Records dans le monde. Deux ans plus tard, en 2022, le groupe sort Isle of Wisdom, toujours avec Napalm, devenant alors de plus en plus connu dans leur genre. Début 2026 marque alors l’arrivée d’un quatrième effort studio, Panorama, mais signé chez Aventyr, un choix risqué, car le label est bien plus petit que Napalm.

Mais c’est peut-être aussi pour avoir les coudées franches. Hällas est un groupe qui aime expérimenter, sortir de sa zone de confort, et surprendre son auditorat à chaque fois. Panorama ne va pas échapper à cette règle. Il s’agit d’un disque qui ne comporte que cinq pistes pour un peu plus de quarante-deux minutes d’écoute. Mais cela ne veut pas dire que les pistes sont équilibrées en temps. Au contraire, la formation suédoise surprend dès le premier titre qui dure… plus de vingt-et-une minutes ! Normalement, on voit ce genre de long morceau en fin d’album, notamment en outro, pour une conclusion épique, mais Hällas ne fait rien comme tout le monde, et balance un premier morceau monstrueux dès le départ. Un choix audacieux qui s’avère payant, car il titille notre curiosité et pousse à écouter le reste, à être attentif dès le démarrage du disque.

Parce que oui, Above the Continuum est un long titre-fleuve qui passe par de nombreuses strates mélodiques. Le début est typiquement inspiré des années 80. On a droit à un clavier omniprésent qui scande une mélodie entrainante, presque Pop, puis après une première rupture, on va partir vers quelque chose de plus progressif, de plus intangible. Le côté Rock prend le dessus, on a la sensation d’écouter quelque chose d’épique et qui développe un univers de dingue. Par la suite, le morceau redevient un peu plus calme, laissant alors beaucoup de place aux instruments, avec des moments plus aériens, et un final qui laisse le temps en suspens, donnant l’impression que par la suite, les choses vont s’emballer. Avec Face of an Angel, on plonge carrément au fin fond des années 80. Le clavier, les riffs, la mélodie, on est clairement sur un éloge de ces années-là.

On s’imagine d’ailleurs facilement le clip à l’écoute, avec un côté Fantasy un peu rétro, doucement kitsch, avec une mise en scène très lumineuse. Mais force est de constater que ça marche et que l’on prend un énorme plaisir à l’écoute. Après un tel morceau, on pourrait croire que l’on a saisi la ligne conductrice de l’album, mais Hällas va encore une fois nous surprendre avec The Emissary. Long de plus de six minutes, si le titre épouse encore une vibe très années 80, il va être un peu plus virulent que les deux titres précédents, du moins dans son démarrage qui embrasse des élans Heavy. Au bout de cinq minutes, on remarquera alors une rupture plus aérienne, plus douce, qui laisse encore une fois beaucoup de place aux instruments et à une ambiance plutôt posée, avec un soupçon d’angoisse tout de même.

Le résultat est intriguant, et il faudra plusieurs écoutes pour bien saisir toutes les subtilités du titre. Il en sera de même avec Bestiaus. Alors que le groupe offre un élan Rock psyché des années 80, l’ambiance change du tout au tout avec ce titre. On est sur une ballade mélancolique, très triste dans ce qu’elle dégage comme émotion, et qui se termine via un son étrange, comme si notre héros montait dans un véhicule spatial et mettait le clignotant. Un sentiment mitigé et étrange, mais qui donne une certaine aura au morceau. Et laisse bien plus de puissance à At the Summit. Le début est purement Folk, puis le titre lâche la bride par la suite, pour balancer un son Heavy Prog très réjouissant et lumineux. On retrouve ce côté épique du début, tout en gardant ces sonorités eighties que le groupe exploite depuis le début.

Au final, Panorama, le dernier album des suédois de chez Hällas, est un disque surprenant, déroutant et parfois difficile d’accès. Peut-être même trop, notamment dans cette volonté de bousculer les codes avec cinq morceaux qui ne sont pas du tout adaptés à tout le monde. C’est clairement fait pour les amoureux de la musique, pas pour le tout-venant qui cherche un plaisir immédiat. Bref, il s’agit-là d’un disque réussi, mais qui aurait pu être moins élitiste sur certains moments.

  • Above the Continuum
  • Face of an Angel
  • The Emissary
  • Bestiaus
  • At the Summit

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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