janvier 14, 2026

Uuhai – Human Herds

Avis :

Parfois, il suffit du succès d’un groupe venant d’un pays précis pour avoir d’autres formations qui émergent. Formé en 2016, The Hu va se faire remarquer sur les réseaux sociaux, jusqu’à attirer des labels internationaux pour les produire. Groupe originaire de Mongolie, The Hu va avoir un succès retentissant, mélangeant alors le Heavy Métal avec des éléments folks issus de la musique traditionnelle mongole. La formation sort alors deux albums, The Gereg en 2019 et Rumble of Thunder en 2022. Il n’en fallait pas plus pour que les labels aillent faire un tour du côté de Oulan-Bator, histoire de trouver des transfuges pour surfer sur ce succès. Et Napalm Records jette alors son dévolu sur Uuhai. Groupe formé en 2020 dans la capitale mongole, c’est sans aucun doute grâce à leurs confrères que la bande voit le jour sur un label aussi prestigieux dès son premier effort.

Et Human Herds reprend tous les éléments que l’on a déjà entendu dans The Hu. On retrouve une guitare saturée aux riffs assez rapides, qui sonne du Heavy des années 80, et on a énormément d’éléments folkloriques mongols, avec des instruments particuliers, et un chant dans une langue maternelle qui peut surprendre. Ce qui est beau là-dedans, c’est de voir que le métal n’a pas de frontières, et qu’année après année, on peut encore découvrir de nouvelles choses. Cependant, il y a aussi la barrière de la langue qui peut poser problème, ou encore un équilibre précaire entre le côté folk qui prend beaucoup de place, et un métal qui se trouve un poil en retrait. On ressent cela dès l’introduction, Beginning, qui met surtout en avant cet instrument à cordes étrange qui s’appelle le igil, ainsi qu’un chant venant de la gorge, propre aux chants mongols.

Dès que Human Herds débute, on retrouve la même intonation que sur l’introduction, mais rapidement le groupe trouve des marques rythmiques plus dynamiques. C’est assez léger, et on sent que la formation a à cœur de mettre en avant leur langue, leur chant de gorge et l’igil qui prend énormément de place. Bien évidemment, on a droit à une structure assez classique, histoire de ne pas trop nous dérouter, mais on regrettera une guitare un peu en retrait qui a du mal à s’imposer. On perçoit aussi ce rythme un peu scandé, un peu guerrier, qui est plutôt agréable. Mais en l’état, c’est sympathique, mais ce n’est pas extraordinaire. D’autant plus que The Hu est déjà passé par là. Ancient Land va partir vers autre chose. Ici, le Folk se mélange à un aspect presque Power, et le résultat est plus grisant que le titre précédent.

Uuhai, qui veut dire hourra (le groupe a utilisé ce nom pour symboliser les cris de guerre des guerriers mongols), va s’étendre sur une durée un peu trop longue. Le titre aurait gagné à être un peu raccourci, mais il met un peu plus la guitare en avant, essayant de trouver des espaces plus confinés pour chaque instrument. Le titre n’est pas inintéressant, mais il ne marque pas vraiment. Contrairement à Dracula et sa rythmique infernale. Là, le groupe lâche un peu plus les chevaux et envoie un morceau énergique et puissant qui ne laisse pas indifférent. Il s’agit peut-être du meilleur morceau de l’album, notamment dans l’énergie dégagée. Il est dommage que derrière, on doit se taper Khurai, un long titre mid-tempo qui joue énormément sur son ambiance, et pas forcément sur ses capacités à nous surprendre. Le morceau n’est pas mauvais, mais il est bien trop long.

Heureusement, Khar Khulz vient nous réveiller avec un assaut guerrier fédérateur et fort plaisant. Le démarrage est taillé pour la scène, donnant envie de lever le poing et de chanter en rythme. Ici, on trouve un excellent équilibre entre métal et folk, entre passage nerveux et moment plus éthéré. Une belle réussite, et il n’est pas étonnant que ce morceau fût choisi pour être le deuxième single de l’album. Paradise va surprendre par son côté presque Pop ensoleillé, mais avec des intonations mongoles. C’est à la fois étonnant et très agréable d’avoir un titre comme ça au sein de l’album. On est presque dans une country mongole, ce qui est très étrange. Uvdis sera alors un morceau assez classique malgré son démarrage folklorique fantasmagorique. Puis, Secret History of the Mongols va venir nous cueillir avec douceur et beauté. L’igil est utilisé avec une sensibilité rare.

Au final, Human Herds, le premier album de Uuhai, est un effort louable et plutôt appréciable. Cependant, on sent que The Hu est passé par là auparavant, et la surprise n’est pas vraiment au rendez-vous. De plus, les éléments folks prennent beaucoup de place par rapport au côté métal, et de ce fait, on peut être un peu déçu par cette prise de position. Il n’en demeure pas moins que l’album est intéressant à plus d’un titre, qu’il est une ouverture sur le monde, et qu’il montre que le métal ne connait pas de frontière, ni de limite de langage.

  • Beginning
  • Human Herds
  • Ancient Land
  • Uuhai
  • Dracula
  • Khurai
  • Khar Khulz
  • Paradise
  • Uvdis
  • Secret History of the Mongols

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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