
De : Pierre Salvadori
Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons
Année : 2026
Pays : France
Genre : Comédie, Romance
Résumé :
Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…
Avis :
Pierre Salvadori est un excellent réalisateur qui, depuis une trentaine d’années, nous régale avec des comédies qui ont toujours ce petit truc en plus. Alors que beaucoup de comédies françaises font dans la facilité, le gag et comptent surtout sur des humoristes, Pierre Salvadori, lui, arrive toujours à tenir une vraie idée intéressante au sein de ses histoires. Pour son nouveau film, “La Vénus électrique” donc, Pierre Salvadori en a eu l’idée en 2016, alors qu’il était acteur sur “Planétarium” de Rebecca Zlotowski. Dans ce film, il y jouait un réalisateur dont le scénario du futur film reposait sur une arnaque : une fausse voyante faisant croire à un jeune peintre qu’elle pouvait entrer en contact avec sa défunte épouse.

Et nous voilà dix ans après, et cette idée fait l’ouverture du prestigieux festival de Cannes. Alors avec un tel choix, forcément que le film était attendu au tournant, et malgré des retours assez mitigés, moi, je dois dire que je me suis laissé prendre dans cette petite histoire assez mignonne. Alors oui, c’est vrai, ce n’est pas le meilleur film de Pierre Salvadori et oui, il est parfois un peu facile et prévisible, mais au-delà de ça, “La Vénus électrique”, c’est une comédie qui amuse l’espace d’une soirée. L’idée est bonne, l’alchimie entre ses personnages fonctionne très bien et la curiosité nous tient jusqu’à la fin.
« “La Vénus électrique” reste un film qui a énormément de charme »
1928, Paris. Non, plus précisément Porte de Saint-Ouen. Antoine est un jeune peintre rongé par les remords. Cela fait cinq ans qu’il ne cesse de pleurer sa défunte épouse. Ce soir-là, ivre, il entre dans la roulotte de Claudia, une voyante. Sauf qu’à la place de tomber sur la dite voyante, il tombe sur Suzanne, la “Vénus electrifica”. En gros, c’est une jeune femme qui se fait électrocuter toute la journée afin d’offrir des baisers électriques aux clients du spectacle. Par un quiproquo, Antoine pense que Suzanne est Claudia et qu’elle est donc voyante. Il lui propose alors beaucoup d’argent pour rentrer en contact avec son aimée… Une somme que Suzanne ne peut refuser. Commence alors une histoire de fantômes, d’amitié, d’amour, d’espoir et de renaissance…
Envie d’une petite comédie romantique délicieusement rétro, teintée d’arnaques, de bons sentiments, d’amour perdu, de regrets et d’espoir ? Alors laissez-vous tenter par le nouveau film de Pierre Salvadori.
Ce qui est bien avec Pierre Salvadori, c’est que même un “petit” Salvadori se pose comme bien meilleur que beaucoup d’autres films. “La Vénus électrique”, c’est un film qui débarque avec une idée originale et amusante. Alors oui, parfois certains rebondissements sont un peu gros et convenus, histoire de faire avancer la machine, mais sur l’ensemble, “La Vénus électrique” reste un film qui a énormément de charme. C’est un film qui tient bien sa comédie tout en nous réservant quelques surprises, histoire qu’on reste accroché d’un bout à l’autre.
« c’est aussi un film porté par son quatuor d’acteurs »
Bien écrit dans sa globalité, on suit cette intrigue le sourire aux lèvres, car il y a une vraie espièglerie dans cette histoire. Et comme les personnages sont tous en relief, se tournant un peu autour les uns des autres, on garde l’œil ouvert et l’esprit en alerte pour voir comment toute cette histoire va bien pouvoir se terminer. Et le final est assez surprenant d’ailleurs. Aussi bien dans ce qu’il raconte que dans la manière dont il redéfinit l’intrigue et les personnages. Bref, comme je le disais, même un petit Salvadori, ça reste un film qui a de l’intérêt et une vraie pertinence dans ce qu’il raconte.
“La Vénus électrique”, c’est aussi un film porté par son quatuor d’acteurs. C’est vrai que le duo Pio Marmaï et Anaïs Demoustier fait des ravages, mais il ne faudrait surtout pas oublier un pétillant Gilles Lellouche, qui hérite de très belles répliques, ainsi qu’une Vimala Pons vraiment touchante. Tout ce petit monde fonctionne parfaitement ensemble et donne beaucoup de vie au film.
On ajoutera à cela une belle plongée dans le Paris des années folles, avec une mise en scène soignée et des décors qui participent énormément au charme du projet. Ça manque parfois un peu de punch, il y a quelques longueurs, mais Pierre Salvadori se rattrape toujours, partageant constamment son film entre comédie et drame. Et c’est peut-être là aussi que le film fonctionne le mieux : derrière son côté léger et rétro, il parle finalement beaucoup du deuil, de la solitude et de la difficulté à avancer quand on reste bloqué dans le passé.

Au bout du compte, “La Vénus électrique” n’est peut-être pas le film le plus marquant de Pierre Salvadori, mais ça reste une petite parenthèse très agréable. Une comédie romantique tendre, drôle et parfois mélancolique, qui réussit à faire sourire tout en gardant un vrai fond émotionnel. Et franchement, dans un paysage où beaucoup de comédies se ressemblent, retrouver l’univers de Salvadori fait toujours du bien.
Note : 13/20
Par Cinéted
