mai 28, 2024

Farang – Xavier Gens et les Bourre-Pifs

De : Xavier Gens

Avec Nassim Lyes, Loryn Nounay, Olivier Gourmet, Chananticha Tang-Kwa

Année : 2023

Pays : France

Genre : Action

Résumé :

Sam est un détenu exemplaire. A quelques mois de sa sortie de prison, il prépare assidument sa réinsertion. Lors d’une permission, son passé le rattrape et un accident ne lui laisse qu’un seul choix : la fuite. Cinq ans plus tard, il a refait sa vie en Thaïlande, où il a fondé la famille dont il a toujours rêvé. Mais Narong, le parrain local, l’oblige à plonger à nouveau dans la délinquance. Quand Sam veut tout arrêter, Narong s’attaque à sa famille… Sam va traverser la Thaïlande pour se venger de son bourreau.

Avis :

Dans le paysage du cinéma de genre français, il y a Xavier Gens, réalisateur qui s’est fait remarquer dès son premier long, l’ultra gore « Frontière(s)« . Ainsi, depuis 2007, Xavier Gens offre régulièrement de quoi se mettre de l’hémoglobine sous les dents. On citera « The Divide » ou « Cold Skin« , petit film entre horreur et fantastique se passant dans un phare. Bien sûr, il y a aussi la série « Gangs of London« , où Xavier Gens s’est illustré comme rarement.

D’ailleurs, depuis cette pause pour le petit écran, nous n’avions plus de nouvelles de Xavier Gens, concernant le grand écran. Eh bien voilà, c’est chose faite, cinq ans après son délirant « Budapest« , le metteur en scène est de retour avec « Farang« , ou l’histoire archi clichée d’une vengeance qu’on connaît par cœur.

Avec ce nouveau film, Xavier Gens passe au film d’action à tendance gore, et je dois dire que je suis assez partagé. Partagé entre une intrigue qui met un temps fou à démarrer, pour une histoire qu’on connaît déjà, et des scènes d’action bien efficaces, voire même jouissives tant le réalisateur s’en donne à cœur joie dans la brutalité, le spectaculaire et les confrontations diverses et variées. Amusant et ennuyant en même temps, ce nouveau Xavier Gens, derrière la déception de son intrigue, et du ton ultra sérieux que le film tient, offre finalement ce que l’on est venu chercher lorsqu’il se fighte et c’est déjà ça.

« Si l’idée de départ est intéressante, on ne pourra pas dire malheureusement de « Farang » que son intrigue soit extraordinaire. »

Sam est un détenu exemplaire, qui bénéficie alors d’une liberté sous condition. À sa sortie de prison, d’anciens contacts veulent le forcer à replonger dans des trafics, et pour se défendre, Sam commet l’irréparable. Cinq ans plus tard, ayant fui en Thaïlande, Sam vit avec sa femme, dont ils attendent la venue d’un enfant, et la fille de cette dernière, que Sam considère comme la sienne. Le couple rêve d’un petit terrain face à la mer, où ils pourraient ouvrir un restaurant, mais le terrain qu’ils voulaient est alors acheté par Narong, un Français qui gère tout un tas de réseaux mafieux. Si Sam veut alors ce terrain, il va devoir rendre un service à Narong, et bien sûr, rien ne va se passer comme…

Je ne sais pas pour vous, mais lorsque je vois que Xavier Gens ressort un film, et de surcroît un film qui débarque dans nos salles de cinéma, ça se pose comme un petit événement, dont je suis très curieux de voir le résultat.

