janvier 14, 2026

Salem Games – La Malédiction des Acteurs de Série

Titre Original : All Fun and Games

De : Eren Celeboglu et Ari Costa

Avec Asa Butterfield, Natalia Dyer, Keith David, Summer H. Howell

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Des adolescents de Salem découvrent un couteau maudit qui libère un démon qui les oblige à jouer à des versions horribles et mortelles de jeux d’enfance où il ne peut y avoir de gagnants, seulement des survivants.

Avis :

Si les mentalités tendent à changer de plus en plus avec l’avènement de séries qui ont plus de succès que certains films, il reste toujours compliqué pour les acteurs du petit écran de percer sur le grand. Cela est peut-être dû à un certain snobisme, le cinéma se voyant comme un véritable art, contrairement à l’image que l’on se fait des shows télévisés. Pour autant, cela a tendance à changer avec des séries comme Stranger Things, Game of Thrones ou encore Breaking Bad, avec des comédiens qui vont et viennent entre séries à gros budget et films qui sortent soit au cinéma, soit sur les plateformes de streaming. Mais quand on regarde la qualité de ces derniers, on peut prendre peur, et se dire qu’il reste encore un long chemin pour ces acteurs de série qui essayent de se lancer dans le cinéma.

Prenons par exemple le film qui nous préoccupe entre ces lignes, Salem Games, ou All Fun and Games pour la version originale. Il s’agit d’un film d’horreur qui n’a pas eu les honneurs des salles obscures en France, et qui met en vedette deux jeunes acteurs qui ont récemment percé dans des séries, à savoir Asa Butterfield de Sex Education et Natalia Dyer de Stranger Things. Le pitch est pour le moins incompréhensible dès son ouverture. En voix off, la fille aînée (Natalia Dyer) présente sa famille dysfonctionnelle avec ses deux frères, dont le plus grand est enclin à la violence. Une chose que l’on a du mal à croire, puisque Asa Butterfield a un visage d’ange, et on a du mal à se défaire de son image de puceau dans Sex Education. Bref, le démarrage est clairement là pour poser un constat social, et ce n’est pas plus mal.

« des flashbacks dégueulasses, mal foutus et d’une laideur sans nom »

Cela donne un cadre un peu cliché, mais au moins, il y a une volonté de tisser un fond sociétal dans une trame horrifique. Ces trois gamins vivent avec leur mère célibataire, qui bosse comme une malade, laissant l’éducation du plus jeune aux deux aînés, mais aussi à l’oncle qui végète dans la cave. Cependant, si cela peut poser les bases d’une certaine empathie envers cette famille qui essaye de s’en sortir tant bien que mal, on reste trop en surface, et rien n’est fait pour nous faire ressentir une quelconque émotion. Il va y avoir des embrouilles avec d’autres jeunes, puis des cas de conscience qui ne dureront pas plus de cinq minutes. C’est vraiment dommage de tenter de construire des liens entre membres d’une famille un peu à part pour finalement ne rien en faire.

D’autant plus que cela ne va pas servir à cautionner le côté horrifique de la chose. Le film nous rappelle sans cesse que nous sommes à Salem, connu pour ses sorcières, et en fouillant dans une maison abandonnée, le plus jeune trouve un couteau maudit qui a visiblement servi à un cureton pour zigouiller une paire de femmes supposées être des sorcières. C’est du moins ce que l’on comprend à travers des flashbacks dégueulasses, mal foutus et d’une laideur sans nom. Et forcément, ce couteau va prendre possession de certains membres de la famille, pour jouer à des jeux sanguinolents. Enfin, des jeux, si tant est que le pendu, le cache-cache ou encore le jeu du chat soient considérés comme de vrais jeux, et pas seulement comme des amusements de cour de récréation. Car oui, on en est là avec ce film.

« Asa Butterfield surjoue comme un cochon »

Il va sans dire que les jeux sont poussifs, et que le massacre est tout relatif. Ici, Asa Butterfield devient possédé par un esprit malade, et il va buter un peu tout le monde avec un certain sens de la délectation. Le problème, c’est que ce n’est jamais drôle ou effrayant. Le type a beau se faire une balafre en forme de croix sur le front, on s’en bat les reins. Non seulement parce que c’est filmé avec les pieds, mais aussi parce que ça n’apporte rien à l’histoire. Pas même celui de resserrer les liens familiaux entre deux frères et une sœur qui ne s’apprécient pas plus que ça. Il en va de même avec la résolution du problème, qui est trouvée en un tour de main, au gré d’un hasard chanceux et sans grand intérêt. Les effets de peur autour de la traque finale sont méphitiques.

Outre le fait que le film ne fasse jamais peur, il est aussi extrêmement mal mis en scène et mal joué. C’est même délicat de se dire qu’ils s’y sont mis à deux pour faire ce long-métrage. Les plans sont hasardeux, la colorimétrie est immonde, les effets pour partir dans l’ancien temps font écho à des films des années 90 et il n’y a aucun travail sur la lumière. Bref, c’est catastrophique. Et bien évidemment, les acteurs sont en roue libre. Asa Butterfield surjoue comme un cochon, surtout quand il faut jouer les psychopathes. Natalia Dyer est totalement transparente et ne sert pas à grand-chose. Et les seconds rôles sont inutiles, remplissant des fonctions prédéfinies, comme le petit-ami, l’oncle relou ou encore la meilleure amie lesbienne. Un calvaire de tous les instants.

Au final, Salem Games est une purge infâme, un film immonde qui ne mérite même pas d’exister sur les plateformes de streaming. C’est laid, c’est écrit avec les pieds, et les pauvres acteurs qui se sont perdus dedans sont totalement paumés. Il est d’ailleurs très étrange de voir Asa Butterfield et Natalia Dyer dans un tel film, tant il est affreux sur tous ses aspects. Bref, on aurait dû s’en douter, vu sa présence dans le catalogue Prime Video, qui mélange le bon et le terriblement amateur…

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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