juin 24, 2024

La Malédiction – L’Origine – D’Où Vient Damien?

Titre Original : The First Omen

De : Arkasha Stevenson

Avec Nell Tiger Free, Bill Nighy, Sonia Braga, Maria Caballero

Année : 2024

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

En 1971, Margaret, une jeune Américaine, est envoyée à Rome pour entrer au service de l’Église.

Elle se retrouve bientôt confrontée à des forces obscures qui l’amènent à remettre en question sa propre foi et à lever le voile sur une terrifiante conspiration qui entend donner naissance à l’incarnation du Mal…

Avis :

Tous les ans, le cinéma nous offre de nouveaux visages et aujourd’hui, on s’arrête sur Arkasha Stevenson, dont « La malédiction : L’origine » est le premier long-métrage. Avant de se lancer dans la réalisation, Arkasha Stevenson a tout d’abord été journaliste. Elle travaillait pour le Los Angeles Times. Puis au début des années 2010, elle se lance dans la réalisation, et c’est en 2015 que l’un de ses courts-métrages se fait remarquer. Ce court, c’est « Vessels« , un film documentaire qui aborde la question des augmentations mammaires chez les personnes transsexuelles. Dès lors, Arkasha Stevenson se voit confier la réalisation d’épisode de séries télé. Elle travaillera ainsi sur « Channel Zero« , « Legion » ou encore « Brand New Cherry Flavor« .

Pour son premier long-métrage, la réalisatrice fait fort et terriblement difficile, car elle se lance dans les origines du petit Damien, l’antéchrist de Richard Donner dans son film de 1976, « La malédiction« . S’aventurer dans « l’univers » de « La malédiction« , ce n’est pas quelque chose de neuf, puisque depuis que Richard Donner a fait son film, cette histoire a connu des suites, un remake, et même une série.

« Le film en lui-même se pose comme une bonne surprise. »

Mais d’où vient le petit Damien ? C’est la question à laquelle Arkasha Stevenson va répondre avec son petit film qui se veut d’horreur, mais qui sera plus un film fantastique et mystique, qui s’en prend directement à l’église, pointant du doigt son désir de garder son influence et ses fidèles. Cet « … origine » de « La malédiction … » se pose comme un film inégal dans ce qu’il raconte et dans sa forme, mais au-delà de ça, il est aussi dans une certaine mesure, intéressant dans ce qu’il raconte.

Rome, 1971. Margaret est une jeune américaine qui s’apprête à entrer les ordres. La jeune femme arrive à Rome, dans une époque pleine de changements. Une fois au couvent, elle découvre le travail des sœurs sur place, qui s’occupent de jeunes filles de leur naissance jusqu’à dix-huit ans. Parmi les jeunes filles, Margaret s’intéresse particulièrement à Carlita, une jeune fille de seize ans qui est mise à l’écart des autres et qui se trouve être mal traitée par les sœurs.

« La malédiction : L’origine » est donc le premier film d’Arkasha Stevenson et le moins que l’on puisse dire, c’est que le film en lui-même se pose comme une bonne surprise. Certes, l’ensemble est inégal, mais il demeure que le film se laisse regarder avec intérêt.

Comme son titre l’indique, ce film donne les origines de ce qui fera l’histoire du film de Richard Donner. Et le lien en question n’interviendra qu’à la toute fin, avec quelques informations qui vont être données. Mais ce qui est bien avec ce film, c’est le fait que l’on ne soit pas perdu dans cette histoire. « La malédiction : L’origine » est un film qui peut bien se voir seul, et se suffire à lui-même, même si la fin appelle quand même à une suite.

« Cette « … malédiction : L’origine » est plus une sorte de thriller d’enquête à l’ambiance lourde. »

Après, comme je le disais, le film à ses défauts, et ils ne sont pas des moindres. Concevoir l’antéchrist par exemple, demande beaucoup d’indulgence, car si le plan de l’église est tiré par les cheveux, il reste une question quant au père du futur Damien. Réalisatrice ou scénaristes ne se sont pas embêtés à expliquer comment leurs personnages ont réussi à capturer ou à mettre sous contrôle, ou… bref, ils n’expliquent pas grand-chose et demandent d’accepter sans sourciller ce qui nous est raconté, même si ça amène le film dans le fantastique, ce qui n’est pas une mince affaire.

Toujours du côté de l’écriture, le film se foire pas mal dans ce qu’il entreprend pour faire dans le film d’horreur. D’ailleurs, les deux ou trois jumpscares qui interviennent sont si mal placés, et font tellement tache dans le décor, qu’on se demande ce qu’ils viennent faire là. Cette « … malédiction : L’origine » est plus une sorte de thriller d’enquête à l’ambiance lourde. Avec quelques informations parsemées ici et là, il va falloir que son personnage principal remonte lentement le long d’une corde, pour découvrir les secrets d’une certaine église et de ceux qui l’entourent.

Puis au-delà de ça, l’idée de nous raconter comment Damien a fini par arriver dans sa famille est intéressante, d’autant que l’idée qu’ont eue les scénaristes est vraiment pas mal, que ce soit en elle-même, ou dans ce qu’elle raconte de l’église. En un sens, comme je le disais plus haut, ce film tape sur l’église et son envie de contrôler à travers la religion.

« Le film tient la route, et il est beau à suivre. »

Du côté de la mise en scène, « La malédiction : L’origine » a son petit cachet. Quand ce soit dans la reconstitution de son époque, dans son ambiance (aussi bien dans l’orphelinat que dans les rues de Rome, avec un contexte géopolitique), dans sa photographie étrangement chaude, ou encore dans ses quelques effets gores, le film tient la route, et il est beau à suivre. Seuls ses effets d’horreur, ou de terreur, sont ratés, donnant l’impression d’être hors contexte. Après, on restera très étonné d’une interdiction aux moins de 16 ans, car même s’il y a quelques effets gores réussis (deux scènes d’accouchement), sur l’ensemble, le film est plutôt light.

Enfin, si le casting est bon, il est vrai que cette « … malédiction … » tient sur les épaules de Nell Tiger Free, excellente dans la peau de cette jeune américaine qui débarque en Italie pour offrir sa vie à Dieu. À noter aussi une excellente et très agaçante Sônia Braga, qui est méconnaissable.

Ce préquel du film de Richard Donner se pose donc comme une bonne petite surprise, qui explique plus ou moins bien ce qui a pu se passer avant que les Thorn aient eu le petit Damien. Bien foutue dans sa mise en scène, cette première réalisation pour Arkasha Stevenson se laisse regarder avec intérêt, et même si le film en lui-même n’est pas non plus passionnant, parmi la quantité de films d’horreur, ou qui se veulent d’horreur comme celui-ci, on ne peut pas dire que cette « … malédiction : L’origine » soit dans le bas du panier. Puis à la fin de celui-là, on aurait bien envie de poursuivre l’histoire et de se faire la trilogie qui a suivi.

Note : 13/20

Par Cinéted

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