
Titre Original : Gekijouban Ansatsu Kyoshitsu: Minna no Jikan
De: Masaki Kitamura
Avec les Voix Originales de Jun Fukuyama, Mai Fuchigami, Nobuhiko Okamoto, Aya Suzaki
Année : 2026
Pays : Japon
Genre : Animation
Résumé :
Dix années se sont écoulées depuis la conclusion de l’une des séries les plus détonantes de sa génération, et les élèves de la classe 3-E reviennent enfin sous les projecteurs, pour notre plus grand plaisir ! Unis autour d’une même mission visant à éliminer leur professeur, Koro-sensei, une créature extraterrestre dotée d’une force phénoménale, retrouvez dès à présent Nagisa et ses camarades au travers d’aventures inédites, adaptées pour la première fois en version animée.
Avis :
Masaki Kitamura est un réalisateur japonais encore relativement discret, qui a surtout évolué dans l’univers de l’animation et des adaptations. Il s’inscrit dans cette génération de metteurs en scène capables de reprendre des franchises populaires issues du manga ou de l’anime pour les décliner en films. Avant “Assassination Classroom The Movie : Our Time”, il a principalement travaillé sur des projets liés à des univers déjà installés, avec une mise en scène souvent rythmée et très marquée par les codes de l’animation japonaise moderne.

Depuis quelque temps maintenant, arrivent dans nos salles des mangas sur de très courtes périodes. “Assassination Classroom The Movie : Our Time” est sorti sur deux jours seulement et, lorsque je suis tombé dessus, il y avait de quoi se marrer… Le synopsis annonçait quelque chose d’original et assez déjanté… Eh bien, grand mal m’en a pris, car “Assassination Classroom…” s’est imposé purement et simplement comme un calvaire, et je pèse mes mots. Hystérique, épuisant, absolument pas amusant, sans queue ni tête, avec des intrigues sorties au forceps, cette séance de cinéma n’aura réussi à me provoquer qu’un mal de tête, c’est dire !
« C’est bien simple, ça hurle en permanence »
Dix ans après les événements de la série originale, les anciens élèves de la classe 3-E ont poursuivi leur vie. Mais lorsque de nouveaux éléments viennent perturber l’équilibre qu’ils avaient réussi à construire, ils sont contraints de se retrouver. Entre souvenirs du passé, nouvelles menaces et héritage laissé par leur ancien professeur, ils vont devoir faire face à une situation qui les dépasse, tout en tentant de donner un sens à ce qui leur arrive aujourd’hui.
Il y a des films, dès qu’ils commencent, dans les dix premières minutes, on sait déjà qu’on fait un rejet. Ça arrive peu, mais ça arrive, et “Assassination Classroom…” fait partie de ceux-là. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour que l’hystérie du film m’agresse. Oui, oui, m’agresse ! C’est bien simple, ça hurle en permanence, visuellement ça part dans tous les sens et, du côté des nerfs, c’est épuisant d’essayer de raccrocher les deux bouts.
Alors c’est vrai que je n’ai pas vu la série animée dont est tiré ce film, qui se pose comme une suite, dix ans après l’arrêt de la série. Mais bon, j’ai déjà vu des films sans avoir vu les séries, et ça ne m’a certainement pas fait cet effet-là (coucou “Sword Art Online” ou “Chainsaw Man”). Là, il faut s’accrocher et, alors même que le film ne dure qu’une heure vingt, c’est long… mais long…
» c’est complètement éclaté, dispersé »
L’histoire ? Ne cherchez pas, il n’y en a pas. En fait, c’est complètement éclaté, dispersé, et ça donne l’impression que les bribes d’intrigues sont des épisodes ou des bouts d’épisodes qu’on essaye vaguement d’assembler pour donner quelque chose… mais ça ne marche pas. Pire encore, ça ne raconte rien. On passe du coq à l’âne sans l’ombre d’une justification. On ne comprend pas ce que ça veut raconter. Il n’y a pas de ligne claire, pas de direction, pas de fil conducteur auquel se raccrocher. Et ça, c’est vraiment le problème central du film. Parce que même dans un délire total, même dans quelque chose de fou ou de déjanté, il faut une base. Là, il n’y a rien. Juste une succession de scènes, de situations, de moments qui s’enchaînent sans jamais créer de cohérence.
Puis derrière ça, alors qu’on pense pouvoir s’amuser un peu avec ce délire, le film ne provoque qu’une gêne, voire une migraine oculaire. Ça en fait trop. Tout le temps. Ce n’est jamais mesuré. Il n’y a aucune subtilité. Les blagues sont lourdes, insistantes, répétitives… et surtout, elles tombent à plat. On ne sait pas où c’est drôle. On ne comprend pas toujours ce qui est censé faire rire. C’est très compliqué. Parce que le film ne fonctionne ni comme une comédie, ni comme un film d’action, ni comme un film émotionnel. Il reste bloqué dans un entre-deux qui ne mène à rien, si ce n’est perdre son temps.
« On sort de là épuisé. Vraiment. Pas dans le bon sens du terme »
Les personnages, parlons-en. On ne les connaît pas, ou mal. On ne s’y attache pas. Et surtout, on n’a pas envie de s’y attacher. Ils sont nombreux, bruyants, caricaturaux pour la plupart, et aucun ne sort vraiment du lot. On les regarde crier, crier, crier… et il n’y a rien d’autre. Pas l’ombre d’un sujet.
Et au bout d’un moment, on lâche. Complètement. On ne cherche plus à comprendre. On ne cherche plus à suivre. On attend juste que ça se termine. Et ça, c’est quand même un énorme problème pour un film. Même visuellement, alors que ça pourrait être un point fort, c’est trop. Trop chargé, trop rapide, trop agressif. Il n’y a pas de respiration. Pas de moment pour souffler. Pas de pause. Non mais au secours ! On sort de là épuisé. Vraiment. Pas dans le bon sens du terme. Pas parce que le film nous a embarqués, mais parce qu’il nous a vidés.

Au bout de tout ça, “Assassination Classroom The Movie : Our Time” s’impose comme une expérience difficile, presque pénible. Une séance longue, bruyante, confuse, qui ne raconte rien et qui ne donne jamais envie de s’accrocher. Ça fait bien longtemps qu’une séance de cinéma ne m’avait pas imposé une telle souffrance.
Note : 05/20
Par Cinéted
