août 18, 2022

Annabelle 2 – La Création du Mal

Titre Original : Annabelle : Creation

De : David F. Sandberg

Avec Stephanie Sigman, Talitha Bateman, Anthony LaPaglia, Miranda Otto

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Elle est de retour ! Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d’un orphelinat dévasté. Mais ce petit monde est bientôt la cible d’Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon…

Avis :

C’est en 2013 que James Wan va lancer un gros pavé dans la marre de l’horreur avec The Conjuring. Film d’épouvante se réappropriant les codes de l’exorcisme et s’appuyant sur un soi-disant fait réel, le film va être une réussite, aussi bien critique que public. Dès lors, une suite va être mise en route, toujours sous la houlette de James Wan, et le succès sera tel qu’un univers étendu va voir le jour. Le premier spin-off à sortir est Annabelle, en 2014, sous l’œil tordu de John R. Leonetti. Le film est alors un naufrage complet, digne d’un téléfilm au niveau de la mise en scène, et ne rend absolument pas honneur à la saga initiale. Cependant, le film est un gros, très gros succès. En effet, il engrange 257 millions de dollars de recette pour un coût initial de 6,5 millions. Forcément, James Wan et ses copains y voient une poule aux œufs d’or et enclenche presque immédiatement une suite. Sauf que cette fois-ci, comme pour Ouija, on aura droit à un préquel, et qui plus est, dirigé par un type qui a envie de faire de l’horreur.

A l’instar d’un Mike Flanagan qui a livré un préquel bien plus intéressant que l’original avec Ouija les Origines, David F. Sandberg, alors tout chaud patate de son Dans le Noir, prend les rênes d’Annabelle 2 et va tenter de surprendre tout le monde avec une Origin Story assez simple, mais qui s’insère parfaitement dans le Conjuring Universe, tout en faisant peur. Pour cela, le réalisateur suédois n’y va pas par quatre chemins, il propose un script simple, mais efficace, aussi bien dans la présentation du démon que dans le déroulement de l’histoire, mettant quelques orphelines dans une situation plus que délicate.

Le début du film nous met de suite dans l’ambiance. Le réalisateur va prendre le temps de présenter une famille simple et aimante avec leur petite fille. Tout le monde semble heureux, s’amuse et s’aime. Sauf qu’un accident va venir bouleverser cette petite vie paisible et nous, spectateurs, d’être cueillis par ce drame frontal qui nous arrive en pleine gueule. Dès lors, on est frais et on va vite ressentir de l’empathie pour ces parents qui viennent de perdre l’amour de leur vie et qui acceptent, dans un élan de générosité, d’accueillir dans leur grande demeure, quelques orphelines. Bien évidemment, les choses ne vont pas se passer comme prévu. Le père est mutique et massif et s’avère assez impressionnante. La mère reste couchée et demeure un mystère. Les petites filles sont très curieuses, voire même trop, et se posent comme des cibles parfaites pour libérer le démon. On sait exactement comment le film va se dérouler, mais on reste constamment sous tension et intéressé par ce qu’il se passe à l’écran grâce à une ambiance bien dosée et un rythme soutenu.

Si on est loin d’un James Wan sur la mise en scène, David F. Sandberg n’est pas un manche pour autant et il est l’un des rares cinéastes a parfaitement maîtrisé l’utilisation du noir. Il l’avait déjà démontré avec Dans le Noir et il récidive ici avec quelques plans qui sont très intéressants, notamment dans la gestion de la lumière pour montrer ce qui est invisible dans le noir complet. Yeux qui brillent, silhouette à peine décelable, reflet permettant de découvrir des choses, le réalisateur utilise tous les artifices pour imposer une ambiance anxiogène qui va marcher durant une bonne partie du film. Certes, il y aura des défauts, comme des rails tout tracés ou encore des jump scares pour forcément efficace, mais sur l’ensemble, on s’éloigne des carcans d’un genre un peu trop stéréotypé. Et si l’ensemble manque de money shots, de plans marquants, on saluera cette volonté de proposer quelque chose de pesant, de lourd dans l’ambiance, pour mieux nous surprendre sur certaines phases.

L’autre atout de cette suite (qui est un préquel, on le rappelle), c’est que sa dernière partie part vraiment en eau de boudin et ne se gêne absolument pas pour être une sorte de train fantôme où tous les tricks sont révélés. On va avoir droit à du démon farceur qui apparait dans des postures grotesques, de la petite fille qui grandit et qui se brise les os pour marcher de façon saccadée, des apparitions furtives voire même du gore assumé histoire de bouffer à tous les râteliers. Et à quelque part, même si ça reste presque drôle, ce n’est pas plus mal. David F. Sandberg a construit son intrigue, a livré une atmosphère particulière et à la fin, il lâche la bride pour montrer le véritable cauchemar de ces jeunes filles. C’est plutôt bien fichu, c’est ultra tendu, ça ne s’arrête jamais et cela montre la perversité du démon qui utilise la poupée comme vecteur pour venir dans notre monde. Et si d’un côté, ça reste presque trop frontal, c’est aussi pertinent dans la démarche rythmique du métrage. Et puis ça s’insère parfaitement dans le Conjuring Universe, avec de nombreux clins d’œil, notamment à La Nonne, qui arrivera plus tard, mais aussi à Conjuring avec la poupée originelle offerte en fin de métrage. Bref, tout cela est très cohérent.

Le bémol viendra des personnages et des actrices. Le couple parental est très bien. Anthony LaPaglia tient bien son rôle, il est mutique, massif, impressionnant, mais aussi fragile et on ressent que cet homme souffre. Il en va de même pour Miranda Otto, qui sera, à quelque part, celle qui va révéler les secrets d’Annabelle. Par contre, pour la bonne sœur et les petites filles, c’est un peu la douche froide. Outre la gamine qui souffre de la polio, les autres sont à peine esquissées, et elles rentrent dans un moule informe. Hormis les deux grandes qui s’amusent à se faire peur, on ne sait rien d’elles et on se foutra un peu de leur devenir. Il en va de même pour les deux autres plus jeunes, qui n’ont d’ailleurs aucune ligne de dialogue. Enfin, Lulu Wilson, que l’on avait déjà vu dans Ouija les Origines (qui tient pas mal d’accointances avec ce film) est plutôt sympathique, mais a tendance à constamment surjouer la peur et c’est pénible.

Au final, Annabelle 2 – La Création du Mal est une bonne surprise. Si le premier film était vraiment très mauvais, celui-ci relève la barre de façon significative. Entre une ambiance savamment gérée, des effets de peur plutôt efficaces et un rythme relativement dense avec beaucoup d’idées de mise en scène, Annabelle 2 peut se targuer, malgré ses défauts évidents, d’être supérieur à son aîné et de relancer une franchise qui commençait relativement mal.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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