
Avis :
On a toujours tendance à réduire la scène Hardcore à des groupes emblématiques américains. Certes, la scène new-yorkaise est impressionnante, et de nombreux groupes du pays de l’oncle Sam sont des piliers du genre (Hatebreed, Emmure, Madball, etc…), mais il serait malvenu de dire qu’ils ont le monopole de ce genre. D’ailleurs, en France, on a aussi nos talents. Le genre est malheureusement peu mis en avant, ce qui pousse à creuser un peu sur internet, mais on a quelques pépites, ou des groupes qui s’amusent à mettre du Hardcore dans leurs compositions. Et là, on peut citer sans trembler Rise of the Northstar. Fondé en 2010 à Tours, Beyond the Styx va prendre du temps avant de s’imposer petit à petit. Un premier album sort en 2015 (Leviathamina), puis trois ans plus tard, on a droit à Stiigma qui va être distribué par Season of Mist.
Les tourangeaux vont alors prendre de la hauteur, tout en changeant constamment de maison de disques. Leur troisième effort, Sentence, va sortir en 2022 chez WTF Records, un petit label néerlandais. Puis c’est quatre ans plus tard que déboule DIVID, leur quatrième album studio, qui nous préoccupe entre ces lignes, et qui est distribué via Innerstrenght Records, un label américain. Et très clairement, les français ont passé un cap. Ils sont devenus plus solides, plus francs, et cet album est leur plus politique, ainsi que leur plus puissant. Et comme tout bon album de Hardcore/Beatdown qui se respecte, on a droit à un disque court et concis, qui ne dépasse pas la demi-heure d’écoute, ce qui n’est pas plus mal, permettant alors une réécoute immédiate, et un plaisir décuplé. Car tout commence dès le premier morceau, Dust Off, qui va nous mettre K.O. immédiatement.
En featuring avec Okan Deniz du groupe I am Revenge, ce premier titre envoie du lourd, aussi bien dans les riffs, rugueux à souhait, que dans le chant, qui pousse tous les curseurs au maximum. Il faut vraiment lutter pour ne pas avoir envie de frapper tout sur son passage et de headbanger comme un zinzin. On retrouve toute cette vibe typique des groupes américains, et c’est vraiment grisant. Cette énergie, cette envie dévastatrice, on la ressent sur tout l’album, et on ne connaîtra aucune baisse de régime. Bystander essaye de soigner son entrée, mais le naturel revient au galop, avec une force de frappe tonitruante, et une forte envie d’en découdre. C’est puissant, mais c’est aussi très structuré, avec un appui lourd de la guitare lorsque le chant arrive. On sent une vraie envie de foutre le bordel dans la fosse, et c’est clairement communicatif.

Never Ending War poursuit ce travail de sape, surtout au niveau de la saturation des grattes, et on appréciera le côté presque Punk qui se dégage de l’atmosphère globale. Les paroles sont pleines de sens aussi, et il est difficile de ne pas ressentir une rage sourde. Chaosystem va travailler un peu plus ses arpèges au niveau des gratte, avec une ambiance un peu plus travaillée. Le côté brut est toujours présent et frappe fort, notamment avec le chant crié du frontman, mais on ressent un travail plus conséquent sur les six cordes. Flowerviolence, avec une intervention de Delphine du groupe Sisterhood Issue, propose un échange sympathique au niveau du chant, qui rentre pleinement dans la violence intrinsèque du morceau, qui balance des riffs comme autant de parpaings dans les oreilles. Une violence salvatrice et libératrice qui fait un bien fou.
Anyone sera le titre le plus long de l’album, avec ses quatre minutes, profitant alors d’une introduction qui offre une bonne ambiance. Le morceau laisse plus de champ aux instruments, qui s’exprimeront de différentes façons au cours du titre, et c’est vraiment très bien fichu. Derrière ça, les quatre derniers morceaux seront là pour envoyer du lourd, et casser des bouches dans le pit. Graveyard FS est d’une efficacité impressionnante et frappe fort de tout son long, avec un groove qui force le respect. Kiss of the Cobra viendra nous fracasser la tête à grands renforts de cris et de riffs saturés, jusqu’à l’épuisement. Puis Deadlock V va aller à l’essentiel pour mieux nous déglinguer avec des breaks de folie. Enfin, Storm of Life clôture l’ensemble avec une colère renouvelé et une rythmique de fou furieux. Et quel organe pour le chanteur !
Au final, DIVID, le dernier album en date de Beyond the Styx, est une réussite sur quasiment tous les plans. Si on peut lui reprocher une certaine répétitivité après plusieurs écoutes, c’est vraiment pour chipoter, car on fait face à un album Hardcore maîtrisé et impressionnant, dans tous les sens du terme. Violent, percutant, sans concession, rapide et concis pour plus d’efficacité, on peut dire que les français envoient du lourd, et n’ont rien à envier aux groupes américains.
- Dust Off feat Okan Deniz de I am Revenge
- Bystander
- Never Ending War
- Chaosystem
- Flowerviolence feat Delphine de Sisterhood Issue
- Anyone
- Graveyard FS
- Kiss of the Cobra
- Deadlock V
- Storm of Life
Note : 17/20
Par AqME
