
De : Doug Liman
Avec Brad Pitt, Angelina Jolie, Vince Vaughn, Adam Brody
Année : 2005
Pays : Etats-Unis
Genre : Action, Comédie
Résumé :
Mr et Mrs Smith forment un couple tout ce qu’il y a de plus banal. Pourtant, Mr Smith est exécuteur pour une organisation secrète et Mrs Smith tueuse à gage vendant ses services aux plus offrants. Ignorant chacun les activités de leur cher et tendre, ils vont pourtant se retrouver en compétition sur un même « contrat ». Comme quoi une scène de ménage au fusil mitrailleur c’est quand même plus fun qu’avec la vaisselle de Maman…
Avis :
Parfois, les idées de scénario proviennent du hasard de la vie. Prenons le scénariste Simon Kinberg. Alors qu’il est en fin d’études, il a envie d’écrire une histoire qui serait une lettre d’amour au cinéma hong-kongais, quelque chose de violent, mais qui détient une esthétique remarquable. Lors d’un dîner, il se trouve à table avec un couple d’amis en thérapie de couple. Le déclic se produit, il va écrire un film sur un couple à la dérive. Parmi ses références, il y a aussi True Lies de James Cameron, ainsi que La Guerre des Rose de Danny DeVito. Aidé par Akiva Goldsman, il va donc écrire Mr. & Mrs. Smith, puis trouver des producteurs, et un réalisateur, pour mettre en images son film. Blockbuster de l’été 2005, le film va être un carton, jusqu’à devenir une série, qui ne fera pas long feu.

Le film débute avec un couple qui suit une thérapie pour se remettre sur les rails. An même temps que le générique de début, on y décèle deux personnes qui ne se supportent plus, et qui n’ont plus de rapports sexuels, chose visiblement importante dans une Amérique puritaine au possible. Cette introduction permet alors de travailler autour de la rencontre du couple, dans un pays d’Amérique du Sud où un type vient d’être tué et la police recherche alors un touriste esseulé. Leur rencontre fortuite permet alors pour chacun d’eux de s’en sortir, et de commencer une idylle où il sera rapidement question de mariage. Le problème avec ce début, aussi drôle soit-il, est qu’il n’est absolument pas crédible, du moins sur les activités professionnelles de chacun. On décèle très vite les métiers des deux personnages, et on se demande comment eux ne le voit pas.
« ce n’est pas très original, même pour l’époque »
S’ensuit alors un ventre mou qui montre le quotidien des deux protagonistes. Ils se cachent des choses, se font des crasses, se parlent à peine, et ils se livrent à leurs associés, puisque chacun bosse dans une agence différente, Angelina Jolie ne travaille qu’avec des femmes, alors que Brad Pitt ne taffe qu’avec des hommes. On y voit le quotidien du couple, et au final, on s’ennuie un peu comme eux, au sein d’une osmose qui ne fonctionne qu’à moitié, et d’un humour lourdingue qui ne marche pas du tout. Et histoire de peaufiner tout ça, chacun de son côté va réaliser une mission en butant des personnes, montrant leur talent respectif, et usant de subterfuge différent : le charme pour madame et le bagout pour monsieur. Bref, ce n’est pas très original, même pour l’époque, puisque à l’instant où ces lignes sont écrites, le film fête ses vingt ans.
Bien évidemment, il arrive un moment où les deux personnages se trouvent sur une mission commune, avec des objectifs différents, et ils vont se faire la guerre, échouant par la même occasion leur mission. En faisant des recherches rapides, les deux découvrent alors leur véritable identité, et ils vont se faire une guerre sans relâche. Moyen d’exacerber toutes les velléités contenues, on aura droit à un combat interminable dans la baraque, le couple se tirant dessus sans vergogne. Si la mise en scène de Doug Liman est plutôt dynamique, on reste sur un gunfight classique, qui n’exploite pas suffisamment les pièces de la maison, ni même des mouvements de caméra inventifs. En un sens, n’est pas Michael Bay qui veut, aussi débile soit ce dernier. Bref, on est au milieu du film, le couple se réconcilie alors, se rendant compte de son amour l’un pour l’autre.
« noyer la faiblesse scénaristique sous quelques séquences bien foutues »
Et nouveau retournement de situation, le couple devient alors la cible des deux agences qui vont envoyer leurs agents pour les liquider. Encore une fois, et c’est tant mieux, on aura droit à un déluge d’action non-stop, qui va permettre de noyer la faiblesse scénaristique sous quelques séquences bien foutues. La course-poursuite en bagnole puis le passage dans le supermarché sont des moments plutôt agréables, qui ne suscitent aucun ennui. De plus, cela permet alors au couple de se dire des choses, de crever l’abcès, et donc de renouer des liens forts, qui leur serviront lors du combat final. Cependant, malgré la lisibilité de l’ensemble, on reste tout de même sur une mise en scène très classique, qui ne prend pas de risque, qui est lisse, et rentre pleinement dans la catégorie de ces blockbusters destinés à surfer sur leurs acteurs plus que sur leur mise en scène.
Et pour l’époque, la communication a vraiment bien marché. Les tabloïds ont fait leur chou gras autour de la complicité entre Brad Pitt et Angelina Jolie, ce qui coûtera un mariage au comédien, alors en couple avec Jennifer Aniston. Et le film de faire de nombreuses entrées en présentant deux comédiens ayant le vent en poupe, mais dont l’alchimie ne se voit pas forcément à l’écran. S’ils sont corrects, on les a connus en meilleure forme, et ils doivent se dépêtrer de personnages finalement assez conventionnels et lisses malgré leur métier. Et il ne faut pas compter sur les personnages secondaires, inutiles ou à la masse, à l’instar d’un Vince Vaughn qui joue encore le meilleur ami potache et trouillard. Bref, il n’y a rien de vraiment croustillant à se mettre sous la dent au niveau de l’acting et des acteurs en dehors du couple star.

Au final, Mr. & Mrs. Smith est un blockbuster comme Hollywood en fait à la pelle, et qui ne doit sa notoriété qu’à la présence de Brad Pitt et Angelina Jolie, qui bâtiront alors leur véritable histoire d’amour lors du tournage. Il s’agit d’un film sympathique, mais qui n’a bâti sa réputation qu’autour de la presse people, et malheureusement pas grâce à sa mise en scène ou son scénario, qui pioche dans de nombreuses références plus ou moins bien digérées. Bref, un film qui occupe un dimanche soir, mais c’est bien tout…
Note : 14/20
Par AqME
