
Titre Original : The History of Sound
De : Oliver Hermanus
Avec Josh O’Connor, Paul Mescal, Chris Cooper, Molly Price
Année : 2026
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Historique, Romance
Résumé :
Lionel, jeune chanteur talentueux originaire du Kentucky, grandit au son des chansons que son père chantait sur le perron de leur maison.
En 1917, il quitte la ferme familiale pour intégrer le Conservatoire de Boston, où il fait la rencontre de David, un étudiant en composition aussi brillant que séduisant, mais leur lien naissant est brutalement interrompu lorsque David est mobilisé à la fin de la guerre.
En 1920, réunis le temps d’un hiver, Lionel et David sillonnent les forêts et les îles du Maine pour collecter et préserver les chants folkloriques menacés d’oubli. Cette parenthèse marquera à jamais Lionel.
Au cours des décennies suivantes, Lionel connaît la reconnaissance, la réussite, et d’autres histoires d’amour au fil de ses voyages à travers l’Europe. Mais ses souvenirs avec David le hantent encore, jusqu’au jour où une trace de leur œuvre commune ressurgit et lui révèle combien cette relation a résonné plus fort que toutes les autres.
Avis :
Oliver Hermanus est un réalisateur sud-africain qui s’est imposé ces dernières années comme une nouvelle voix du cinéma contemporain. On se souvient de lui pour « Moffie« , un film dur sur l’homophobie et le service militaire en Afrique du Sud. Puis pour « Vivre« , le remake anglais de « Ikiru » d’Akira Kurosawa, porté par un immense Bill Nighy. Oliver Hermanus, c’est quelqu’un qui aime filmer le temps, les êtres, les silences, avec un style élégant. Pour son nouveau film, le réalisateur avait l’envie de réunir la beauté d’une reconstitution historique avec une histoire intime. Une histoire d’amour mais aussi une histoire de transmission.

« Le son des souvenirs« , rien que son titre est beau, et je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce cru 2025 du metteur en scène sud-africain. « Le son des souvenirs » est un film qui est très bien filmé. Il y a une ambiance et une élégance qui accrochent immédiatement. Le film est envoûtant d’un bout à l’autre, avec de très jolies envolées.
« Paul Mescal et Josh O’Connor, ensemble, ils crèvent l’écran
Avec ça, Oliver Hermanus nous offre en tête d’affiche un duo de comédiens ô combien magnifique. Un couple de cinéma magnifique et simple en même temps, qu’on a envie de suivre en permanence : Paul Mescal et Josh O’Connor. Ensemble, ils crèvent l’écran, ils donnent vie à une histoire qui aurait pu paraître convenue, mais qui au final est prenante, sincère, touchante. Ils sont la grâce du film. Après, il y a un problème, et pas des moindres : c’est trop long. Deux heures et sept minutes pour raconter cette histoire, c’est trop. Le film traîne par moments, il étire certains passages, et ça abîme un peu l’émotion ressentie. Mais malgré ça, j’ai été pris, parce que l’ensemble est beau, très beau.
Au début du XXe siècle, à Boston, deux jeunes hommes que tout oppose se rencontrent par hasard dans un bar. C’est un chant populaire qui les rassemble. Leur rencontre va se transformer en histoire d’amour, une histoire fragile. Ensemble, ils vont tenter de préserver ces chants, ces sons d’une époque qui disparaît.
Ce qui est beau dans « Le son des souvenirs« , c’est avant tout son originalité. L’histoire est intéressante, elle ne ressemble pas à ce qu’on voit habituellement dans les drames historiques. Oliver Hermanus ne se contente pas de raconter un amour interdit. Non, on peut dire que ce n’est qu’une ficelle de cette histoire et ça fait du bien de voir des personnages qui sont définis autrement que par le fait qu’ils soient homosexuels.
« Oliver Hermanus tient un film riche »
Ici, le réalisateur inscrit cette histoire dans une époque précise, avec une reconstitution qui a un vrai charme. On est dans l’Amérique du début du siècle dernier, et tout est soigné : les décors, les costumes, la lumière. Mais ce qui donne son âme au film, ce sont ces chants. Ces chants populaires, transmis de génération en génération, qui deviennent à la fois des trésors à sauvegarder et des souvenirs vivants. C’est magnifique, c’est envoûtant, et ça donne un souffle unique au film. À plusieurs reprises, le film s’envole quand toutes ces voix s’accordent et l’on en est très ému.
Avec ça, Oliver Hermanus tient un film riche. Riche d’une écriture qui aborde beaucoup de sujets en même temps. S’il n’en fait pas son sujet principal, l’homosexualité cachée de cette époque-là est bien présente. L’amour entre hommes était tabou, réprimé, étouffé. Le réalisateur parle aussi du traumatisme de la Première Guerre mondiale, des vies brisées, des mémoires hantées. Tous ces thèmes se croisent, se répondent, et donnent une vraie richesse au récit.
« il y a un souci : sa longueur. 2h07, c’est trop »
Puis « Le son des souvenirs« , c’est un film qui est magnifiquement tenu. Paul Mescal est comme toujours parfait. Il a une intensité, une vérité, qui fait que chaque regard, chaque silence est beau. Josh O’Connor, lui, continue son beau parcours. Il confirme qu’il est l’un des acteurs les plus intéressants de sa génération. Et ensemble, ils forment un couple de cinéma superbe. Ce qui marche aussi, c’est que le scénario leur laisse des moments à eux. Pas seulement des scènes de couple, mais des scènes individuelles, des moments où chacun vit son drame, son silence, ses hésitations. Ça rend l’ensemble plus fort, plus nuancé. Bref, de ce côté-là, tout est beau. Tout est intéressant. Et surtout, tout est prenant.
Mais voilà, comme je le disais en préambule, il y a un souci : sa longueur. 2h07, c’est trop. À plusieurs reprises, on sent le film tirer en longueur. Des scènes qui auraient pu durer deux minutes et qui en font plus, juste pour le silence… Ça s’étire inutilement. Et ça, ça finit par abîmer l’émotion. On est ému, puis ça s’étire, et ça s’affaiblit. On reste accroché grâce à la beauté de l’image, grâce aux acteurs, mais on se dit qu’avec vingt minutes de moins, ça aurait été plus fort, plus percutant. C’est dommage.

Au bout du compte, malgré ses longueurs, « Le son des souvenirs » offre des scènes superbes, des moments en total apesanteur, notamment un final magnifique qui ramène tout à l’idée de mémoire vivante à travers ces chants envoûtants et les souvenirs. Certes, le film est imparfait, trop long, il s’étire et affaiblit parfois l’émotion, mais il reste très touchant. « Le son des souvenirs » est une œuvre élégante et forte, portée par Paul Mescal et Josh O’Connor, un couple magnifique. Le film traverse avec finesse beaucoup de thèmes et l’on en sort touché, avec des images en tête et une musique qui continue de résonner.
Note : 13/20
Par Cinéted
