mars 31, 2026

Horror in the High Desert 3 – Firewatch – Le Déclin de la Saga

De: Dutch Marich

Avec Laurie Felix Bass, Suziey Block, Brooke Bradshaw, Dakota Hansen

Année: 2024

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Alors qu’un feu de forêt fait rage à l’autre bout de l’État, Oscar Mendoza profite de ce moment pour partir à la recherche de Gary Hinge, toujours porté disparu.

Avis :

En l’espace de trois ans, Horror in the High Desert s’est imposé comme l’une des nouvelles franchises du faux documentaire. Après un premier épisode intrigant, mais assez classique, Dutch Marich proposait une suite qui gagnait en intensité. L’approche se voulait plus brutale et malsaine avec davantage de situations oppressantes. La découverte d’endroits perdus du Nevada contribuait à rendre l’incursion d’autant plus inquiétante. Comme pour son prédécesseur, il se concluait par un épilogue amenant à un troisième volet. De prime abord, Horror in the High Desert 3 : Firewatch semble donc l’opus des révélations avant de devenir celui de la déconvenue…

L’histoire suit un vidéaste qui souhaite faire la lumière sur la disparition de Gary Hinge. Le présent métrage revient aux intentions initiales de la franchise avec une volonté évidente à éventer le mystère qui se niche dans les contrées reculées du Nevada. Oscar, le protagoniste, évoque même « les secrets de Gary ». Jusque-là, on tient un enrobage classique à grand renfort de promesses et d’un traitement sensationnaliste pour interpeller l’audimat. On songe, entre autres, aux séquences où l’intéressé découvre les lieux, non sans enthousiasme ; réactions extraverties et exagérées à l’appui. Celles-ci entrecoupent la progression documentaire propre au projet du cinéaste depuis le premier volet.

« un manque d’inspiration flagrant, une régression de la mise en scène »

Si Horror in the High Desert 2 : Minerva insufflait une dynamique évidente (et bienvenue), cette nouvelle itération retombe dans les travers d’un tel exercice. On assiste davantage à un manque d’inspiration flagrant qu’à une régression de la mise en scène. Très vite, on retrouve cet aspect routinier où les interviews précèdent à des images d’archive piochées sur le vif. On fait aussi peu de cas des circonstances de la découverte desdites bobines, là où les autres films proposaient une explication. Certes, il s’agissait d’un prétexte, mais elle demeurait présente. Il faut attendre le dénouement pour saisir la raison d’entrevoir ces vidéos. Cela sans compter sur l’absence d’une enquête de terrain digne de ce nom.

Le fait de dépeindre le portrait d’Oscar est également moins convaincant. La narration reste beaucoup trop évasive pour susciter de l’empathie à son égard. Tout juste devine-t-on des problèmes avec l’alcool et des troubles psychiatriques qui dissimulent un comportement versatile, sinon instable. Un autre écueil tient au recyclage de séquences issues des précédents métrages. Hormis une petite exception sur le passage du pompier volontaire dans l’exploitation minière désaffectée, ces moments font office de synthèse, perdant de leur impact. Il en ressort une impression de redondance à même de remettre en question la pertinence d’un troisième film, à tout le moins son intérêt et sa place dans la genèse initiée en amont du projet.

« le récit se montre donc verbeux »

En revenant à un rythme plus lancinant, le récit se montre donc verbeux. Il est difficile d’en extraire de nouvelles pistes de réflexion. Tout juste peut-on apprécier les observations et les interprétations conventionnelles des différents intervenants. Même l’approche du True Crime est délaissée, voire bâclée. On a droit à des témoignages en voix off qui auraient gagné à d’autres perspectives. C’est le cas de l’histoire des conducteurs de train, très évocatrice de cette légende urbaine. Quant à l’exploration des lieux, on se situe plus dans un urbex de façade, sans grande préparation ni connaissance de la pratique. Ce n’est pas un mal de dépeindre cet amateurisme, mais il est difficile d’éprouver de l’effroi. La faute justement à l’absence de peur auprès des individus (armés) confrontés aux présences environnantes.

Au final, Horror in the High Desert 3 : Firewatch constitue une déception et le plus faible épisode de la saga, à ce jour. L’intrigue a tendance à faire du surplace, tout en occultant des révélations pertinentes et attendues. On a davantage l’impression d’assister à une synthèse des précédents opus qu’à une nouvelle incursion. Il est à déplorer un rythme brinquebalant qui ne parvient guère à trouver un juste équilibre dans l’évolution narrative. On doit alors se contenter d’un traitement qui sent le réchauffé et d’une ambiance générale qui n’est plus éprouvante à l’évocation des faits. Cela sans oublier une approche suggestive qui tourne en rond et agace plus qu’elle n’angoisse. La faute à des mécaniques éculées. Un faux documentaire basique et paresseux qui marque un essoufflement évident.

Note : 10/20

Par Dante

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