août 10, 2022

Buckcherry – Warpaint

Avis :

Parfois, le succès ne tient pas à grand-chose. Une envie de former un groupe et de faire des reprises, et le tour est joué. C’est un peu ce qui est arrivé avec Buckcherry (jeu de mots rigolo autour de Chuck Berry). Formé au milieu des années 90, le groupe américain va d’abord se voir comme un hommage à AC/DC. En effet, le chanteur et le guitariste de l’époque vouent un vrai culte à la formation australienne. Puis en faisant des démos à droite et à gauche, ils ont réussi à attirer l’attention d’un producteur. Rapidement, Buckcherry commence à se faire un nom, jusqu’à faire les premières parties de leur groupe culte. Cependant, la vie de Buckcherry ne va pas être de tout repos, avec une dissolution en 2002, puis une reformation deux ans plus tard. Aujourd’hui, seul le chanteur, Josh Todd, est un membre d’origine.

Sorti en 2019, Warpaint marque une étape importante dans la vie du groupe, puisque c’est avec lui que l’on accueille le nouveau guitariste solo, Kevin Roentgen, et le nouveau batteur, Sean Winchester. Gardant toujours cette énergie propre au Hard Rock dit « moderne », les américains vont tenter de sortir la tête de l’eau avec ce huitième album studio. Est-ce vraiment le cas ? Avons-nous droit à un album percutant et intéressant ? Oui, dans la grande majorité des cas, et parfois non, avec quelques titres qui tombent à plat. Le démarrage est relativement bon. Le groupe attaque avec le titre éponyme de l’album, et c’est une belle énergie qui se dégage de l’ensemble. C’est pêchu, nerveux, et la voix du chanteur, très nasillarde, colle parfaitement à l’ambiance voulu. On retrouve tous les atours d’un Hard classique mais maîtrisé sur le bout des ongles. Bref, du tout bon.

Avec Right Now, Buckcherry continue sur une bonne voie. Les riffs sont agréables, surtout dans le refrain, catchy en diable, et que l’on va reprendre en chœur très rapidement. Certes, il n’y a pas une once d’originalité dans le titre, mais il se révèle efficace et le solo est parfaitement maîtrisé, ajoutant un bel uppercut dans ce morceau. Head Like a Hole sera surprenant dans son introduction. Les riffs sont bien plus lourds qu’à l’accoutumée, plongeant presque dans un Métal Alternatif, montrant les possibilités multiples de la formation. Il est dommage que le titre se perde un peu dans une structure similaire des morceaux précédents, et manque un peu de cohérence. C’est moins prenant que les autres titres, la faute à un refrain moins intéressant et à une utilisation approximative de l’ambiance plus sombre. Mais le « pire » sera atteint avec Radio Song.

Ici, le groupe sombre dans la ballade sirupeuse et on ne peut pas dire que ce soit une réussite. Non pas que ce soit mauvais, mais ça reste surfait et ça réelle innovation. On reste dans quelque chose de calibré et qui manque cruellement de passages plus marquants. Certes, le solo est réussi, mais il reste dans un moule que l’on connait par cœur. On a l’impression que ce titre est un passage obligé, et coupe un peu l’énergie cumulée auparavant. Heureusement, avec The Vacuum, le groupe renoue avec des riffs percutants, et une structure simple, mais qui reste en tête. On peut reprocher à la formation de rester dans sa zone de confort, mais avec les nouveaux arrivants, c’était peut-être ce qu’il y avait de mieux à faire. Bent va rester dans une belle énergie, mais ce sera un titre plutôt générique, qui aura du mal à s’imposer.

Back Down viendra titiller nos oreilles avec des back-up féminins fort plaisants, lui octroyant un côté un peu bluesy qui n’est pas désagréable. De plus, le refrain frappe fort et reste bien ancré dans nos esgourdes. The Alarm restera aussi un titre sympathique, bien que peu percutant dans son ensemble. C’est bien fichu, mais on reste dans un moule qui ne sort jamais du cadre. No Regrets cherchera à partir autre part. On a là des élans Punk pas désagréables, prouvant que le groupe est capable de proposer autre chose que du « simple » Hard. Puis vient The Hunger, la deuxième ballade de l’album, plus intéressante que la première dans son ambiance purement ricaine. Puis le groupe clôturer avec deux morceaux d’une grande efficacité, renouant avec l’énergie du début. Closer fonctionne à plein régime, alors que The Devil’s in the Details termine avec fougue l’album.

Au final, Warpaint est un album qui signe un peu un renouveau pour Buckcherry. L’arrivée des deux nouveaux musiciens permet à la formation de se relancer et de trouver une énergie nouvelle. Néanmoins, on va aussi voir que le groupe tâtonne et ne prend pas vraiment de risque, tentant de renouer avec ses fans et de prouver qu’il est toujours présent malgré les changements de line-up. Il en résulte dons un album plaisant et plutôt réussi, mais dont on aurait aimé plus de prise de risque.

  • Warpaint
  • Right Now
  • Head Like a Hole
  • Radio Song
  • The Vacuum
  • Bent
  • Back Down
  • The Alarm
  • No Regrets
  • The Hunger
  • Closer
  • The Devil’s in the Details

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.