mai 11, 2021

Defender

Titre Original : Krrish 3

De : Rakesh Roshan

Avec Hrithik Roshan, Vivek Oberoi, Priyanka Chopra Jonas, Kangana Ranaut

Année : 2013

Pays : Inde

Genre : Super-Héros

Résumé :

Un virus d’un nouveau genre venu d’Afrique du Sud ravage la planète. Tandis que les victimes s’accumulent aux quatre coins du globe, la communauté scientifique cherche désespérément un vaccin. Derrière cette épidémie se cache le Dr Kaal, un chercheur renégat entouré d’une armée de créatures mutantes issues de ses expériences. Alors que le chaos s’étend, tout espoir semble perdu. C’est sans compter sur le Defender, un héros masqué, sombre et solitaire, qui hante les hauteurs des mégapoles. Ses pouvoirs sont démesurés : il vole à des vitesses supersoniques, bondit d’immeuble en immeuble et peut soulever des buildings. Mais tout cela est-il suffisant pour endiguer la funeste menace qui plane sur l’humanité ?

Avis :

Rakesh Roshan est un réalisateur indien qui a commencé sa carrière en tant qu’acteur dans les années 70. Ses premières réalisations se trouvent à la fin des années 80 et s’il va beaucoup tourner, il va lui falloir patienter et attendre « Koi… Mil Gaya » en 2003 pour rencontrer le succès. « Koi… Mil Gaya« , c’est le premier volet de ce qui compose aujourd’hui une trilogie super-héroïque made in Bollywood. Depuis, le réalisateur s’est presque entièrement consacré à cette trilogie. S’ensuivra « Krrish » en 2006 et le film dont on va parler aujourd’hui. Et oui, on va parler tout d’abord du troisième opus, car on a commencé par là, et surtout, on ne savait pas que « Defender » était la suite d’une suite.

Les supers héros, s’il y a bien un « genre » qui a pris une énorme part de marché ces quinze dernières années, c’est bien le film de super-héros. Que ce soit sur le grand écran ou à la télévision, on pourrait presque dire qu’il n’y a plus que ça. On connaît tous les films américains, mais d’autres s’y emploient et aujourd’hui, je suis allé jeter mon œil du côté de Bollywood, qui de son côté ne lésine pas sur le genre depuis des années entre « Voltage« , « Drona« , « A flying Jatt » ou encore « Brahmastra » et bien entendu la trilogie « Krrish« .

À la découverte de « Defender« , le moins que l’on puisse en dire, c’est que si vous avez envie de vous marrer entre potes, alors il ne faut pas hésiter, car « Defender » est un bon menu maxi best of de tout et n’importe quoi, et si le film de Rakesh Roshan est bourré de défauts, il faut bien admettre que l’ensemble est attachant, drôle, inhabituel et que ce Blast, son savant fou, son équipe d’X-Men, ses effets spéciaux grossiers, ses idées et ou encore ses scènes de danse sont un bon gros plaisir coupable.

Un virus ravage la Namibie et cette dernière ne peut compter ses victimes. Derrière ce virus se cache le Dr Kaal, dont le plan diabolique est d’instaurer la peur. Le Dr Kaal est un scientifique fou doté de pouvoirs paranormaux qu’il ne peut exploiter totalement, car ce dernier est paralysé. Kaal crée et diffuse des virus. Après quelques semaines ou mois, son laboratoire propose un antidote, et ainsi, il peut se faire énormément d’argent afin de pouvoir prolonger ses recherches pour le sortir de ce fauteuil. Sa rencontre avec Blast, super-héros du peuple qui vient quand tout espoir est perdu, va faire des étincelles…

Par où commencer tant ce « Defender » tutoie les étoiles du très grand n’importe quoi. Un n’importe quoi génial, tripant et tripé, qu’il faudra, pour l’apprécier évidemment, le remettre dans son contexte et son pays. Dans un sens, on peut dire que ce « Defender » et ses potes, c’est la réponse made in Bollywood à Hollywood, à un détail près, c’est que Bollywood, s’il a gardé toute sa culture indienne, a aussi énormément piqué à Hollywood pour donner naissance à ce film.

