mars 4, 2026

Horror in the High Desert 2: Minerva – Le Concept Marche Encore

De : Dutch Marich

Avec Laurie Felix Bass, Suziey Block, Brooke Bradshaw, C.R. Brough

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

En 2018, plusieurs tragédies se déroulent dans le désert du nord-est du Nevada. Une femme est retrouvée morte et une autre disparaît sur le même tronçon d’une autoroute isolée. Ces événements pourraient-ils être liés à la tristement célèbre disparition, en 2017, du randonneur Gary Hinge ?

Avis :

Avec Horror in the High Desert, Dutch Marich s’insinuait dans le registre du faux documentaire. En dépit de certaines invraisemblances et maladresses, il en ressortait une incursion intéressante. La passion des grands espaces côtoyait une connotation horrifique, proche du survivalisme et de quelques occurrences paranormales. En somme, on assistait à la rencontre de La Colline a des yeux et Le Projet Blair Witch, le tout sur fond de true crime et de mockumentaire. Au vu des ambitions scénaristiques, il est évident que le potentiel de ce premier opus ne demandait qu’à se développer à travers une ou plusieurs suites. Horror in the High Desert 2 : Minerva s’avance donc comme une deuxième incursion non moins inquiétante au cœur du désert du Nevada.

D’emblée, l’intrigue évoque le cas Gary Hinge et le mystère qui perdure autour de sa disparition. Bien qu’on devine un lien ostensible avec la précédente affaire, eu égard au cadre et à certaines hypothèses, on assiste à deux nouvelles affaires. Le réalisateur reprend le format de la première production. À travers divers témoignages, interviews et reconstitutions, on y retrouve les mécanismes et les fondamentaux du documentaire. Dès lors, on pourrait craindre un rythme assez lent, ainsi qu’une prose didactique. Il s’agissait du principal écueil qu’on pouvait reprocher à Horror in the High Desert, dans la mesure où l’on demeure réticent à un tel exercice cinématographique. Ici, l’approche fait l’objet d’une évolution sensible qui peut se distinguer dès les premières minutes.

« l’ensemble est beaucoup plus dynamique et malaisant »

Certes, on interpelle le spectateur par un appel d’urgence. Or, celui-ci est beaucoup plus inquiétant. On n’assiste pas au signalement d’une disparition, mais à l’appel à l’aide de la victime elle-même, incapable de communiquer autrement que par les bips répétitifs du téléphone, puis de l’arrivée de la police sur place. Il est donc question d’un assassinat dont les circonstances demeurent pour le moins sordides. Là où le premier métrage se contentait d’une ultime vidéo foncièrement horrifique, sa suite les multiplie à intervalles réguliers au fil de sa progression. Cela rend l’ensemble beaucoup plus dynamique et malaisant. Par ailleurs, on délaisse la passivité inhérente à un faux documentaire « classique » pour une force d’immersion nettement rehaussée.

Cela tient à cette vue subjective qui prédomine dans les techniques de mise en scène, à cette obscurité perpétuelle ou à ce cachet VHS qui se dégage de certaines bobines. L’évocation de l’ancien occupant du mobile home suscite bon nombre de questions. Mention spéciale à l’incursion dans le sous-sol, où l’on devine une intrusion. Le tout s’accompagne d’une bande-son qui confère à la folie de son narrateur. On songe aussi à la caméra de surveillance qui filme une silhouette informe ou à cette ambiance sonore, où l’on discerne une présence aux côtés de Minerva. On ne parlera pas forcément d’une remise en question de ce qui a été réalisé auparavant, mais d’une technique qui se perfectionne, qui s’affirme, permettant à l’ensemble de se montrer plus oppressant.

« Le sentiment de vulnérabilité est palpable »

La seconde affaire souligne davantage l’isolement des lieux et présente un traitement différent. Ici, aucun corps n’est retrouvé (tout comme pour Gary Hinge). L’approche est plus courte, mais non moins intense. On songe à la séquence captée par la caméra du véhicule et, surtout, à cette exploration forestière d’un pompier volontaire qui tombe sur une exploitation minière désaffectée. Le sentiment de vulnérabilité est palpable, tant l’on distingue une présence à travers les sons et les images infrarouges que l’intéressé ne peut voir. Il en émane une expérience sensorielle des plus immersive. En contrepartie, la place allouée à ces moments atténue quelque peu la caractérisation et le travail consenti sur les personnages. En l’état, il n’y a pourtant rien de préjudiciable.

Au final, Horror in the High Desert 2 : Minerva est une suite surprenante, car elle prend acte des faiblesses du premier opus. Une telle remise en question demeure rare dans le cinéma, comme dans d’autres domaines. L’ensemble se dynamise et propose davantage de séquences éprouvantes. On entrevoit alors un paradoxe où la caractérisation moins développée n’empêche en rien l’empathie que l’on porte aux victimes, en raison de la capacité à retranscrire leurs ultimes instants. Le mystère préserve également toute son aura, même si l’émergence d’individus ou de créatures offre une menace plus tangible que des considérations surnaturelles. Si l’on est amateur du procédé, le métrage de Dutch Marich constitue une expérience recommandable, nantie d’une ambiance angoissante, immersive et tendue.

Note : 14/20

Par Dante

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