janvier 27, 2022

Gambit Arnaque à l’Anglaise

Titre Original : Gambit

De : Michael Hoffman

Avec Colin Firth, Cameron Diaz, Alan Rickman, Tom Courtenay

Année : 2013

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Pour voler Lionel Shabandar, l’un des hommes les plus riches d’Angleterre, Harry Deane monte une arnaque minutieusement pensée avec l’aide de son complice. Il espère lui vendre un faux Monet. Pour la réussite de son plan, il a besoin d’une reine du rodéo excentrique et imprévisible tout droit venue du Texas, qui doit prétendre que son grand-père a dérobé le tableau à la fin de la Seconde Guerre mondiale…

Avis :

Réalisateur américain très discret, Michael Hoffman est de ceux qui ont une carrière plutôt prestigieuse, mais qu’on connaît peu, voire pas du tout. Débutant dans les années 80, Michael Hoffman, c’est douze films répartis sur près de quarante ans. Parmi ses films les plus connus, on citera alors « Un Beau jour » en 1996 ou encore « Le Songe d’une nuit d’été » en 1999.

Après s’être attaqué à Tolstoï en 2010 avec « Tolstoï, le dernier automne« , Michael Hoffman avait envie de quelque chose de plus léger. Contacté par les frères Coen, dont « Gambit … » est écrit par eux, le réalisateur accepta cette histoire au demeurant amusante. Une histoire et donc un film qui est un remake de « Un Hold-up extraordinaire« , film de Ronald Neame sorti en 1966.

« Gambit, arnaque à l’anglaise » est le genre de petite comédie dont on a d’emblée envie de lui faire confiance, tant elle enchaîne les bons arguments. Ecrite par les frères Coen, tenant un bon réalisateur, Firth/Diaz/Rickman en tête et puis, comme son titre l’indique, c’est un film d’anarque (genre que j’affectionne) mais malheureusement, le film de Michael Hoffman se pose comme une déception devant laquelle on reste dans l’attente qu’elle démarre, et surtout qu’elle nous amuse.

Harry Dean a son patron en horreur et il compte bien l’arnaquer d’ici quelques semaines. Pour cela, Harry a monté un plan parfait, dans lequel, si tout va bien, il va vendre un faux Monet à son odieux parton. Le plan se distingue en plusieurs étapes et la première est de faire croire qu’un tableau a été « retrouvé » par hasard, au Texas, chez P.J. Puznowski, une jeune américaine fan de rodéo.

Je ne pensais pas trouver non plus un film exceptionnel, mais à la vue de tous les bons arguments que le film envoyait, ce « Gambit, arnaque à l’anglaise » avait tout l’air d’être une petite comédie sympathique, qui habillerait très bien ma soirée. Alors bien sûr, le film se laisse regarder sans mal, mais on ne peut pas non plus dire qu’il est excellent ou même divertissant, un sentiment d’autant plus poussé qu’on trouve les frangins Coen à l’écriture.

Si la réalisation de Michael Hoffman manque de peps et de délire, « Gambit … » reste plutôt bien filmé, et il tient son petit cachet. On notera aussi du côté des bons points, des personnages hauts en couleurs, tenus par de bons comédiens. Colin Firth est parfait, Alan Rickman est foncièrement désagréable ce qui fait qu’on aime le détester. Cameron Diaz, en cow-girl un peu bouseuse sur les bords, s’amuse. Et l’on pourra compter sur la participation amusante de Stanley Tucci.

Mais voilà, une fois qu’on a fait le tour de ça, malheureusement, cette liste de bons arguments n’arrivera jamais à faire le poids face à tout ce qui ne va pas dans ce film et en première position, on retrouve l’écriture des Coen. D’ailleurs, c’est très étrange, car si l’on cherchait le piquant des Coen, « Gambit … » n’a rien de ça, et de manière encore plus étrange, entre sa voix off, les gesticulations et le désespoir de Colin Firth, cette galerie de personnages hauts en couleurs, ou encore cet humour, tout dans ce film fait penser à un Woody Allen raté. C’est vraiment très étrange comme sensation, mais à la rigueur, ça aurait pu passer si l’intrigue avait su tenir la route, ce qui n’est pas le cas ici.

Outre l’arnaque qui est d’une simplicité sans bornes, ce qui a bien du mal à fonctionner dans « Gambit … », c’est tout ce que le scénario va imaginer et inventer pour faire de la comédie. Si comme je le disais, ça se laisse regarder, bien souvent, le film se complique la trame pour pas grand-chose, il fait des détours pour pas grand-chose, il croit garder des surprises et une forme de suspens alors que tout est cousu de fil blanc. Et pire encore, parfois, pour gagner du temps et faire de la comédie, il part dans des errances dont on cherche encore à savoir pourquoi. Franchement, toute la scène autour d’un vase que le personnage de Colin Firth veut voler est incompréhensible. Peut-être amusante, dans le sens où elle peut nous faire sourire, mais dans le film, elle n’a pas lieu d’être, car elle n’apporte rien, et ne va nulle part. Ça aurait pu être une scène comme ça, mais ce qui fait qu’on la remarque plus qu’une autre, c’est parce qu’elle est assez longue et surtout qu’elle ne débouche sur rien. Ou si, elle se conclut par une réplique extraordinaire de Pip Torrens, qui résume à elle seule une belle partie de la mentalité anglaise. Mais voilà, c’est trop long pour rien et au-delà de ça, si l’on se recentre sur l’intrigue et cette arnaque, le film de Michael Hoffman, que ce soit en arnaque, en comédie et en humour.

Ainsi donc, « Gambit, arnaque à l’anglaise » est une belle déception. Certes, le film de Michael Hoffman se laissera regarder, mais franchement, au vu de tous les arguments qu’il mettait en avant face au résultat de cette comédie pauvre, qui survole son arnaque, ses personnages, son intrigue et son humour, « Gambit… » demeure un film devant lequel on reste dans l’attente qu’il commence vraiment. Et comme il ne va jamais plus loin, qu’il reste hyper léger, finalement, « Gambit … » se pose alors comme un film d’acceptation, l’acceptation d’un film qui va peu à peu se poser comme une déception et nous ennuyer.

Note : 08/20

Par Cinéted

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