mai 17, 2021

Dead Mine

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De : Steven Sheil

Avec Ario Bayu, Sam Hazeldine, Mike Lewis, Les Loveday

Année: 2012

Pays: Indonésie

Genre: Horreur, Action

Résumé :

Des explorateurs se rendent sur une île indonésienne dans le but de mettre la main sur un trésor. Sur place, ils sont contraints de se cacher dans une mine abandonnée du fait d’une attaque d’un groupe armé. Mais le pire est à venir, puisque des créatures radioactives peuplent cette mine…

Avis :

Il est assez difficile de faire la fine bouche avec le catalogue de Wild Side. En effet, l’éditeur possède une palette de galettes foutrement bien garnie et il n’y a pratiquement rien à jeter là-dedans. Dernier sorti en matière de film faisant plus ou moins le buzz, Dead Mine est un film indonésien qui oscille entre deux genres qui ne s’aiment généralement pas, l’action et l’horreur. Mais pourquoi ce film a-t-il fait un petit engouement auprès de la toile. Déjà parce qu’il s’agit d’une sortie Wild Side et l’éditeur s’est fait un sacré nom. Ensuite, parce qu’il s’agit d’un film indonésien et américain et que cela est une chose très rare. Il possède aussi un titre énigmatique et une jaquette bien particulière qui peut faire penser à un nanar comme à un vieux film d’aventure des années 80. Et pourtant, le résultat sera tout autre, empruntant un peu à droite et à gauche des idées plutôt sympathiques pour un résultat mitigé. Petit détour pour une chasse au trésor particulière.

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La jolie coquinette de service !

Le scénario demeure plutôt convenu quant à son approche et à son déroulement. On va voir une équipe de mercenaires qui accompagne visiblement deux chercheurs ainsi qu’un couple peu habitué à la nature mais qui sont les employeurs et les financiers des recherches. Le but est simple, découvrir une vieille mine cachée. Bien que les raisons de départ restent floues, on ne tardera pas à avoir la réponse, un trésor datant de la seconde guerre mondiale serait planqué là-dedans. Forcé d’entrer dans le mine pour se mettre en sécurité après une fusillade avec des pirates, l’entrée se bouche suite à une explosion et notre groupe n’a plus qu’une seule issue, trouver une autre sortie. Malheureusement, tout cela ne sera pas facile, car des créatures très robustes vagabondent dans les sous-sols de la mine et traquent les mercenaires. Empruntant un petit peu aux films d’aventure de la belle époque (Indiana Jones et le Temple Maudit par exemple), le film dérive très rapidement vers des références plus bis, comme The Descent, en essayant de reproduire le même schéma claustrophobique. Seulement, le résultat est beaucoup moins effrayant. Mais en dehors de l’aspect angoissant peu présent, le film va s’enduire dans des explications scientifiques peu probables qui vont vraiment nuire au déroulement de l’histoire. On ne va pas croire un seul instant le procédé de fabrication des montres. Et malheureusement, dans un film, à partir du moment où l’on y croit pas, ça ne marche pas.

Si The Descent de Neil Marshall fonctionnait relativement bien, c’est parce qu’il exploitait de manière intelligente la claustrophobie et la peur d’être enterré vivant. On repense aisément à tous les plans serrés où les jeunes femmes essayaient de se faufiler pour échapper à un prédateur implacable. Dans Dead Mine, le décor est trop espacé, renfermant un bunker japonais de la seconde guerre mondiale qui a des allures de laboratoires secrets. Du coup, cette sensation d’enfermement ne prend jamais, d’autant plus que le décor regorge de sorties et de passages permettant aux protagonistes de s’échapper. La lumière joue aussi un rôle important. On se souvient de la semi pénombre dans le film de Neil Marshall, or, dans Dead Mine, tout est éclairé avec un groupe électrogène et la peur du noir est absente elle aussi. On se retrouve alors avec un film qui ne fait pas peur. Si ce n’est les créatures qui possèdent un design bien sympathique. Rappelant le tueur dans Insensibles, elles demeurent humaines mais avec des mutations assez dégueulasses. Mais il y a encore un petit problème : le nombre. Si mettre en avant une seule bestiole que l’on devine (comme dans Alien) peut permettre au spectateur d’imaginer quelque chose de vraiment horrible, mettre une horde de monstres humanoïdes relèvent de la mauvaise idée, sauf si l’on veut faire un film nerveux (Aliens de James Cameron). On se retrouve donc avec un film qui a le cul entre deux chaises et qui ne sera, soit pas assez nerveux, soit pas assez horrifique.

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Je pense qu’il n’est pas consentant…

L’autre principal défaut du film, c’est le manque d’action. Pour un métrage qui affiche action dans son thème, il ne faut pas trop en demander. Le film met au moins 40 minutes avant de décoller et il ne se passe pas grand-chose. Hormis une fusillade, quelques déplacement dans la mine, quelques jolis plans, notamment sur le premier pont quand la lumière s’allume et que la musique se met en marche. Et encore, lorsque ça décolle un peu, on se fiche royalement de ce qui arrive aux personnages, tant ils sont peu travaillés et inintéressants. C’est bien simple, on a l’impression de voir une bande de gens lambda qui partent en vacances. D’autant plus que les personnages sont hautement antipathiques, du bourrin débile au mec riche qui ne veut qu’une seule chose, trouver le trésor pour avoir encore plus de fric. De ce fait, on ne se prendra jamais d’affection pour les personnages et on ne ressentira aucune sympathie. Même les créatures, qui ont un sort peu enviable et qui auraient pu bénéficier d’un traitement comme celle de Insensibles, ne possèdent aucun background et manque terriblement de personnalité.

Par contre, on ne peut pas dire que le film soit mal maîtrisé. Steven Sheil, que l’on avait déjà remarqué dans le film d’horreur sanglant Mum and Dad, soigne sa réalisation et sa photographie est superbe, avec de magnifiques plans de l’Indonésie. La caméra est efficace et ne bouge pas dans tous les sens lors des phases d’action ce qui est une bonne chose. Néanmoins, on regrettera la faible présence de moments forts, le peu de gore présent et un final qui n’est pas du tout percutant et qui est presque risible, laissant peut-être entrevoir une suite, ce que l’on espère pas.

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Quoi ma gueule, tu crois que j’ai du botox dans ce bunker de merde !

Au final, Dead Mine est un film qui n’est pas très passionnant et qui demeure très secondaire. Si la maîtrise technique et l’image sont nickels, le scénario est bâclé et les personnages ne sont pas du tout travaillés. D’autant plus que la fin arrive comme un cheveu sur la soupe et n’est pas vraiment intéressante. Bref, un film très moyen et presque raté.

Note : 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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