janvier 27, 2023

Big Big Train – Grimspound

Avis :

Il arrive de temps à autre que des groupes passent sous nos radars, alors même qu’ils officient dans un genre que l’on apprécie. C’est un peu le cas de Big Big Train, groupe de rock progressif anglais formé en 1990 et qui se destinait à des sorties studios, sans faire aucun concert. Mais le groupe va connaître un certain succès, il va s’entourer de musiciens de talents, jusqu’à faire des concerts et continuer aujourd’hui à sortir des albums. Et ce malgré le décès soudain du chanteur, David Longdon, l’année dernière. Groupe très actif, surtout ces dernières années, avec un album en 2016, deux en 2017 (dont Grimspound qui nous préoccupe ici), un en 2019, un en 2021 et un en 2022, Big Big Train arrive tout de même à sortir des pièces assez imposantes, avec des titres qui dépassent aisément les dix minutes. Exemple avec cet album étonnant.

Un grand album ?

Parmi la pléthore d’albums sortis par le groupe, pourquoi se concentrer sur celui-ci ? Tout d’abord parce qu’il est le premier du groupe à rentrer dans les charts, avec de bonnes ventes. L’album est monté à la quarante-cinquième place, ce qui a permis à la formation de se faire connaître un peu plus. Ensuite, c’est aussi un album assez particulier de par sa création, puisqu’il devait être une extension de l’album précédent, Folklore, mais il s’est alors transformé en un effort complet. Un effort qui force le respect dès son entrée en matière, puisque malgré le faible nombre de pistes (huit), on dépasse largement l’heure d’écoute. Un fait rare et couillu pour un album qui s’est bien vendu. Bref, Dès le démarrage, on est mis en condition avec Brave Captain qui dure plus de douze minutes.

Cela va permettre de tâter un peu les prouesses musicales et la structure même d’un morceau dans le groupe. Et c’est impressionnant. On passe d’un solo de clavier à un solo de guitare sans problème, des violons s’invitent à la fête et le chant, tout en douceur, rajoute une ambiance apaisante à l’ensemble. Et c’est très étonnant, car lorsque le groupe veut envoyer un peu, il le fait à l’aide des grattes et des basses, mais il retrouve rapidement ses atours calmes grâce à la voix du défunt chanteur. Ces moments très longs sont assez intéressants car ils sont différents entre eux. Par exemple, Experimental Gentlemen ira vers un Rock Prog très classique, alors que A Mead Hall in Winter va nous faire voyager dans différentes sphères. Il y a un équilibre fabuleux entre les parties et même si on dépasse les quinze minutes d’écoute, on reste scotché.

Et les morceaux « courts » ?

Si trois titres dans cet album dépassent allègrement les dix minutes, il est aussi ponctué de morceaux qui durent un peu moins longtemps. Et même dans cet exercice plus convenu, Big Big Train arrive à surprendre. Déjà de par sa douceur, avec des plages comme The Ivy Gate qui démarre avec un beau chant féminin, ou encore Meadowland, qui offre une place de choix au violon. Cet instrument prend toute son ampleur dans les morceaux précités, donnant des airs très irlandais aux mélodies. On peut aussi noter le morceau instrumental On the Racing Line qui commence comme un tube des Who, mais qui s’écarte rapidement de ce chemin. Enfin, As the Crow Flies synthétisera tout ce que le groupe est, c’est-à-dire un savant mélange de technique, de complexité, mais aussi et surtout de douceur et d’accessibilité. Une dualité qui trouve tout son charme et permet au groupe de nous toucher.

Au final, Grimspound, le dixième album de Big Big Train, est une superbe réussite. Si c’est le genre de Rock Progressif à écouter dans un rocking chair avec une tisane à la main, il n’en demeure pas moins qu’au-delà des émotions procurées, il réside dans cet effort des prouesses techniques folles et une envie de construire des morceaux complexes, mais accessibles au tout-venant. Un exercice périlleux, alternant entre titres très longs et plus courts, mais aussi et surtout compositions expérimentales et moments plus limpides. Un jeu d’équilibriste parfaitement réussi par la formation qui, on l’espère, se remettra du décès de son chanteur, pour fournir d’autres albums aussi fortiches !

  • Brave Captain
  • On the Racing Line
  • Experimental Gentlemen
  • Meadowland
  • Grimspound
  • The Ivy Gate
  • A Mead Hall in Winter
  • As the Crow Flies

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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