Comme je le disais, « Defender« , c’est le troisième film de ce qui compose aujourd’hui une trilogie et à la question, s’il faut avoir vu les deux premiers avant, évidemment, ce serait mieux, mais pour ma part, ne les ayant pas vu, je ne me suis pas senti perdu, notamment grâce à une introduction très grossière, il faut le dire, qui récapitule tous les événements qui se sont déroulés dans les chapitres précédents, et qui nous présente qui sont les personnages et qu’elles sont leurs relations. Bref, cette introduction a des allures de récap de saison, si « Defender » devait être une série. D’ailleurs, cette sensation de regarder une série, on va la retrouver tout au long du film qui lors de son montage, fait des choix très étranges et installe plusieurs cliffhangers qui durent l’espace de quelques secondes, un peu comme si l’on finissait un épisode et qu’il fallait attendre la semaine d’après pour avoir la suite. « Defender » fait ce choix-là, mais la suite, on l’a immédiatement, et c’est très étrange comme procédé.

« Defender« , c’est un film où l’on trouve à boire et manger, du bon et du mauvais, et que ce soit donc dans sa mise en scène ou dans son intrigue, le film de Rakesh Roshan est un bordel sans nom. C’est bien simple, d’un côté comme de l’autre, le film part dans tous les sens, nous offrant un spectacle où l’incohérence, le kitsch, et une sorte de folie ambiante hantent chaque plan.

Tout en gardant cet héritage indien et sa culture, « Defender » aura le droit à ses croyances, ses traditions, ses rituels et bien entendu Bollywood oblige, ses scènes de danse et de chant (scènes bien foutues et hormis la troisième qui est carrément un clip en plein milieu du film, les autres auront beaucoup de charme et elles servent bien l’intrigue), Rakesh Roshan nous offrira aussi tout ce qu’il aime dans le cinéma international. Ainsi, les inspirations, les clins d’œil et autres pillages même, seront monnaie courante. « Defender« , c’est aussi bien du « X-Men » que du « Superman« , du « Avengers« , du « Spiderman« , du Marvel, du DC. Ici, tout y passe, et surtout tout y passe de manière totalement décomplexée et c’est ça qui est génial.

On ajoutera à cela que le scénario en lui-même est presque une caricature du film de super-héros, cochant toutes les cases du cahier des charges que le genre peut avoir. Cela aurait très bien pu être insupportable, surtout que le tout s’étale sur presque deux heures quarante de film et pourtant, même si c’est souvent kitsch, souvent de mauvais gout, souvent raté, infantilisant au possible, parfois mal joué, les comédiens en fond des caisses et l’on ne sait pas vraiment vers qui notre cœur penche entre Hrithik Roshan qui ici tient un triple rôle, jouant Blast, l’homme simple qui se trouve derrière le costume, mais aussi et surtout son père, sorte de scientifique de renom qui peut faire penser à un « Forrest Gump » et Vivek Oberoi qui en scientifique fou et démoniaque s’éclate, mélange du Charles-Xavier, du Magnéto, mais aussi du Robocop, abordant un costume dont on va bien avoir du mal à se remettre… Il fallait oser le porter…

Côté mise en scène, « Defender » est clairement trop long et on aurait pu lui enlever beaucoup de scènes qui ne servent à rien, comme le clip en milieu de film, la scène des glaces, tout ce qui tourne autour du virus qui est très compliqué. Les décors font souvent fake, les costumes, on n’en parle même pas. Les effets spéciaux sont voyants, mais ils tiennent le coup à condition d’avoir les idées larges. On a aussi le montage qui laisse à désirer ou encore la photographie qui est bien trop flashy. Et pourtant, malgré tout ça, « Defender » est un film qui trouve son charme, qui se fait plaisant, qui ose et qui tient son délire. On peut même dire que c’est un film qui croit en son délire. On s’amuse beaucoup devant le film de Rakesh Roshan qui se pose comme une comédie d’action folle et délurée et c’est finalement ce qui compte. On arrivera même à y trouver quelques moments touchants, tendres et pleins d’émotion, c’est dire.

« Defender« , ça passe ou ça casse. « Defender« , c’est du Bollywood en veux-tu en voilà, on parle quand même ici d’un super-héros qui se met à chanter et danser, donc, à partir de ce moment-là, soit on entre dans le délire et l’on se laisse porter, soit on rejette brutalement, et là, l’expérience ne devrait pas passer la première demi-heure de film.

Note : 12/20

Par Cinéted

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