juin 13, 2026

Armored Saint – Emotion Factory Reset

Avis :

Fondé au début des années 80, Armored Saint fait partie des piliers du Heavy Métal américain. Formé autour des frères Sandoval et du bassiste Joey Vera, le line-up ne va guère bouger, et pourtant la vie du groupe sera relativement tumultueuse. Jusqu’à faire deux hiatus assez longs, le premier de 1992 à 1999 et le deuxième de 2003 à 2006. Le plus étonnant dans tout ça, c’est que le groupe a quand même le même line-up depuis 1989, et on pourrait imputer la faute à des projets trop nombreux, notamment pour Joey Vera, qui cumule un nombre impressionnant de side-projects et de participations en sessions live. Bref, cela fait vingt ans maintenant que les américains ne se sont plus séparés et Emotion Factory Reset est leur neuvième album studio, le quatrième depuis leur reformation qui date, rappelons-le, de 2006.

Et on peut dire que cet album était plus ou moins attendu au tournant, du moins par les fans, car le précédent opus, Punching the Sky, était une réelle réussite. Les américains avaient fourni un opus dense, percutant dans les riffs, et clairement nerveux. De ce fait, on était en droit d’en attendre davantage de ce nouvel album, avec son chevalier dégueulasse fait par intelligence artificielle, afin de confirmer la grande forme de Armored Saint. Et le résultat, même s’il ne sera pas à la hauteur de nos espérances, montre tout de même que le groupe tient la forme, et détient un Heavy jovial bien senti, qui fait du bien. Tout commence avec Close to the Bone, et c’est une excellente entrée en matière. Le riff est percutant, on sent que le groupe a envie de bien faire les choses, tout en restant dans quelque chose de très lumineux.

D’ailleurs, cette sensation de jovialité est très communicatrice, et on prend du plaisir à l’écoute, même si on sent que certains titres sont en deçà. C’est le cas par exemple de Every Man – Any Man qui remugle un peu les années 80 dans sa rythmique et sa mélodie. Le morceau manque d’allant et de nervosité, même si on entend un très gros travail autour de la basse. Le groupe s’enferme un petit peu dans un Heavy qui manque de modernité, et c’est dommage. Heureusement, Not on Your Life va venir nous secouer et nous réveiller. La rythmique s’emballe, les riffs sont plus véloces, et on prend beaucoup de plaisir à l’écoute de ce titre qui ne révolutionne rien mais prouve la très bonne santé de la formation. Tout comme Hit a Moonshot qui, de prime abord, ne paye pas de mine, mais se révèle au bout de plusieurs écoutes.

Le son est relativement massif, et surtout, on aura droit à un joli solo qui démontrera le talent des deux guitaristes. Buckeye va surprendre de par sa direction artistique. Le côté country est totalement assumé, avec un mid-tempo qui n’est pas dans les habitudes du groupe. Pourtant, comme pour les autres titres, on va prendre plaisir à l’écoute, parce que c’est bien exécuté, et que c’est fait avec un certain sens de la mélodie. Compromise sera aussi un excellent morceau, notamment de par sa brièveté mais qui ne délaisse jamais la technique, avec quelques échanges musicaux grisants et savamment organisés. On sera un peu plus sceptique autour de It’s a Buzzkill, car le titre manque d’accroche et de moments vraiment marquants. Même le refrain est clairement en deçà, ne restant jamais en tête, avec une rythmique qui ne bouge pas d’un iota du début à la fin.

Throwing Caution to the Wind est un morceau qui redresse un peu la barre. Même s’il reste un peu trop ancré dans les années 80 et le chant ne va pas forcément avec la mélodie, il détient un savoir-faire unique qui fait que l’on passe un moment d’écoute qui n’est pas si déplaisant. Ladders and Slides sera un titre plus entrainant et plus puissant, même si on sent une certaine nostalgie, et que cela manque tout de même d’un peu de nouveauté, ou de mise en danger. Avec Bottom Feeder, le groupe renoue avec les riffs virevoltants de l’album précédent. Si on reste sur du Heavy, il y a quand même plus de rugosité dans la saturation des grattes, et cela donne une belle impression de massivité. Enfin, Epilogue clôture l’ensemble de fort belle manière, même si on reste dans un Heavy classique ici.

Au final, Emotion Factory Reset, le dernier album de Armored Saint, est un bel effort, qui prouve que les américains sont en forme, et que le poids des années ne compte pas vraiment. Si on peut regretter que cet album ne soit pas aussi fort que le précédent, il reste un disque fort recommandable, surtout pour ceux qui cherchent du Heavy lumineux, avec néanmoins quelques pointes plus percutantes.

  • Close to the Bone
  • Every Man – Any Man
  • Not on Your Life
  • Hit a Moonshot
  • Buckeye
  • Compromise
  • It’s a Buzzkill
  • Throwing Caution to the Wind
  • Ladders and Slides
  • Bottom Feeder
  • Epilogue

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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