décembre 10, 2022

End of Watch

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De : David Ayer

Avec Jake Gyllenhaal, Michael Pena, America Ferrera, Anna Kendrick

Année: 2012

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Drame

Résumé :

Chaque jour, Brian Taylor et Mike Zavala, jeunes officiers de police, patrouillent dans les rues les plus dangereuses de Los Angeles. À travers les images filmées sur le vif, on découvre leur quotidien sous un angle jamais vu. Du danger partagé qui forge la fraternité à la peur et aux montées d’adrénaline, c’est une fascinante plongée au cœur de leur vie et d’un quartier, une histoire puissante sur l’amitié, la famille, l’honneur et le courage.

Avis :

L’univers du found-footage était réservé quasi exclusivement au domaine de l’horreur. Il faut dire que tourner avec une caméra à l’épaule possède deux avantages pour ce genre. La première est que pour faire plus ancré dans le réel et donc susciter une peur directe, ce procédé semble idéal. On le verra dans différents films que ce n’est pas toujours le cas et que mal utilisé, ce système donne plus la gerbe que la frousse. Le deuxième point concerne le budget. Le found-footage ne coute pas cher, et dans l’industrie de l’horreur où les petits budgets sont monnaie courante, c’est un moyen économique et donc privilégié. Maintenant, il est vrai que l’on peut utiliser ce procédé pour être au plus près des personnages et de l’histoire. C’est d’ailleurs l’idée qu’a eu David Ayer (Au Bout de la Nuit, Bad Times), en utilisant un procédé proche du found-footage pour être très proche des personnages et de leurs rondes. Alors était-ce une bonne idée ?

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Continue à faire bouger la caméra et je te bute !

Le film narre la vie de tous les jours de deux flics de Los Angeles. On va les suivre au cœur de leur ronde, de leur patrouille, puis dans leur vie plus intime. L’agent Taylor utilise des caméras pour un projet personnel, car il poursuit des études en cinéma. Malheureusement pour eux, leurs patrouilles va les mener vers un cartel mexicain qui fait du trafic d’êtres humains et qui va leur couter cher. Avec ce film, David Ayer reste dans le polar noir, en proposant une histoire à hauteur d’hommes. Le choix de la caméra portative est une excellente idée dans ce film, car il permet de se sentir très proche des deux individus, de vraiment vivre leur expérience. Néanmoins, elle est bien utilisée car elle ne bouge pas tout le temps dans tous les sens. Certes, les changements de plan sont nombreux, et certains passages, notamment lors de bagarres sont assez pénibles à suivre, mais le film ne donne pas le mal de mer et reste convaincant. A un tel point que l’on pardonnera facilement les moments filmés alors qu’il n’y a pas de caméras. Au niveau du scénario, c’est assez simple, mais encore une fois, ce n’est pas tant ça qui va retenir notre attention, mais plutôt la vie simple des deux héros. Ainsi, on se prendra rapidement d’affection pour ces deux bonhommes, qui font leur boulot du mieux qu’ils peuvent et qui présentent une vie normale de tous les jours, comme n’importe quel quidam. On verra ainsi leur relation, les liens qui les unissent et leurs rapports familiaux. On verra comment l’un devient papa avec la femme de sa vie et comment l’autre trouve la femme de sa vie et se marie. Cela est très poignant, notamment dans les phases à risque, lorsque les deux flics découvrent des cadavres ou sont confrontés à la violence de la rue. On peut comprendre leur détachement, leur coquille qui se forge à force de voir des atrocités, mais aussi la volonté de protéger leur famille. Ainsi, et grâce à un travail poussé des personnages et l’utilisation maline d’une caméra immersive, on sera très proche de ses deux flics au grand cœur.

Le choix du casting est très bon. Pour s’impliquer encore plus dans le domaine des gangs mexicains, il fallait un acteur sud-américain. Michael Pena (Babel, Gangster Squad) joue le rôle du flic parlant espagnol et pouvant désamorcer certains conflits entre cambrone. Il s’en sort à merveille, est très investi dans son rôle et on se prend rapidement d’affection pour lui. Jake Gyllenhaal (Brothers, Jarhead) joue son coéquipier et il est fabuleux dans son rôle. Il dégage une gentillesse incroyable et on se prend de suite d’affection pour ce jeune homme. Mais le plus intéressant dans tout ça, ce qui fonctionne le mieux, c’est la relation qui lie les deux hommes. Le duo est extraordinaire, on a l’impression que les deux acteurs se connaissent depuis toujours et ils arrivent à avoir une grande complicité, totalement crédible qui fait que le spectateur est y croit ! Le reste du casting est très bon aussi, jusqu’à Anna Kendrick, déjà vue dans Twilight comme étant la meilleure amie de Bella, qui joue la petite amie de Taylor et qui s’en sort avec simplicité. Par contre, on ne pourra pas éviter certains clichés sur les gangsters noirs et les gangsters mexicains, mais cela rajoute un grand sentiment d’insécurité dans le film. Les scènes de fusillades ou de poursuites sont plutôt bien foutues, mais les scènes de baston demeurent un peu faiblardes, à cause d’une caméra tremblotante. Mais on s’en doutait, car ce système n’est pas prévu pour les scènes où tout bouge !

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La classe, c’est tout !

Au final, End of Watch est un excellent polar qui est malheureusement passé inaperçu en 2012. La faute à une distribution calamiteuse, qui prouve bien que le cinéma est juste une question de pognon aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, ce film est un petit bijou en termes de réalisation et d’histoire. Une histoire d’hommes à hauteur d’hommes, touchante et poignante et qui montre le difficile quotidien des policiers dans la ville de LA. Bref, un film à voir !

Note : 17/20

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=5bNAJmwEcAk[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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