mai 13, 2026

Darkthrone – Pre-Historic Metal

Avis :

Fondé à la fin des années 80, Darkthrone est à la base un groupe qui fait du Death Métal. Cependant, après plusieurs années et six albums, deux membres du groupe commencent à s’intéresser au Black. Dès lors, ils ne veulent plus vers du Death, ce qui entrainera le départ d’un membre fondateur, qui lui, voulait continuer à faire du Death. Devenu un pilier du genre tout en devenant un duo au début des années 90, Darkthrone continue ses explorations et délivrent des albums qui ne se ressemblent pas. Jouant constamment sur des ambiances délétères et des pochettes moches, le duo norvégien doit aussi sa notoriété à ses rares présences scéniques. Un choix audacieux mais payant, puisque chaque apparition crée l’évènement auprès des fans. De plus, cela leur permet de sortir un album tous les deux ans, prouvant une belle vitalité.

Pre-Historic Metal est le dix-neuvième effort studio du groupe, et il fait suite à It Beckons Us All… qui a bénéficié de très bons retours. Avec ce nouvel album, le duo norvégien est clair, il veut délaisser les ambiances poisseuses et longues pour se consacrer à quelque chose de plus brut et rentre-dedans. Et il faut dire que c’est plutôt vrai. Pre-Historic Metal se veut plus direct, donnant plus d’importance au riffing qu’à autre chose. Pour autant, le groupe garde son image sulfureuse, jouant avec une production légèrement cracra, un chant presque étouffé et des morceaux assez variés qui démontrent tout le talent du groupe à flouter les pistes qu’il emprunte. Tout commence donc avec They Found One of my Graves qui s’avère être une formidable mise en bouche. Les riffs sont impeccables, la mélodie est entêtante, et on retrouve tous les éléments chers à Darkthrone.

D’ailleurs, si on veut présenter le groupe à des novices, il serait presque recommandable de commencer par cet album, qui se veut plus facile d’accès. Pre-Historic Metal, qui déboule derrière, joue plus la carte du Black. Le titre est plus sinueux, plus rapide dans son riffing et sur la batterie. Pour autant, il y a quand même quelques passages plus faciles qui permettent de mieux rentrer dans le morceau. On sent que le groupe (ou plutôt le duo) a mûri et souhaite prendre des risques, notamment après deux excellents albums qui renouaient avec un Black atmosphérique pesant. Siberian Thaw sera un long morceau de plus de six minutes qui va jouer sur la redondance de sa mélodie et de son riff. C’est relativement bien fichu, et cela rend le break d’autant plus marquant et entêtant. Le groupe prouve ici tout son talent et son envie de bousculer les codes.

En abordant Deeply Rooted, on tombe sur quelque chose de plus simple, mais qui manque sans doute de variations. Le titre se fait assez redondant, et il lui manque vraiment un break plus percutant pour vraiment rester dans nos mémoires. Heureusement, le duo se rattrape grandement avec The Dry Wells of Hell qui soigne un peu plus son ambiance. Du moins dans les premières secondes, avec une sensation froide et sombre qui vient planer au-dessus du morceau. Mais les choses vont évoluer vers quelque chose de plus Death, voire Doom/Gothic, délaissant un peu le côté sombre du Black pour aller vers quelque chose de plus « lumineux ». Un terme auquel on ne s’attend pas lorsque l’on parle de Darkthrone, et pourtant… Derrière cela, on aura droit à un interlude glacial avec So I Marched to the Sunken Empire.

Le duo norvégien renoue avec ses ambiance alambiquées et délétères, permettant alors de faire une petite pause avant d’enchaîner avec les deux derniers morceaux. Eat Eat Eat Your Pride n’est pas là pour faire de la figuration. On y reconnait un fort côté Doomy dans le chant, qui résonne presque comme une litanie funèbre, le tout porté par un riff transcendant et surpuissant. Sans véritablement trembler, on peut dire que l’on est sur l’un des meilleurs titres de l’album. C’est à la fois déroutant, entrainant, mais ça rentre idéalement dans le moule que s’impose Darkthrone. Le duo norvégien trouve un vrai équilibre entre prise de risque et zone de confort pour satisfaire les fans. Enfin, Eon 4 clôture l’album avec panache, restant dans l’oraison funèbre de ce nouvel effort qui s’avère très surprenant.

Au final, Pre-Historic Metal, le dernier album de Darkthrone, est un bon effort, qui peut surprendre si l’on s’attend à du Black Metal pure souche. Les norvégiens ont pris la décision de sortir de leur zone de confort et de proposer des titres plus directs, plus percutants, s’éloignant alors d’une atmosphère plus délétère et propice aux paysages enneigés. On aurait pu craindre un effort fait par-dessus la jambe, mais cette prise de risque est payante, et on pourrait même dire que cet album est une excellente porte d’entrée dans l’univers de Darkthrone.

  • They Found One of my Graves
  • Pre-Historic Metal
  •  Siberian Thaw
  • Deeply Rooted
  • The Dry Wells of Hell
  • So I Marched to the Sunken Empire
  • Eat Eat Eat Your Pride
  • Eon 4

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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