juin 24, 2024

Vreid – Wild North West

Avis :

De nombreux groupes se fondent après la dissolution d’un autre. C’est le cas pour Vreid, qui trouve ses racines dans un drame, le décès d’une personne. En effet, quasiment tous les membres du groupe proviennent de Windir, groupe de Folk/Viking Métal, qui s’est séparé en 2004 après la mort du frontman, Valfar. Vreid, qui veut dire colère en norvégien, a donc de gros antécédents, un énorme bagage musical, et visiblement, une rage qu’il faut faire sortir. Délaissant le Viking pour plonger dans ce que l’on appelle le Black’n’Roll, les norvégiens ne vont pas procrastiner et ils vont rapidement sortir des albums et signer chez Tabu Recordings, puis chez Indie Recordings, avant de partir chez Season of Mist à partir de leur huitième effort. Wild North West est leur neuvième album studio, toujours chez la même maison de disques, et le groupe continue son petit bonhomme de chemin.

Le Black’n’Roll est un genre particulier, qui allie l’énergie du Rock, au niveau de la vitesse de jeu, et le chant Black ainsi que des thèmes assez particuliers, voire ésotériques. Vreid embrasse pleinement ce genre, un peu comme Midnight, sauf que leurs albums sont plus longs, et plus complets, avec une belle variation de styles. Le skeud débute alors avec Wild North West, et d’entrée de jeu, il va marquer sa différence, avec un clavier un peu dissonant, qui fait écho à une musique malaisante, relativement sombre. C’est très intéressant comme entrée en matière, car avec le chant clair, et les grattes qui vont jouer rapidement avec une belle mélodie, on se retrouve sur un titre qui donne envie de bouger dans tous les sens. Le démarrage est donc idéal, en plus de sortir des carcans du genre. Et cela sans oublier certains instruments, comme la basse qui est omniprésente.

Wolves at Sea sera un peu plus classique dans le genre. Si la place des instruments est très importante, et que l’on retrouve une sorte de mélancolie en son début, le titre va rapidement plonger tête la première dans un Black protéiforme assez simple, mais toujours avec une belle énergie. Alors oui, ça blaste dans tous les sens, mais il y a du sens, justement. Et on trouve toujours de belles variations de rythme au sein du morceau, ce qui l’empêche d’être redondant, voire ennuyant. The Morning Red se joue aussi des atours du Black pour fournir un titre hybride avec un chant clair qui débute chaque couplet. Les solos de grattes sont omniprésents et ont le mérite de donner, une fois de plus, un côté très mélancolique à l’ensemble. Plus lent, plus technique, le morceau est une belle réussite qui démontre les talents d’écriture du groupe.

Par la suite, on va prendre deux grosses marmites dans la tronche. Tout d’abord avec Shadows of Aurora qui laisse le doute planer avec son intro planante, mais qui va rapidement nous envoyer de gros riffs dans la tête et ne plus nous lâcher pendant plus de quatre minutes. Les guitares balancent de belles cavalcades et cela donne une irrémédiable envie de sauter dans tous les sens. Puis Spikes of God va aller encore plus loin, avec une violence rarement atteinte au sein de l’album. C’est le titre le plus violent du skeud, et pourtant, il sera tout de même assez accessible de par sa structure identifiable et son refrain qui reste bien en tête. Encore une fois, on niveau du songwriting, le groupe fait très fort et ne laisse pas indifférent. D’ailleurs, même si le morceau le plus Black de l’album, il reste tout de même assez accessible.

Puis quand déboule Dazed and Reduced, Vreid change son fusil d’épaule, délaissant le Black, pour embrasser un Rock sombre, mais plus progressif et plus doux. Très clairement, on fait face à un titre que n’aura pas renié Ghost, et c’est très intéressant à écouter. Les norvégiens démontrent tout leur talent technique, ainsi que leur ouverture d’esprit. Into the Mountains cultive cette différence avec d’autres groupes, en proposant un vrai Black’n’Roll étrange et presque malsain de par son ambiance. Enfin, comme à leur habitude, le dernier morceau sera très long, plus de neuf minutes, et il va peaufiner une ambiance lugubre. L’orgue au départ annonce la couleur, et pourtant, le groupe retombe sur ses pattes en livrant un excellent titre qui n’ennuie jamais et qui reste fidèle à l’image de la formation, avec ce Black teinté de Rock, si rare et précieux.

Au final, North Wild West, le neuvième album de Vreid, est une belle réussite, même si, parfois, on peut ressentir une certaine lassitude, notamment au niveau de la voix du chanteur. Néanmoins, on ressent tous les efforts de la formation norvégienne pour varier les plaisirs et offrir un skeud qui se veut différent à chaque piste. En l’état, on obtient un très bon album de Black’n’Roll, sous-genre particulier mais assez addictif et original.

  • North Wild West
  • Wolves at Sea
  • The Morning Red
  • Shadows of Aurora
  • Spikes of God
  • Dazed and Reduced
  • Into the Mountains
  • Shadowland

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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