
De : Cary Murnion et Jonathan Milott
Avec Dave Bautista, Brittany Snow, Angelic Zambrana, Jeremie Harris
Année : 2017
Pays : Etats-Unis
Genre : Action
Résumé :
En sortant du métro pour aller chez sa grand-mère avec son petit-ami, Lucy se retrouve dans les rues de Buschwick un quartier de Brooklyn, plongé dans un véritable bain de sang. Dans un contexte de séparatisme vis-à-vis de l’Union, les milices texanes envahissent New York pour en faire leur base d’opérations sur la Côte Est et s’en servir d’outil de négociations. Face à ce chaos, Lucy se réfugie dans le sous-sol de Stupe, un robuste vétéran. Ce dernier l’aide à traverser, à contrecœur, les quelques blocs de Bushwick la séparant de la maison de sa grand-mère – en supposant que celle-ci existe toujours.
Avis :
S’il y a bien un sujet qui travaille fortement les américains, c’est si une invasion de leur pays voyait le jour. Outre les craintes d’un pays ennemi qui voudrait en découdre avec l’armée américaine, on a aussi les relents d’une possible guerre civile. D’ailleurs, on a eu des exemples réels, comme l’insurrection et l’investissement du Capitole par des partisans de Donald Trump. Forcément, cela donne des idées à des scénaristes et réalisateurs pour aborder ces sujets, et placer des protagonistes face à une menace directe et réelle, avec des mercenaires qui tireraient à vue. Parfois, cela se passe dans d’autres pays avec des ressortissants américains. Et souvent, c’est sur le sol américain que l’invasion se passe, avec en prime un patriotisme exacerbé, où le soldat ricain est vu comme un héros salvateur. Ce ne sera pas forcément le cas avec Bushwick, disponible sur Netflix.

Le film commence très rapidement. On suit un jeune couple dans le métro, qui discute avant de remonter à la surface. Un message s’enclenche alors, annonçant l’arrêt de circulation de tous les trains, et un homme en feu apparait. Alors qu’ils s’apprêtent à remonter, des coups de feu retentissent et l’homme se prend une déflagration en pleine tronche. Perdue, la jeune femme court pour se réfugier là où elle peut. C’est très basique comme introduction, on ne comprend pas vraiment ce qui se passe, sauf que des hommes habillés en noir tirent à vue, ou arrêtent des gens dans la rue de façon aléatoire. Histoire de dynamiser ce début tonitruant, les deux réalisateurs décident de ne faire qu’un plan-séquence pour inclure le spectateur dans cet état d’urgence. C’est relativement efficace, même si on peut reprocher une absence de travail autour de la lumière.
« Bushwick manque cruellement de diversité »
La première coupure intervient alors lorsque Dave Bautista vient sauver la jeune femme des griffes de deux bandits qui veulent la violer. Quitte à faire dans l’invasion avec un chaos dans les rues, autant mettre la pauvre Brittany Snow face à deux types libidineux. Et si possible des blacks en mode racaille, histoire de bien rentrer dans les clichés. Bref, on assiste à la rencontre entre les deux personnages que l’on va suivre tout du long, accroché à leurs basques, puisque on va avoir droit à un deuxième long plan-séquence. Là encore, on va avoir droit à une lutte pour leur survie, tentant d’échapper à des types armés jusqu’aux dents. De façon très classique, on apprend des choses sur les deux personnages lors de pauses qui arrivent à point nommé, pour épaissir un peu l’intrigue, et les backgrounds des deux « héros ».
Le principal problème que l’on va avoir avec ce film, c’est tout simplement son scénario, ainsi que la redondance des scènes d’action. Bushwick manque cruellement de diversité. On suit un duo qui court pour échapper à une milice, et cela se passe soit dans des couloirs, soit dans la rue. C’est répétitif au possible, et ça met un temps fou pour expliquer aux spectateurs de quoi il en retourne. Dave Bautista a eu bon se donner corps et âme sur l’écriture et la façon de gérer son personnage, il reste une caricature du Marine bourrin qui utilise ses compétences pour sortir une pauvre blonde de la mouise. Si on peut féliciter les deux réalisateurs pour la prise de risque en voulant faire que des plans-séquences, cela reste un cache-misère face à un scénario famélique, et des personnages qui ne sont guère charismatiques et intéressants.
« On ne s’attache jamais aux personnages »
C’est d’ailleurs LE gros point faible du film. On ne s’attache jamais aux personnages, ni même à l’intrigue, car les informations arrivent au compte-gouttes, et surtout, on ne voit pas trop la finalité. L’information autour d’une guerre civile et d’une nouvelle sécession arrive bien trop tardivement pour identifier les grands méchants. Il en va de même avec les deux personnages principaux, dont les émotions émergent à dix minutes de la fin du film. Tout cela manque d’intelligence dans l’écriture pour nous impacter émotionnellement. Du coup, on suit cette histoire de façon détachée, avec un but qui arrive très tard lui aussi, et une fin qui se veut percutante, mais dont on se fout royalement. D’autant plus qu’elle n’amène aucune réflexion sur quoi que ce soit… Disons, que l’on a connu mieux dans un genre identique, notamment dans les années 80.

Au final, Bushwick est un film relativement lisse et décevant. Les deux réalisateurs masquent la faiblesse de leur scénario à travers une mise en scène qui se veut inspirée et compliquée à mettre en place, mais qui est juste à la mode. D’autant plus qu’elle n’est pas très belle, restant dans des teintes crues et sans travail. Et les choses ne s’arrangent pas lorsqu’on se penche sur les personnages, qui n’ont pas vraiment de gros backgrounds, expliquant tardivement leurs objectifs et leur chemin de vie. Bref, Bushwick est un film Netflix qui n’a pas fait grand bruit à sa sortie, et on comprend aisément pourquoi…
Note : 08/20
Par AqME
