juin 7, 2026

Les Carnets de Max Liebermann Saison 3

D’Après une Idée de : Steve Thompson

Avec Matthew Beard, Jürgen Maurer, Luise Von Finckh, Charlene McKenna

Pays : Angleterre

Nombre d’Episodes : 3

Genre : Policier

Résumé :

Vienne, 1908. Le docteur Max Liebermann, jeune psychanalyste anglais, poursuit ses consultations dans son cabinet, mais les préjugés contre cette nouvelle branche de la médecine restent tenaces. Son ami, l’inspecteur Oskar Rheinhardt, n’hésite pourtant pas à faire de nouveau appel à lui pour se plonger dans la psychologie des meurtriers et de leurs victimes afin de résoudre des crimes particulièrement mystérieux.

Avis :

Avec deux premières saisons de très bonne facture, Les Carnets de Max Liebermann est une série notable dans le domaine du polar historique. On apprécie le soin apporté à la caractérisation avec des personnages bien écrits, nantis de comportements qui s’adaptent aux différentes situations qu’ils rencontrent. Ils restent tout bonnement intéressants à appréhender. Le duo de tête présente une excellente alchimie dans la complémentarité de leurs compétences, de leurs points de vue pour chaque enquête. Les affaires profitent aussi d’une sophistication évidente pour poser les fondamentaux d’un crime et étayer les pistes d’investigation. Cela sans oublier une belle reconstitution de Vienne, au début du XXe siècle.

À l’image de ses prédécesseurs, cette troisième saison reprend une structure similaire. Chaque épisode correspond à une enquête. En parallèle des adaptations des romans, on dispose également d’histoires inédites. Ce qui permet d’entretenir la longévité de la série, au-delà de l’heptalogie littéraire. Entre ces deux approches, on ne distingue pas de scissions particulières. Cela porte autant sur l’évolution des protagonistes que sur la qualité des affaires en question. On y retrouve d’ailleurs des thématiques communes, abordées sous un contexte différent. Celles-ci présentent les atours d’un fil directeur sous-jacent à même d’avancer un discours pertinent sur les problématiques de l’époque.

On songe à la place de la femme dans la société, à sa volonté de s’affranchir des carcans sociaux à divers degrés. L’indépendance professionnelle et financière reste alors en ligne de mire. Preuve en est avec les ambitions journalistiques de Clara ou du milieu de la mode et de la haute couture dans Étreinte mortelle (issu du roman Communion mortelle). De telles considérations demeurent en filigrane des intrigues. Elles sont nuancées et ne sombrent pas dans l’excès. La gradation mesurée rend les idées plus percutantes et appropriées. Le ton se veut résolument moderne, bienveillant et tolérant. On s’épargne ainsi l’acrimonie qui suppure de certaines productions contemporaines, promptes à exacerber les extrémismes ; d’un bord, comme de l’autre.

Le contexte reste donc bien amené et apporte un fonds non négligeable, sinon essentiel, à la compréhension des enquêtes et des mœurs de la société viennoise. Cet aspect se montre d’ailleurs un peu plus prépondérant dans cette troisième saison. On peut aussi évoquer les traumas de la guerre, eu égard à la révolte des Boxers en Chine dans Le Dieu des ombres, ou aux considérations politiques du crime dans La Mort est la bienvenue, à présent. Les sombres affaires d’espionnage et les implications des plus hautes sphères du pouvoir amènent à des perspectives beaucoup plus ambivalentes sur la notion de bien et de mal. En d’autres termes, la transgression de la loi est-elle justifiable pour combattre des valeurs contraires aux nôtres ?

Il est vrai que les enquêtes délaissent quelque peu la dimension psychanalytique. Il y a bien des tentatives de compréhension de l’âme criminelle, mais les séquences de profilage présentent une importance moindre dans la résolution des affaires. Certes, il y a bien des observations et des analyses qui amorcent les investigations, apportent un éclairage nouveau à leur conclusion. Toutefois, cette singularité de la série reste toutefois en retrait. Ce qui n’est pas le cas de la condescendance que suscitent les méthodes freudiennes pour soigner les patients. Le corps médical y est ouvertement hostile, sclérosé par ses certitudes et son étroitesse d’esprit. Ce qui s’avère un comble.

Au final, cette troisième saison des Carnets de Max Liebermann est toujours aussi plaisante à suivre. Les trois enquêtes présentent une belle diversité des circonstances criminelles afin de dépeindre des investigations prenantes. Ce qui permet également d’appréhender diverses compétences d’enquêteurs, ainsi qu’une progression prompte au suspense. Le contexte historique reste bien retranscrit et offre une résonnance particulière avec notre époque, eu égard à la montée des extrémismes, à l’intolérance et la mécompréhension de la population. À croire que l’homme est condamné à répéter ses propres erreurs à travers les générations ou que l’on a tendance à projeter nos craintes sous le prisme de la fiction… Toujours est-il qu’on dispose d’une série policière de qualité, au développement méticuleux et raisonné, même si l’approche psychanalytique est moins présente au sein des affaires.

Note : 15/20

Par Dante

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