
Auteur : Arthur C. Clarke
Editeur : Bragelonne
Genre : Science-Fiction
Résumé :
La Terre se meurt et les derniers représentants de l’espèce humaine prennent place à bord du Magellan pour un voyage de plusieurs centaines d’années.
Au cours d’une escale sur une planète-océan colonisée longtemps auparavant par des vaisseaux-semeurs, l’équipage du Magellan rencontre des humains pour qui la Terre n’est déjà plus qu’un lointain souvenir, une légende.
Avis :
Parmi les auteurs de science-fiction les plus connus, il y a une sainte trinité britannique avec Isaac Asimov, Robert Heinlein et Arthur C. Clarke. A eux trois, ils ont redéfini le terme de science-fiction, et de nombreuses œuvres de ces auteurs ont été adaptées sur grand écran. On pense à I, Robots pour Asimov, Starship Troopers pour Heinlein et bien évidemment 2001, l’Odyssée de l’Espace pour Clarke. Ce dernier est un écrivain très intéressant, qui fut même un visionnaire. Il avait prédit l’arrivée d’internet, des téléphones portables, et se tenait toujours au fait de ce qui se faisait dans l’exploration spatiale. Comme tout bon auteur qui se respecte, Arthur C. Clarke a eu ses sagas cultes (en l’occurrence, les tomes sur l’odyssée de l’espace, mais aussi la saga Rama), mais il a aussi eu ses romans individuels, qui peuvent presque se voir comme des essais ou des réflexions.
Les Chants de la Terre Lointaine fait partie de ces « stand alone » qui sont en dehors de toute saga ou franchise. Le roman n’a jamais été adapté nulle part, mais il est bon de noter qu’il a quand même inspiré quelqu’un, le musicien Mike Oldfield. Son album The Songs of Distant Earth provient de la lecture de ce livre, dont la fin est la description d’une symphonie. Bref, malgré un côté presque « anonyme » en comparaison des autres romans de l’auteur, on peut dire qu’il a quand même un côté culte. Et ce n’est pas pour rien que Bragelonne, en 2010, en a sorti une version particulière, reliée en cuir. Mais dans les faits, de quoi parle ce roman, et surtout, est-ce que c’est bien ?
On apprend rapidement que le système solaire l’existe plus. Le soleil à balancé un rayon dévastateur détruisant non seulement l’humanité, mais aussi les autres planètes qui étaient colonisées par l’être humain. Cependant, comme les chercheurs du futur avaient prédit cette fin, les humains ont construit des vaisseaux-semeurs pour aller explorer d’autres galaxies, et trouver ainsi de nouvelles planètes à coloniser. On va suivre deux lieux différents au départ, qui vont se rejoindre assez rapidement. D’un côté, on sera à bord du Magellan, le dernier vaisseau-semeur parti de la Terre avant qu’elle n’explose, et de l’autre, on sera auprès des habitants de Thalassa, une planète qui fut colonisée il y a environ sept cent ans. Et le Magellan va devoir faire une pause sur cette planète pour refaire son bouclier de glace afin d’aller jusqu’à une autre planète, Sagan Deux. Le roman est donc le récit de plusieurs rencontres.
On va rapidement se rendre compte qu’il y a un côté très poétique à l’ensemble du roman. Les habitants de Thalassa sont dénués de méchanceté, de religion et de jalousie, profitant alors d’une planète docile et d’une société qui est prospère. L’arrivée de ces derniers humains va chambouler les mœurs de ce monde, mais pas forcément dans le mauvais sens du terme, car les humains vont se rendre compte de leur perversion, du mal de la religion, ou encore des défauts tels que la jalousie qui peuvent être dévastateur. Arthur C. Clarke, loin de vouloir écrire un récit militaire et violent, nous sert un roman de rencontres, d’amour et de découverte assez plaisant, mais qui manque parfois d’empathie. La faute à de nombreux personnages, et à certaines errances qui ne sont là que pour épaissir le roman en nombre de pages.
Par exemple, on va perdre du temps autour d’une communauté de scorpions des mers qui sont intelligents, et forment un village sous l’eau. Cela n’apporte pas grand-chose à la grande histoire, et on sent que c’est là pour étoffer le lore, mais pas forcément pour apporter une quelconque réflexion sur l’être humain. De plus, il y a beaucoup trop de personnages, et parfois, on se perd entre eux. Cela empêche de se concentrer vraiment sur l’histoire d’amour naissante ente Loren et Mirissa, ou encore de ressentir de la tristesse lorsque Loren sait qu’il va devoir repartir, et donc laisser son amour à Thalassa, ainsi que son enfant à naître. La réflexion est très intéressante, mais Arthur C. Clarke se perd souvent dans des descriptions scientifiques qui enlèvent tout sentiment.
Au final, Les Chants de la Terre Lointaine est un roman lancinant et agréable, dans lequel il faut se laisser bercer. C’est doux et tendre, et c’est parfois un peu désuet dans son débordement de sentiments. Mais l’ensemble est trop dilué dans des descriptions pénibles, ou dans des passages sans grand intérêt qui empêchent de vraiment ressentir de l’empathie pour tout ce beau monde. Il en résulte néanmoins un point de vue assez sagace autour de la religion et du mal qu’elle fait, ou encore de la perversion de l’homme, qui est tout à fait capable de vivre sans jalousie et malhonnêteté.
Note : 14/20
Par AqME
