
Titre Original : Annabelle Comes Home
De : Gary Dauberman
Avec McKenna Grace, Madison Iseman, Katie Sarife, Vera Farmiga
Année : 2019
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Résumé :
Déterminés à mettre Annabelle hors d’état de nuire, les démonologues Ed et Lorraine Warren enferment la poupée démoniaque dans leur « pièce des souvenirs », en prenant soin de la placer derrière une vitre sacrée et de solliciter la bénédiction d’un prêtre. Mais Annabelle réveille les esprits maléfiques qui l’entourent et qui s’intéressent désormais à de nouvelles victimes potentielles : Judy, la fille des Warren âgée de 10 ans, et ses amis. Une nouvelle nuit d’horreur se prépare…
Avis :
Ce n’est guère une nouveauté, mais le monde de l’horreur est peuplé de franchises plus ou moins réussis. Depuis les années 80 et jusqu’à aujourd’hui, il est difficile, si l’on est fan, de passer outre les Freddy, Vendredi 13, Destination Finale ou plus récemment, Saw et The Conjuring. James Wan est l’un des piliers des nouvelles sagas horrifiques contemporaines, installant alors les deux dernières précitées, mais aussi Insidious ou Annabelle. Qu’il soit derrière la caméra, derrière le stylo ou derrière le porte-monnaie, le nom de James Wan apparait forcément quelque part dans les dernières franchises d’horreur. Malheureusement, ce n’est pas toujours bon, et très souvent, ça fleure bon l’argent facile, voulant attirer dans les salles obscures un public jeune et avide de sensations fortes. Pour autant, on a parfois des surprises, avec des opus qui sont plus réussis que d’autres au milieu d’un marasme ambiant.

Prenons Annabelle comme exemple. Il est difficile de ne pas y voir un objet marketing important, voulant surfer sur le succès (mérité) de The Conjuring, afin de constituer une manne financière solide et faire d’autres films d’horreur dans le même univers. Forcément, quand les objectifs ne sont pas les bons (à savoir, faire un film pour l’argent, et non pas pour faire un œuvre d’art), le film a de gros risques de devenir un flop. Le premier Annabelle fut donc un navrant navet, mettant en scène une poupée maléfique, car possédée par un démon qui exacerbe les mauvais côtés des gens autour. Cependant, le film est un succès au box-office, et un deuxième film est mis en route. Sauf que là, surprise, Annabelle 2 est une origin story réussie, avec une vraie envie de mise en scène et de faire peur. Forcément, cela fut un appel pour un troisième opus.
« Gary Dauberman joue avec certains codes, mais ne surprend guère »
Et c’est avec logique que sort en 2019 Annabelle – La Maison du Mal, le troisième volet de la franchise, qui met en scène le couple Warren (vu dans The Conjuring) venant récupérer la poupée pour la mettre en lieu sûr. Le début est plutôt surprenant, avec une séquence attendue, pleine de jumpscares un peu bateau, mais qui font le taf. Le réalisateur, Gary Dauberman, scénariste de quasi tous les films d’horreur à succès de ces dernières années, joue avec certains codes, mais ne surprend guère, malgré une volonté de bien faire. Bref, avant un générique succinct, on nous présente comment la poupée est arrivée chez les Warren, histoire de poser un cadre à ce qui va se dérouler. Si cela ne va pas pêcher bien loin, on reste quand même sur une mise en scène soignée et un effort sur la technique.
Si on est un habitué des films d’horreur, on sait que pour en trouver un bon et beau, il faut se lever tôt. On a souvent tendance à croiser des navets téléfilmesques qui ne font aucun effort sur l’atmosphère, et ça fait presque du bien de voir un film qui chercher à jouer avec les plans, soigne sa photographie et tente de poser une ambiance pesante. Mais le problème ne viendra finalement pas de la forme du film, mais plutôt de son fond, inexistant, et de ses personnages, tous plus imbéciles les uns que les autres. Donc ici, on veut mettre en avant la fille des Warren, qui possède les pouvoirs de sa mère, et qui va devoir faire face à tous les démons de chez elle, parce que la meilleure amie de sa nounou a voulu entrer en contact avec son défunt père.
« il est impossible de ressentir de l’empathie pour tout ce petit monde »
D’entrée de jeu, on va deviner que les personnages sont tous insupportables. Il s’agit d’adolescents un peu débiles sur les bords, dont les seules obsessions sont les relations amoureuses platoniques, et une petite fille qui a du mal à se faire des amis, parce qu’elle est étrange. On rentre de plein fouet dans des clichés qui sont décevants, et cela est encore plus exacerbé quand on découvre qu’il n’y aura que trois ados autour de la petite fille. Et chacun remplit un rôle bien précis, de la gentille nounou innocente, à la meilleure amie égoïste fouteuse de merde, au petit ami amoureux transi qui ne sert strictement à rien. Les acteurs ne sont pas bons, mais en même temps, difficile de donner du corps à des personnages aussi restreints. Donc, il est impossible de ressentir de l’empathie pour tout ce petit monde, qui va jouer à une sorte de Scooby-doo.
Alors ici, il n’y a point de méchant caché sous un costume de monstre, les démons sont bien réels, mais au niveau de l’intrigue et de la résolution, on nage en plein nanar pour ados. C’est comme un Chair de Poule amélioré. On ne craint jamais vraiment pour les personnages, malgré des démons inspirés et plaisant à voir, comme la mariée ensanglantée, mais à chaque fois, les protagonistes s’en sortent via un deus ex machina bienheureux. Histoire de ne pas se fixer sur un démon en particulier, on va avoir droit à divers fantômes par très intéressants, à l’instar d’un loup-garou qui sort d’on ne sait quel objet. La résolution finale met en avant le travail d’équipe (Scooby-Doo), et on a même droit à un happy end un peu comique (Scooby-Doo). En bref, c’est inoffensif et cela s’adresse clairement à un public de néophytes.

Au final, Annabelle – la Maison du Mal est un film qui va sûrement plaire à un public qui n’a pas vu beaucoup de films d’horreur dans sa vie. On peut se laisser berner par sa mise en scène suffisamment élégante, ou encore par un casting qui n’est pas forcément désagréable. Mais il faut alors faire l’impasse sur une histoire rocambolesque, dont les tenants et les aboutissants font irrémédiablement penser à du Scooby-Doo pour adulte. Avec un body count qui avoisine les zéros, une absence totale d’originalité et un happy end final, on coche toutes les cases du film d’horreur fait pour des raisons mercantiles…
Note : 08/20
Par AqME
