décembre 5, 2020

Le Teckel

Titre Original : Wiener-Dog

De : Todd Solondz

Avec Greta Gerwig, Julie Delpy, Kieran Culkin, Danny DeVito

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Le portrait d’un teckel et de tous ceux auxquels il apporte un bref instant de bonheur au cours de son voyage.

Avis :

Dans le paysage du cinéma indépendant américain, Todd Solondz est un auteur à part. Développant une œuvre peu conventionnelle, cela fait plus d’une trentaine d’années que le réalisateur livre des films sombres où l’humour absurde ou celui qui dérange est de rigueur. Après avoir passé respectivement les années 80/90 et 2000 à déranger, le cinéaste s’était posé dans les années 2010. Si son cinéma avait quelque chose de toujours aussi peu conventionnel, ses films étaient plus « familiaux » si l’on peut dire ainsi.

Après quatre années de silence, Todd Solondz était de retour en 2016 avec « Le Teckel« , un film bien étrange devant lequel on ne sait pas vraiment quoi en penser. Amusant et complément loufoque par moments, « Le Teckel » est encore une fois une œuvre très atypique. Filmé présenté en quatre segments qui sont tous reliés par un petit chien ressemblant à une saucisse, « Le Teckel » est un film qui s’arrête sur les névroses de l’Amérique. Humour noir, humour grinçant, le dernier-né de Todd Solondz est une comédie qui a de très bonnes idées, mais qui a bien du mal à convaincre sur son ensemble.

Danny, la cinquantaine bien passée, décide d’offrir à son fils Rémi un Teckel. Acheté dans une animalerie, le petit chien rebaptisé Saucisse va alors apporter l’espace d’un bref instant beaucoup de bonheur dans la vie du petit garçon. Pour Saucisse, la famille de Rémi ne va être que le départ de sa vie, car très vite, sans le vouloir, par des concours de circonstances, le petit chien va être baladé de propriétaire en propriétaire…

Prenez quatre personnages tous plus différents les uns que les autres et reliez les grâce à une petite boule de poils roux au long museau qui ne va faire qu’être baladé de famille en famille. L’idée comme ça, peut être intéressante, surtout quand on sait qu’on est chez Todd Solondz, réalisateur du culte « Happiness« , mais le résultat est finalement très agaçant, car « Le Teckel » est un film qui a autant de belles et bonnes idées que son contraire.

« Le Teckel« , c’est un ovni qui parfois propose des choses complétement délirantes qu’on n’est pas près d’oublier (comme cet entracte inattendu ou encore ce final très marquant…). Puis « Le Teckel« , et surtout l’aventure de cette petite saucisse sur pattes, est un prétexte pour son réalisateur pour entrer chez quatre personnages et parler de leur vie, de leurs névroses, et de leurs espoirs, comme leurs malheurs. Il y a vraiment de l’idée et pour le coup, les portraits, pour la plupart, sont un bon mélange entre comédie et tragique, ce qui les rend même touchants pour certains (le segment avec Greta Gerwig et Kieran Culkin est vraiment beau.), quand d’autres, il faut ne faut pas le nier, sont assez ennuyants (le dernier par exemple, avec l’immense Ellen Burstyn (cequi est dommage, car ce qu’il raconte était intéressant)). Avec l’idée d’aller d’une famille à l’autre, Todd Solondz dresse un portrait divers des familles américaines plus ou moins aisées. Puis à travers ces familles, le film aborde la vie de famille, l’amour, les désillusions ou encore la vieillesse.

Mais voilà, comme je le disais, si pris à part les segments sont intéressants et sympathiques, sur l’ensemble le tout a du mal à fonctionner. Ainsi, « Le Teckel » est aussi un film assez plat, un film dont parfois, on a du mal à voir où son réalisateur veut nous emmener. « Le Teckel« , c’est aussi un film qui après son interlude, choisit de se faire incohérent, notamment dans la façon dont ce petit toutou passe d’une famille à l’autre. Certes, il y a l’idée de quatre segments, donc quatre histoires séparées, mais entre les deux premières, le réalisateur les avait reliées par ce petit chien et d’un coup, pour les suivantes, il ne fait plus ceci, ce qui nous laisse perplexe et l’on finit par se poser pas mal de questions notamment, comment et pourquoi ? Mais ces dernières ne trouveront pas de réponse, si ce n’est l’idée d’avoir ce teckel dans chaque histoire.

« Le Teckel« , c’est aussi un casting en or et si l’ensemble manque de lien, si chaque histoire aurait presque mérité d’être plus longue, pour plus l’étoffer, on aura rien à redire sur les comédiens qui incarnent cette galerie de personnages et de névroses. Ainsi, pour donner vie aux différents maîtres et autres rencontres que notre petite saucisse fait, on retrouvera Julie Delpy, Danny DeVito, Zosia Mamet, Tracy Letts, ou encore comme dit plus haut, les excellents et très beaux Greta Gerwig et Kieran Culkin.

« Le Teckel » est une œuvre très atypique. Moins piquant que son « Happiness« , Todd Solondz nous livre un ovni aussi étrange qu’imparfait. Un ovni qui a de bonnes idées, qui peint des portraits intéressants, qui nous offre même des séquences dont on va se souvenir longtemps, mais malgré tout ça, sur l’ensemble, ces quatre histoires ont bien du mal à s’imbriquer et fonctionner ensemble, ce qui nous laisse une sensation très étrange à la sortie. Entre humour noir et jolies émotions, entre tragique et tristesse, mais aussi entre ennui et incohérences, ce « … Teckel » intrigue autant qu’il peine à convaincre et c’est dommage.

Note : 10/20

Par Cinéted

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