
Avis :
Faire un comeback est toujours un risque dans l’industrie musicale. Peut-être que certains ont oublié l’existence même du groupe, d’autres ne l’ont jamais connu, et pire, le groupe est peut-être resté bloqué dans les années de sa séparation. Fondé en 1989 par des potes qui travaillaient dans le même hôpital, Clawfinger est considéré comme l’un des précurseurs du Rap Métal, ou ce que l’on appellera plus le Nu-Métal. La consécration arrive en 1993 avec leur premier album, Deaf Dumb Blind, et jusqu’en 2013, les choses vont bon train, avec un septième album paru en 2007, et des tournées qui s’enchaînent. Pour autant, le groupe s’arrête, même s’il fera quelques apparitions dans des concerts et des festivals. Dix ans après leur dernier album, les suédois se décident alors à sortir un nouveau morceau, avec Save Our Souls, titre qui ne sera pas disponible dans le tout dernier album.
Parce que oui, Clawfinger est de retour treize ans après sa séparation, et dix-neuf ans après leur dernier album (Life Will Kill You). Les fans les plus résolus étaient au courant depuis 2019, année où est sorti Tear You Down, morceau présent dans le nouvel album. Un autre titre sort alors en 2022, Environmental Patients, et le groupe annonce en juin 2025 avoir signé sur un nouveau label, une filiale qui appartient à Reigning Phoenix Music. Il faudra néanmoins attendre février 2026 pour voir débouler Before We All Die, le huitième album des suédois, et on peut se demander si l’attente en valait la peine. Le groupe est-il resté bloqué dans les années 2000 avec son mélange de Rap et de Métal ? Les textes souvent engagés le sont-ils toujours autant ? Ce retour est-il pertinent aujourd’hui, avec la profusion de nouvelles formations aux élans modernes ?
Le premier morceau est Scum, et il a été annoncé avec le lancement de l’album. C’est un titre relativement nerveux, qui joue beaucoup sur son gimmick à la guitare. Dès l’entame, on sent une certaine influence qui provient de Body Count, notamment dans le chant et les intonations de Zak Tell. Les paroles sont très engagées et s’en prennent volontairement à tous les racistes et sexistes qui existent malheureusement sur notre planète. Le premier problème que l’on va noter avec ce titre, c’est qu’il manque cruellement de variation et de technique. C’est très redondant, et le break avec des voix de radio ne vaut pas grand-chose. Et ce côté un peu répétitif, on va l’avoir sur quasiment tous les morceaux. Ici, il ne faudra pas chercher de solos travaillés, ni même d’ambiance un peu mortifère. On fonce tête baissée dans les sujets qui fâchent, et on n’en démord pas.

C’est ce qui se passe avec Ball & Chain qui se veut encore plus linéaire que le précédent morceau. C’est sympa, les riffs sont bien lourds, on ressent fortement le côté Nu-Métal des années 2000, mais tout ça manque d’évolution. Tear You Down s’amuse avec un gros riff et une répétition électro, faisant écho au Nu des années 90/2000, et c’est plutôt bien fichu, court et concis, mais ça manque d’originalité, de modernité. Big Brother propose quelques éléments plus industriels dans son démarrage, mais globalement, on reste dans la même veine que ce que propose le groupe depuis le début de l’album. L’ennui commence à se faire un peu sentir. Linked Together possède une légère vibe Linkin Park dans son introduction, et le refrain est bien catchy, faisant de ce titre l’un des plus addictif de l’effort. Il est dommage que tout cela manque d’originalité.
A Perfect Day va venir nous titiller un peu plus les tympans. Ici, on est loin, très loin du métal, pour aller vers un morceau hip-hop très sympathique et inspiré. Le début est très joyeux à l’image des paroles, puis petit à petit, les choses s’assombrissent, la musique devient dissonante, et les paroles transforment la journée idyllique en véritable cauchemar. Il est dommage que le morceau suivant soit si peu intéressant. Going Down (Like Titanic) a le gros problème d’avoir un refrain très court, et d’une nullité affligeante. Heureusement, You Call Yourself a Teacher est un peu plus virulent et lâche les vannes au niveau des riffs. A Fucking Disgrace joue alors un aspect country plutôt amusant, et Kill the Dream trouvera un bon équilibre entre rap et métal. Puis Environmental Patients et Before We All Die reviennent à des bases même du Nu-Métal typique des années 2000.
Au final, Before We All Die, le dernier album de Clawfinger, qui signe un comeback retentissant après treize ans sous silence, est un album plaisant à plus d’un titre, et qui reste fidèle à l’image du groupe. On retrouve un Nu-Métal engagé et percutant, ce qui fait du bien en ces temps moroses. Néanmoins, on peut aussi y voir une certaine régression, avec des morceaux un peu monolithiques, et un chant très classique qui manque de tessiture et de variations. Bref, les suédois reviennent en forme, mais au sein d’un effort qui manque sans aucun doute d’originalité, et semble un peu bloqué dans les années 2000.
- Scum
- Ball & Chain
- Tear You Down
- Big Brother
- Linked Together
- A Perfect Day
- Going Down (Like Titanic)
- You Call Yourself a Teacher
- A Fucking Disgrace
- Kill the Dream
- Environmental Patients
- Before We All Die
Note : 13/20
Par AqME
