novembre 30, 2021

Nobody Sleeps in the Woods Tonight Partie II – Niquez-Vous les Monstres!

Titre Original : W Lesie Dzis Nie Zasnie Nikt II

De : Bartosz M. Kowalski

Avec Zofia Wichlacz, Julia Wieniawa-Narkiewicz, Mateusz Wieclawek, Wojciech Mecwaldowski

Année : 2021

Pays : Pologne

Genre : Horreur

Résumé :

La suite du film d’horreur de 2020, avec de nouveaux personnages… et de nouvelles frayeurs.

Avis :

Ce qu’il y a de bien avec les plateformes de streaming, c’est que ça reste une ouverture sur le monde. On peut découvrir des films venant d’autres pays, et cela dans tous les genres possibles. Ainsi, on peut taper dans le drame larmoyant turc, ou encore dans le film d’horreur gore polonais. D’ailleurs, c’est en 2020 que Netflix propose Nobody Sleeps in the Woods Tonight de Bartosz M. Kawolski, un slasher brutal où deux gros monstres terrassent de jeunes adultes débiles. Film crétin au possible, qui ne vaut le coup que pour certaines mises à mort, il faut croire que le succès était au rendez-vous, puisqu’une suite a vu le jour, avec la même équipe aux commandes. Restant dans un schéma classique, avec un scénario au ras des pâquerettes, ce deuxième opus est encore plus mauvais que son aîné. Et ce n’était pas une chose facile à faire.

Massacre au camp d’été, ça continue

Cette deuxième partie reprend donc là où l’on avait laissé nos deux monstres, qui se retrouvent dans une petite prison avec la final girl. Cette dernière est amenée par le chef de la police locale sur les lieux du crime pour qu’elle explique ce qui s’est passé. Manque de bol, elle se fait infecter par la matière noire de la météorite et devient un monstre à son tour. Elle va alors zigouiller tout ce qui se trouve sur son chemin, alors qu’elle revient vers le camp de vacances. Rien de bien nouveau donc dans le début de ce film, si ce n’est un retournement inattendu, où la gentille du premier film devient ici la méchante. Au niveau de l’écriture, on reste dans du bas de gamme, du bis qui pense s’assumer, mais qui ne fait qu’enchaîner les moments gorasses pour masquer son inaptitude à raconter une histoire cohérente.

Ici, on retrouve exactement le même schéma que le premier métrage, à savoir un joyeux jeu de massacre sans âme, qui mise tout sur les effets gores et les passages un peu sales. On retrouvera aussi des personnages ineptes, comme les deux types de la garde nationale qui sont un peu nazis sur les bords, ou encore un flic apeuré, qui ne pense qu’à fuir. Tout ce petit monde ne demande qu’à se faire démembrer par un monstre plus vivace et plus dangereux. Bartosz M. Kowalski mise à fond sur ses blagues potaches et scatos, dans l’espoir de faire passer un message foireux. Ici, le chef de la police passe son temps aux chiottes, histoire de bien montrer l’inefficacité de la police en Pologne. C’est lourd, bourrin à souhait et on ne se réjouira que de quelques effets gores bien fichus, à l’image de ce type coupé en deux.

Monster love

Le film va prendre une autre tournure dans sa deuxième partie. Au bout d’un moment, la monstre va contaminer le flic peureux pour qu’il devienne lui aussi un monstre. De là va découler une autre histoire, avec un apprentissage pour tuer les gens, et y prendre du plaisir. Le couple devient amant, laissant libre cours à l’imagination dégueulasse de son réalisateur qui nous impose une longue scène de sexe monstrueuse. Cependant, la jalousie va prendre le dessus et le couple va s’embrouiller. Dès lors, Nobody Sleeps in the Woods Tonight change de registre, pour s’imbriquer dans une romance monstrueuse, où le gore est toujours présent, mais n’est que la conséquence d’actes expliqués. A ce moment-là, le cinéaste polonais va tenter de faire passer un autre message, qui n’aura aucun poids. Il tentera vainement de nous expliquer les agissements de ses monstres, faisant dès lors dans l’explicite binaire et débile.

En effet, ici, si les deux monstres tuent, c’est simplement par plaisir, et parce qu’ils sont des monstres, et que les monstres, ça tue. On aura une morale sur le fait que l’humanité est dégueulasse, que personne n’a jamais rien fait pour eux, et qu’à quelque part, c’est bien mérité. Si Kowalski avait eu la décence de nous épargner son message politique dans le premier opus, qui pouvait se voir dans ces monstres increvables et corrompus, ici, il fait dans le frontal et en oublie totalement de fournir un spectacle un peu plus élevé. Car oui, même la série Z peut avoir son fond, ce qui n’est pas le cas ici. D’autant plus que la fin est bâclée, n’allant pas plus loin dans cette romance glauque, si ce n’est un acte de jalousie qui se soldera par une mort soudaine et un abandon de la part du monstre mâle.

De l’art brut

Alors bien évidemment, on ne peut trop rien reprocher à la technique du film. On peut même se dire que c’est dommage de voir le réalisateur se gâcher comme ça, avec un film qui n’a ni queue ni tête et qui fait semblant de sortir des carcans habituels. Car si on exclut un maquillage un peu grossier (avec notamment une partie du masque de monstre qui se décolle lors de la scène de contagion), la lumière, les cadres, la production, le choix des couleurs, allant du bleu au rouge, le film tient la route et sent le budget bien exploité. Les effets gores, même si on frôle parfois le grand-guignol, restent de qualité et prouvent que les polonais savent y faire. Seuls les ajouts de giclées de sang en numérique sentent le rance, mais elle sont peu nombreuses. Voir autant de technique acquise au service d’une histoire nulle, c’est triste.

Au final, Nobody Sleeps in the Woods Tonight Partie II est une belle déception. Enfin, non, ça ne peut pas être une déception, puisqu’au vu du premier, cela pouvait être difficilement pire. Et pourtant, Bartosz M. Kowalski livre une suite débile à souhait et qui n’a aucun intérêt. Les thèmes exploités sont lourdingues, l’aspect méta des monstres est du foutage de gueule tellement c’est con et même pour du cinéma bis, il n’y a rien de sulfureux ou de craspec, si ce n’est les effets gores réussis, mais qui restent des moments putassiers pour appuyer le côté burlesque du métrage. Bref, un beau ratage qui ne fera pas date dans le cinéma d’horreur.

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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