« Farang » est un mot qui désigne un européen ou un occidental dans la culture asiatique. « Farang » sera donc un film sur un exilé, et il va se poser comme le récit d’une rédemption, celle d’un homme qui essaie de construire sa vie loin de chez lui, privé de tout retour. Si l’idée de départ est intéressante, on ne pourra pas dire malheureusement de « Farang » que son intrigue soit extraordinaire. En un sens, c’est même tout le contraire, Xavier Gens et son scénariste empruntant tous les clichés possibles et imaginables avec ce genre d’histoire. Ainsi, sans surprise, on suit un homme qui va tomber dans un piège (si l’on peut appeler ça comme ça) et il va tout perdre (vous voyez, ce que vous imaginez là, maintenant, et bien c’est exactement ça.) et bien entendu, laissé pour mort, une fois soigné, ce dernier va chercher à se venger.

« Le film de Xavier Gens coche religieusement toutes les cases du genre. »

Il est assez triste de voir que d’un point de vue scénaristique, « Farang » n’ait pas une seule idée qu’on n’ait pas vue ailleurs. S’il existait un cahier des charges du film de vengeance, il est certain que le film de Xavier Gens coche religieusement toutes les cases du genre. De plus, « Farang » est un film qui a tendance à s’éterniser pour vraiment arriver dans son intrigue. C’est même assez hallucinant de prendre autant de temps pour arriver vers quelque chose qu’on connaît déjà. Par la même, l’intrigue se passant en Thaïlande, « Farang » emprunte là encore les sentiers du cliché, balançant tout ce que l’on peut imaginer autour du pays, avec çà et là, de la boxe thaï, des lady boy’s, de la mafia, du trafic de drogues, voire même d’enfants, de la prostitution… Rien n’est oublié.

Puis enfin, histoire de durcir le tableau et lui donner une grande dimension dramatique, Xavier Gens prend son film très au sérieux, lui offrant un ton sombre, accentuant à grands coups d’une BO ultra dramatique ses scènes, histoire qu’on comprenne bien que ce qui se joue là est important.

Mais est-ce que tout ceci fait de « Farang » est mauvais film ? La réponse n’est pas si évidente que cela, car malgré tout cela, « Farang » a son cachet et mieux, une fois cette interminable exposition, quand le film est pleinement lancé dans sa vengeance, Xavier Gens nous réserve des scènes d’une telle violence, et parfois d’une grande ingéniosité dans sa mise en scène, que l’on est pris dedans, et mieux encore, on s’amuse à suivre ce défouloir ultra régressif. Ici, Xavier Gens s’en donne à cœur joie, et s’éclate avec des fights bien bourrins, qui ne mentent pas sur la marchandise. Oui, dans un sens, lorsqu’on sait que Xavier Gens fait un film d’action qui se déroule en Thaïlande, c’est pile l’idée qu’on se fait de ce genre de film, et le réalisateur offre ce que l’on est venu chercher.

«  »Farang » est un film qui commence à réellement prendre vie lorsqu’il y a de la castagne. »

Si pendant le temps de présentation de son histoire, on s’ennuie quelque peu tant elle est déjà vue, « Farang » est un film qui commence à réellement prendre vie lorsqu’il y a de la castagne. Fights en duo, fights solos, fights à plusieurs, à coups de machette, des combats au sabre, des gunfights, du défonçage de crâne, les os qui se brisent, des têtes coupées, et du sang, beaucoup de sang… Bref, dans ces moments, le film invente, s’amuse, il est spectaculaire et il a beaucoup de gueule. Puis il faut dire aussi que Nassim Lyes envoie pas mal, même si côté émotion, on repassera. Une émotion qui sera remplacée par un fight contre un Olivier Gourmet qui, en truand ultra diabolique, assure son petit show. À noter que Thaïlande oblige, Xavier Gens a convoqué Vithaya Pansringarm en figure de mentor et père de substitution pour son personnage principal.

« Farang » est donc un film qui, malgré tous ses défauts, ses facilités, ses clichés et cette histoire de vengeance qu’on connaît sur le bout des doigts, arrive à nous embarquer, grâce à son action non-stop, qui nous offre de sacrées bastons, et un spectacle brutal et très violent qui fait que mine de rien, on s’amuse pas mal devant ce nouveau Xavier Gens.

Note : 12,5/20

Par Cinéted

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