juillet 18, 2026

Max Payne – Peine Max

De : John Moore

Avec Mark Wahlberg, Mila Kunis, Beau Bridges, Chris O’Donnell

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Action

Résumé :

Max Payne est un flic déterminé à retrouver ceux qui ont brutalement assassiné sa famille et son partenaire. Obsédé par sa quête de vengeance, il laisse son enquête l’entrainer dans un voyage cauchemardesque dans les bas-fonds de l’underground new-yorkais. Tandis que le mystère s’épaissit, Max va devoir affronter de puissants ennemis mais aussi ses propres démons.

Avis :

Le jeu vidéo et le cinéma sont intimement liés depuis maintenant pas mal d’années. Malheureusement, si les jeux sont réussis et deviennent de gros hits, ce n’est pas la même tambouille pour leurs adaptations cinématographiques. Cela n’est pas forcément un hasard, car il est très difficile de renouer l’expérience de jeu, où l’on est actif, avec le cinéma, où l’on est plus passif. Mais si les mauvais films sont très nombreux, on peut tomber sur quelques exceptions, notamment avec des réalisateurs qui ont compris l’ambiance globale du jeu, ou encore qui épousent totalement le côté grand-guignol d’une franchise un peu neuneu. Pour la première option, on peut citer sans ciller Silent Hill de Christophe Gans, et pour la seconde, les Mortal Kombat de Simon McQuoid y répondent plutôt bien. En 2001, un jeu vidéo va marquer les joueurs, Max Payne, et d’emblée, l’envie de faire un film se fait sentir.

Il faudra pourtant attendre sept ans avant que le jeu ne se décline en film, avec l’arrivée de John Moore derrière la caméra. Mark Wahlberg, qui n’est pas un joueur, va tenter de faire de son mieux pour incarner un flic désabusé, qui mène une quête désespérée pour retrouver les assassins de sa femme et de son bébé. A ses côtés, on va retrouver un casting plutôt sympathique, dont une Mila Kunis en marraine de la pègre, un Donal Logue en acolyte désœuvré, ou encore un Beau Bridges en riche magnat qui cache un lourd secret. Bref, tous les voyants étaient plutôt au vert pour cette adaptation, d’autant plus que le réalisateur annonce vouloir coller au mieux à l’histoire, avec des passages oniriques, mais aussi l’utilisation du bullet-time, gadget du jeu qui permet de ralentir le temps pour esquiver les balles et viser les méchants de façon stylisée.

« Un navet infâme, qui ne gagne rien avec les années »

Malheureusement, le film va être tout autre. Un navet infâme, qui ne gagne rien avec les années. Pire, il devient quasiment irregardable, la faute à un scénario nébuleux, des acteurs en roue libre, et une mise en scène qui se saborde systématiquement. Trois points essentiels qui montrent que John Moore est un tâcheron (il a d’ailleurs disparu des radars depuis) et que le film ressemble plus à un suicide artistique qu’autre chose. La première chose qui frappe, c’est cette volonté appuyée de mettre les bouchées doubles sur la morosité de l’ambiance. C’est lourd, tout le monde tire la gueule, il faut tout le temps moche, et il n’y a pas une once de luminosité. Si tout cela peut permettre d’alourdir une atmosphère pesante, elle va surtout alourdir le film. C’est long, c’est lent, c’est lourd, et rien ne viendra titiller la curiosité du spectateur.

Bien évidemment, cela est aussi la faute de John Moore, qui propose une mise en scène réellement dégueulasse. Les fonds verts sont légion pour offrir des décors urbains pluvieux, voire enneigés, mais qui sonnent comme factices. Le travail autour de la lumière est catastrophique, donnant une sorte de filtre laiteux qui fait écho avec des sitcoms pour vieux. Et le pire dans tout ça, c’est que l’on va se taper certains ralentis qui se veulent stylisés, mais qui sont la ringardise incarnée. Ils ne sont là que pour flatter les attentes des joueurs, qui veulent revoir des éléments du jeu, mais d’un point de vue factuel, ils ne servent à rien. Ces passages ne servent pas l’intrigue, ils ne servent la situation dans laquelle ils sont proposés, et on ne peut y voir qu’une note d’intention dans l’espoir d’attirer les joueurs dans les salles de cinéma.

« C’est moche à regarder, c’est mal joué »

Outre une ambiance mortifère et une mise en scène calamiteuse, le scénario n’est pas en reste. C’est bien simple, on ne comprend rien. Max Payne mène une enquête personnelle pour rouvrir le dossier sur le meurtre de sa femme, il en veut à la Terre entière, et après quelques éléments pourtant évidents, il se retrouve dans un réseau de drogue. Le cheminement pour arriver jusqu’au meurtrier est long, mais il coule de source, et on doit attendre des effets de style qui ne servent à rien, sinon à présenter un antagoniste violent, quasi christique, mais dont l’affrontement ne va durer que quelques secondes. Tout est mal fichu, mal amené, et sans le moindre intérêt. Certains personnages paraissent d’ailleurs totalement inutiles, à l’image du personnage incarné par Mila Kunis, qui disparait totalement au milieu du film, sans jamais revenir sur le devant de la scène.

Et pour finir, il y a les prestations des différents acteurs et actrices. Mark Wahlberg l’avoue de lui-même, il n’est pas un joueur et n’a pas voulu forcément prendre connaissance avec le matériau pour jouer le rôle. Cela se ressent, car il est monolithique, dénué de tout sentiment, et ne véhicule aucune émotion, alors même qu’il doit porter un deuil. A ses côtés, le reste du casting est catastrophique. Beau Bridges joue comme une patate, et on grille immédiatement ses intentions. Mila Kunis ne sait que faire avec son personnage qui ne sert à rien. Olga Kurylenko se veut sexy, mais elle n’est que vulgaire. Chris O’Donnell est transparent. A un tel point qu’on ne le voit pas. Et Donal Logue est d’un ridicule qu’il ne reste pas très longtemps dans le film. Bref, tout un programme…

Au final, Max Payne est un navet qui bat tous les records. C’est moche à regarder, c’est mal joué, l’histoire n’a ni queue ni tête, et tous les rapports avec le jeu vidéo ne sont que des éléments tape-à-l’œil pour tenter de plaire aux gamers. Déjà porté par une mauvaise presse depuis sa sortie, le film ne s’embellit pas avec les années, pire, il devient de plus en plus mauvais, et quasiment irregardable aujourd’hui…

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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