novembre 30, 2021

Fisherman’s Friends – L’Air Marin

De : Chris Foggin

Avec Daniel Mays, James Purefoy, Tuppence Middleton, Noel Clarke

Année : 2021

Pays : Angleterre

Genre : Comédie

Résumé :

Danny, un producteur de musique londonien branché se rend en Cornouailles pour un enterrement de vie de garçon. Quand son patron et ami lui lance le défi de faire signer un contrat aux pécheurs du coin pour un album de chants de marins, Danny tombe dans le panneau. Bien loin de ses repères citadins, il tente tant bien que mal de gagner la confiance de cet improbable boys band, qui accorde plus d’importance à l’amitié qu’à la célébrité.

Avis :

Aujourd’hui, c’est sur l’île de sa majesté The Queen qu’on s’aventure et l’on arrête sur l’un de ses jeunes sujets, Chris Foggin. Réalisateur de trente-six ans, Chris Foggin fête cette année ses dix ans de carrière en tant que metteur en scène. Dix ans qui lui ont servi pour diriger des acteurs et actrices tels que Judi Dench, Tom Hiddelston, Will Poulter, Cara Delevingne, James Purefoy, Tuppence Mildonton, ou encore Daniel Mays sur pas moins de trois films, dont deux longs-métrages. Remportant quelques prix ici et là, Chris Foggin s’est fait un petit nom et il est même entré dans le Screen International comme l’un des réalisateurs britanniques à surveiller de très près.

Six ans après son premier film, « Kids in love« , qui demeure toujours inédit chez nous, Chris Foggin revient aux affaires avec un deuxième film qui s’arrête sur le destin hors du commun d’un groupe de pêcheurs des Cornouailles qui, à leurs heures perdues, poussaient la chansonnette pour des fêtes ou dans leur pub.

Feel Good Movie par excellence, « Fisherman’s Friends » est un film qui fait du bien. Un film qui est certes facile, et même sans grande surprise, mais face à cela, il respire tant la sincérité, l’authenticité et l’évasion, aussi bien musicalement parlant qu’émotionnellement, ou encore visuellement parlant avec la beauté folle des Cornouailles Anglaises, qu’il ne donne qu’une envie, s’y installer (enfin, c’est un peu plus personnel, si je peux dire, car je suis tombé amoureux de ce comté quand j’y suis allé.).

Danny est un jeune producteur de musique. Habitant à Londres, Danny est branché et avide de réussite. Un week-end, pour un enterrement de vie de garçon, il se rend dans les Cornouailles, dans le petit village de Port Issac et c’est là qu’il va faire la rencontre des pêcheurs qui ont formé un groupe qui chante des chants traditionnels. Si au départ, Danny s’en moque, sur un pari qui résonne plus comme une blague, Danny propose aux Fisherman’s Friends d’être leur agent, car ils ont du talent. Ce que Danny n’avait pas prévu, c’est qu’il finisse par tout faire pour que le groupe marche, car plus il les découvre, plus il passe du temps avec eux, et plus l’authenticité de ces chants et leurs histoires le touchent et pourraient toucher bien des gens.

S’il y a bien un cinéma qui regorge de petites pépites qui nous mettent d’emblée de bonne humeur, c’est bien le cinéma anglais. Çà et là, on peut citer des films comme « The Full Monty« , « Sing Street« , « Good Morning England« , « Music of my life« , « Eddie the eagle« , « Wild Rose« , « Be Happy« , « Rock’N’Love« … La liste peut être encore longue tant nos amis britanniques ont un très joli savoir-faire et à ce répertoire désormais, on peut y ajouter avec joie « Fisherman’s Friends » tant le film de Chris Foggin se pose comme un chouette moment plein de charme, de chants et de culture.

Véritable bouffée d’air marin, « Fisherman’s Friends » est pourtant un film qu’on connaît par cœur. Il est bien difficile d’être surpris par le drame et surtout les ficelles très grosses que laisse traîner le scénario ici et là. Ainsi, on pourra reprocher au film de Chris Foggin un manque d’originalité dans le déroulement de son intrigue. On pourra aussi lui reprocher un côté cliché tant certains événements et certaines tournures ont déjà été employés mille fois. Mais pourtant, malgré ça, on ne peut s’empêcher de succomber au film de Chris Foggin.

« Fisherman’s Friends » est un très joli et très beau moment de cinéma. « Fisherman’s Friends » est un film qui, malgré sa facilité, nous charme et nous en met plein la vue, plein les oreilles, et même plein les émotions. Sorte de bonheur en barre, on se plaît à suivre le changement de ce jeune loup de Londres qui va se laisser attendrir et finalement complètement charmer par ce choc des cultures. Drôle, bien vu, séduisant, toujours juste, Chris Foggin, tout en jouant avec des cordes qui pourraient apparaître comme usées, nous prouve que si ces dernières sont utilisées avec sincérité, passion et intérêt, alors elles sont comme neuves.

Comme je le disais aussi, « Fisherman’s Friends » est un film qui respire l’authenticité et en plus de très bien raconter l’histoire improbable de ce groupe de pécheurs chanteurs, avec eux, Foggin raconte aussi l’histoire des pêcheurs des Cornouailles. Plus profond qu’il en a l’air, on va être étonné de toute la culture qui s’offre à nous derrière un chant, mais aussi derrière un lieu, un village, ou même ne serait-ce qu’un pub. Pour réussir cela, Chris Foggin a très bien pensé ses personnages, car si ensemble, ils forment un groupe, le réalisateur s’arrête aussi sur certains d’entre eux pour les approfondir et ainsi parler de leurs blessures, de leur amour du chant et ce qu’il transmet, de leur sens de l’humain, du groupe, ou simplement de l’amitié.

Puis, ces pêcheurs sont génialement incarnés par une belle brochette d’acteurs tous plus terribles les uns que les autres. Dave Johns, David Hayman, Rory Wilton, Richard Hainsworth, Maggie Steed, Tuppence Middelton, sont terribles. Puis il y a Sam Swainbury qui est une très belle découverte qui en met la chair de poule. Et encore, Daniel Mays et James Purefoy sont extraordinaires.

Enfin, dans cet esprit de Feel Good Movie, « Fisherman’s Friends » oscille très bien entre la comédie, le drame, le convenu et l’original. La mise en scène de Chris Foggin est facile, mais pleine de fraîcheur et l’on adore se perdre dans son film. Bien entendu, Chris Foggin fait une très belle place aux chants traditionnels qui sont de toute beauté. Le film nous en met plein les oreilles, et l’on se laisse emporter. À noter aussi que le réalisateur profite de son décor, la Cornouaille, et il offre aussi de ce côté un magnifique dépaysement. Les côtes sauvages, les petits villages, les traditions, les couchers de soleil, la mer, cette ambiance chaleureuse…

Bref, ce film est une évasion à plus d’un sens. Très mal distribué au moment de sa sortie en salle, « Fisherman’s Friends » débarque en DVD et sur plusieurs plateformes et ce serait dommage de s’en priver.

Note : 15/20

Par Cinéted

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