novembre 30, 2021

Powerwolf – Call of the Wild – Le Loup se Transforme en Agneau

Avis :

Certains groupes galèrent durant des années pour connaître le succès, et d’autres ont une ascension fulgurante. Parmi les groupes qui ont grandi très vite, on peut citer les allemands de chez Powerwolf. Fondé en 2003, le groupe sort son premier album deux ans plus tard chez Metal Blade Records. Par la suite, la formation va sortir un album tous les deux ans, avant de ralentir la cadence une fois chez Napalm Records, avec des albums tous les trois ans. Cela n’empêche pas le groupe d’être des stakhanovistes avertis et de tout le temps être sur le devant de la scène, que ce soit avec des clips stylisés, des reprises ou encore des annonces. Avec la sortie de Call of the Wild, le huitième effort du groupe, Powerwolf a vu les choses en grand, avec un triple album, mais qui n’est en fait que de l’esbroufe.

Les allemands vendent du rêve, mais quand on jette un œil au contenu, on se rend compte qu’il n’y a pas grand-chose. En effet, sur la première galette, il y a l’album, sur la deuxième, on trouve des reprises des morceaux du groupe par des invités plus ou moins prestigieux comme par exemple Alissa White-Gluz, puis le troisième rond contient le premier album en version instrumentale. Bref, pas de quoi se lever tôt. Mais en plus de cela, l’album du groupe n’est franchement pas terrible. Disons, du moins, qu’il reste dans la veine de ce que proposent les allemands depuis plus d’une dizaine d’années, sans jamais offrir de la nouveauté. Et en ce sens, c’est relativement décevant. Alors oui, intrinsèquement, ce n’est pas mauvais, et les allemands offrent toujours quelque chose d’entrainant et mélodieux, mais ça reste trop redondant.

Le skeud s’ouvre avec Faster Than the Flame et on va vite retrouver les marques de fabrique du groupe. L’orchestration grandiloquente fait office d’introduction percutante, puis le groupe fait le reste avec un rythme rapide, des riffs efficaces et un chant maîtrisé à la perfection. On a beau avoir l’impression d’avoir déjà entendu cela des centaines de fois, ça marche. Même le refrain rentre dans la tête dès la première écoute. On notera tout de même un solo discret, peu marquant, et ce sera un peu le cas dans chaque morceau. Beast of Gévaudan, le premier tube de l’album, arrive donc et propose un peu la même chose. C’est rapide, bien exécuté, on retrouve des chœurs lyriques pour donner plus d’ampleur, mais globalement, le morceau reste très classique, voire même trop et n’emporte pas tous les suffrages. Alors, c’est loin d’être mauvais, mais Powerwolf ne se renouvèle pas vraiment.

C’est par la suite que survient Dancing With the Dead, un titre intéressant à plus d’un titre, qui permet au chanteur de donner de la voix, et qui possède quelques fulgurances un peu plus Heavy. Alors certes, on reste dans la zone de confort des allemands, mais force est de constater que ça marche. Varcolac fonctionne aussi, même si on frôle la caricature sur ce titre, que ce soit sur la rythmique, les paroles ou encore tous les gimmicks autour. On sera plus surpris par Alive or Undead. Premièrement parce qu’au niveau rythle, le groupe propose ce qui s’apparente le plus à une ballade. C’est mélodieux et mélancolique et cela crée une jolie surprise. Ensuite, le titre est un peu plus complexe qu’à l’accoutumée, ce qui permet de voir que le groupe est capable de faire autre chose.

Et cela permet aussi de mieux ressentir la belle voix du chanteur, qui pose un peu plus sa tonalité grave et granuleuse. Avec Blood for Blood (Faoladh), on change complètement de registre. Le groupe se la joue irlandaise et écossaise avec des cornemuses et un mélange intéressant de cultures. L’ensemble est joyeux et bien emballé, ce qui permet de sortir d’une drôle de morosité. Malheureusement, cet élan sera rapidement briser par tous les autres morceaux qui vont suivre. C’est bien simple, si l’on excepte un peu Call of the Wild et son énergie communicatrice, pour le reste, on aura droit à du réchauffé et surtout à des titres qui ne marqueront pas. Sermon of Swords étant peut-être le titre le moins percutant de l’album, ou tout du moins celui qui ne restera pas dans les mémoires. Et que dire de Reverent of Rats qui conclut l’album de manière impersonnelle.

Au final, Call of the Wild, le dernier album en date des allemands de chez Powerwolf, est une petite déception. Les teutons ont du mal à se recycler et n’arrivent plus à proposer quelque chose de novateur ou d’intéressant. Certes, c’est toujours bien produit, c’est entrainant et certains titres sortent du lot, mais on est loin de l’éclat et la surprise des premiers efforts. Ici, on nous ressort la même recette et on commence à être un peu écoeuré…

  • Faster Than the Flame
  • Beast of Gévaudan
  • Dancing With the Dead
  • Varcolac
  • Alive or Undead
  • Blood for Blood (Faoladh)
  • Glaubenskraft
  • Call of the Wild
  • Sermont of Swords
  • Undress to Confess
  • Reverent of Rats

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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