juin 13, 2021

Ruff Majic – Tarn

Avis :

On connait l’Afrique du Sud pour son passé douloureux, sa coupe du monde qui a donné envie de faire grève à des footeux français et pour son équipe nationale de bûcherons bourrins qui feraient passer Jason Voorhees pour un vulgaire gardien de hockey, on connaît moins la nation arc-en-ciel pour sa scène musicale. En dehors de Johnny Clegg et Seether (ex- Saron Gas), peu de formations sont connus sous nos latitudes. À la faveur de plusieurs shows sur le continent européen, et grâce à une communication très second degré sur les réseaux sociaux, ainsi que plusieurs excellents EPs décoré par un artwork sublime, Ruff Majik commence à se faire connaître auprès des fans de stoner doom. Groupe fondé en 2012, ce sont de véritables stakhanovistes de cette scène, auteurs de 8 EPs sortis à intervalles réguliers. Ruff Majik c’est du stoner doom entre Black Sabbath et Monolord avec des touches çà et là de formations comme Electric Wizard, mais aussi des notes de garage rock ou de rock psychédélique. C’est à la fois vintage et profondément actuel. Du bon gros fuzz qui chatouille les oreilles, une lourdeur pachydermique à faire trembler les murs, on a tout ce que les fans du genre aiment.

Seulement quelques mois après un premier LP en 2018 qui fusionnait les 4 EPs de la série Seasons, ils reviennent avec Tårn. Non, les sud-africains ne s’intéressent pas à la terre de désolation située à côté de l’Aveyron. Le titre, danois, veut dire tour et fait référence à de nouvelles inspirations qui se sont greffées sur cet album. En plus du doom bien massif et du stoner bien gras, on trouve des petites touches de black metal. D’ailleurs, le groupe n’a pas hésité à pasticher des photos d’Immortal au moment de teaser ce deuxième album. Toujours aussi foisonnant de créativité, de l’artwork sublime (avec une petite touche heroic fantasy) à la musique, Ruff Majik propose une musique aux confluences de multiples courants.

Plus dark que le précédent, Tårn débute avec Schizophrenic avec des premières gammes black metal notamment au niveau du jeu de batterie alors que le riff est plutôt Kyussesque (même constat pour Speed Hippie). Avec Gloom & Tomb, on revient vers du doom massif avec une ligne vocale orientée vers les Beatles, le tout avec un côté dark et malsain bien cultivé. I’ll Dig the Grave commence avec une guitare et une basse bien dark avant que se greffe un rythme de batterie punk. Dread Breath commence avec un son de cloche, effet classique mais toujours efficace, poursuivi par une batterie stoner qui va bien avant un final doomeux en diable. Heretically Happy c’est du pur doom bien pesant et crade avec un côté bien groovy au niveau du chant qui s’avère contagieux. Tårn se conclut en beauté avec Seasoning the Witch qui commence par un sermon occulte avant de continuer vers un doom rock à la croisée des 60s et 70s.

Ruff Majik a su créer depuis ses débuts une musique hybride, véritable partouze occulte entre plusieurs genres qui copuleraient frénétiquement au cours d’une gigantesque messe noire sous divers produits. Encore plus riche et intéressant que le précédent, Tårn possède en plus ce côté dark et malsain, compensé par la volonté de Ruff Majik de ne pas se prendre au sérieux dans sa manière de communiquer. Définitivement un groupe à suivre.

  • Shizophrenic
  • Gloom & Tomb
  • I’ll Dig the Grave
  • Dead Breath
  • Heretically Happy
  • Speed Hippie
  • Seasoning the Witch

Note : 18/20

https://www.youtube.com/watch?v=la9nkms98l8

Par Nikkö

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.