janvier 11, 2026

Dawnbreaker – Pactum Sanguine Novo

Avis :

Quand on parle de Black Métal, on a toujours tendance à croire qu’il s’agit d’un délire satanique. D’ailleurs, un grand nombre de groupes officiant dans ce genre s’amusent avec cette imagerie, et laissent planer volontairement les suspicions sur leurs orientations religieuses. Pour autant, il existe un label qui produit notamment du Black, mais chrétien. Il s’agit de Vision of God Records (le nom est assez équivoque), et sur ce label, on trouve Dawnbreaker, un one man band américain porté par Cullen Toner, qui avoue avoir été touché par la grâce, abandonnant alors tous ses projets musicaux en cours pour faire Dawnbreaker en 2018. Depuis, le type n’arrête plus, offrant au départ un album tous les ans, puis tous les deux/trois ans, jusqu’à offrir Pactum Sanguine Novo, son sixième effort studio. Un skeud purement Black dans les sonorités, mais qui détient tout de même certaines scories.

Tout commence avec The Sanctity in Blood, et on va avoir l’impression de se faire rouler dessus par un rouleau compresseur. Cela est dû à une batterie qui va très vite, peut-être trop vite, et qui va poser un premier problème. On a la sensation que l’artiste a programmé toutes les sessions de batterie, jusqu’à pousser les curseurs à fond, offrant presque un non-sens musical. Et cela gâche vraiment l’écoute, notamment sur ce premier morceau qui ne détient quasiment aucune finesse, et rentre dans un Black old school assez calibré. On a un peu la même sensation avec Ritual of Purification. Là aussi, la batterie reste très martiale et redondante, et au niveau des riffs, on reste sur quelque chose d’assez classique dans le genre. Même le chant demeure stéréotypé. Les fans de Black y trouveront certainement leur compte, mais on est en droit d’en attendre davantage.

Il faudra alors attendre Sacrifice of the Eternal High Priest pour avoir un semblant d’introduction, avec une ambiance délétère qui s’installe tranquillement. Le résultat est alors plus intéressant, avec des nappes mélodiques qui se superposent pour donner une épaisseur jusque-là timide. Alors certes, on ne sort pas d’une certaine zone de confort, mais c’est déjà plus travaillé que les deux précédents morceaux, qui trainaient un petit peu de la patte. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Avec Freed from the Curse of the Law, Dawnbreaker revient à un Black épuré et percutant, qui ne laisse rien filtrer. On est sur un titre qui dépasse à peine les trois minutes, et qui n’est là que pour envoyer la sauce et balancer de la violence pour de la violence. Certes, c’est amusant durant un temps, mais cela ne marque pas sur la durée.

Et ce n’est pas Scepter of Apocalyptic Might qui va nous faire dire le contraire. Ici, des éructations Death surgissent pour offrir un titre très court (moins de trois minutes) et d’une violence exacerbée. On n’est pas là pour tergiverser, on est là pour en prendre plein la tronche, et en ressortir éreinté. Après, est-ce ce que l’on attend d’un album de Black ? Peut-être. Mais on est aussi en droit d’en attendre davantage, notamment dans le travail de l’ambiance. Intercession of the Living Dead va alors peaufiner cela. Le début est très calme, avec un bruit de vent et quelques arpèges aériens à la guitare, donnant alors un air lugubre à l’ensemble. Le titre se décante petit à petit, jusqu’à devenir un morceau qui mélange allègrement les moments Death et les fulgurances Black. Il s’agit-là du titre le plus accessible de l’album, et finalement le plus réussi.

D’ailleurs, techniquement, c’est plutôt bon, notamment sur les guitares qui possèdent une vraie identité. Le morceau crée du liant avec Adoration of Holy Host, qui va se construire petit à petit, montant alors crescendo pour nous asséner des coups de massue au niveau des riffs. Si on ne sort pas d’un carcan rigide, le plaisir d’écoute est bien présent, et on reste dans du Black de qualité. Enfin, Cloaked in a Robe of the Sun ferme l’album avec un retour aux sources et une batterie qui semble sortir d’un logiciel. Cela nous sort de l’ambiance macabre qui réside dans ce morceau, noyant alors les riffs intéressants sous un déluge de double-pédale venu d’un autre monde. C’est dommage, car il y avait certainement matière à faire bien mieux, notamment en guise de conclusion. Comme un petit morceau atmosphérique qui aurait permis de voir la lumière à travers les ténèbres.

Au final, Pactum Sanguine Novo, le dernier album de Dawnbreaker, n’est pas un mauvais effort de Black métal, mais il reste un skeud classique et sans grande surprise. Cullen Toner reste dans sa zone de confort et ne déroge pas à la règle d’un Black calibré, malgré ses intentions chrétiennes et ses paroles qui sortant du carcan du genre. En bref, il s’agit d’un album plaisant, qui sustentera les fans de Black, mais auquel il manque un élan de personnalité.

  • The Sanctity in Blood
  • Ritual of Purification
  • Sacrifice of the Eternal High Priest
  • Freed from the Curse of the Law
  • Scepter of Apocalyptic Might
  • Intercession of the Living Dead
  • Adoration of Holy Host
  • Cloaked in a Robe of the Sun

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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