mars 11, 2026

Kiss of the Spider Woman – Comédie Musicale Bien Sage

De : Bill Condon

Avec Jennifer Lopez, Diego Luna, Tonatiuh, Bruno Bichir

Année : 2026

Pays : Etats-Unis

Genre : Musical, Drame, Romance

Résumé :

Valentín, prisonnier politique, partage sa cellule avec Molina, décorateur de vitrines incarcéré pour outrage à la pudeur. Une relation inattendue se noue entre les deux hommes, nourrie par les récits de Molina, qui entraîne son codétenu dans l’univers d’une comédie musicale hollywoodienne incarnée par la mythique diva Ingrid Luna.

Avis :

Le réalisateur américain Bill Condon nourrit depuis longtemps l’envie d’adapter à l’écran la célèbre histoire de “Kiss Of The Spider Woman”, roman écrit en 1976 par l’auteur argentin Manuel Puig. L’œuvre avait déjà connu plusieurs vies : une adaptation cinématographique marquante en 1985 réalisée par Héctor Babenco, puis une comédie musicale à Broadway dans les années 1990. Grand amateur de comédies musicales et de récits mêlant émotion, marginalité et politique, des thèmes déjà présents dans des films comme “Gods and Monsters” ou “Dreamgirls”, Bill Condon voyait dans cette histoire l’occasion idéale de revenir à un cinéma plus personnel. Son projet autour de “Kiss Of The Spider Woman” naît ainsi du désir de mêler drame intime, imaginaire musical et réflexion politique, tout en rendant hommage à un récit culte qui parle d’isolement, de fantasme et de liberté dans un contexte de répression.

Très difficile à voir en salle, on pourrait presque dire que “Kiss Of The Spider Woman” a eu une sortie pour la gloire, histoire de dire qu’il a eu sa petite chance. Trois semaines seulement après sa sortie, il ne reste plus que deux salles en France qui le passent et c’est bien dommage, car même s’il ne se posera pas comme le meilleur film de l’année, ni même le meilleur film de son réalisateur, “Kiss Of The Spider Woman” demeure un film intéressant dans ce qu’il raconte. Mêlant drame, histoire, comédie musicale, un poil de pastiche et des thèmes forts, ce retour de Bill Condon, six ans après “L’art du mensonge”, méritait plus de lumière.

« l’ensemble peut parfois sonner comme assez classique et prévisible »

Au milieu des années 70 au Chili, Molina, la vingtaine, vient d’être arrêté et jeté en prison, car il a été surpris avec un homme dans des toilettes publiques. Le jeune homme va partager sa cellule avec Arregui, un prisonnier politique. Arregui est un homme qui aime le silence, qui passe ses journées à lire ou à réfléchir. Contre toute attente, une relation d’amitié se noue entre les deux hommes. Molina parle d’autres horizons à Arregui. Enfin, il lui parle surtout d’un film qu’il adore, “Le baiser de la femme araignée”, une comédie musicale tout ce qu’il y a de plus hollywoodienne. Toutes les nuits ou presque, Molina transforme sa cellule en comédie pleine de couleurs…

Pour son retour dans les salles obscures, Bill Condon avait de l’ambition. Il avait envie d’un film flamboyant et il avait envie de retourner dans la comédie musicale, genre qu’il avait déjà mis en scène avec “Dreamgirls” et “La Belle et la Bête”. “Kiss Of The Spider Woman” est un film original aussi bien dans ce qu’il raconte que dans son exécution, même si l’ensemble peut parfois sonner comme assez classique et prévisible.

Ainsi, le film nous raconte une époque, la dictature au Chili, un combat avec ses opposants emprisonnés, et derrière ça, le film parle de la manière dont l’imaginaire et la culture peuvent faire s’évader. L’ensemble est joliment mené. L’intrigue fait des allers-retours incessants entre l’horreur de la prison, la relation qui s’installe entre ces deux hommes et la folie toute en technicolor de cette comédie musicale que Molina affectionne tant et fait revivre au travers de ses souvenirs du film. Le film est fluide, le rythme ne faiblit pas. Bill Condon nous tient avec sourire et intrigue jusqu’au bout de cette histoire qui, même si elle se fait prévisible via sa métaphore, demeure toutefois touchante.

« il manque un peu de folie »

Après, si “Kiss Of The Spider Woman” ne marque pas davantage, c’est peut-être parce qu’il manque un peu de folie. Le film ne déborde pas. Il reste très propre, pour ne pas dire très académique, et c’est sûrement pour ça qu’il ne reçoit pas plus de lumière. Ce constat est vraiment dommage, car le film est parcouru de sujets et de thèmes passionnants. La prison n’est pas seulement un lieu d’enfermement, de privation de liberté, c’est aussi un endroit plein de tensions, de peur et parfois, plus étrangement, de désir inavouable. Ici les émotions sont à fleur de peau et la moindre idée pour s’évader est la bienvenue.

Puis derrière ça, le film, en oscillant entre les univers, offre quelque chose d’intéressant à regarder. D’un côté, on trouve un film froid et sombre, bloqué entre quatre murs, avec une caméra qui filme très bien la souffrance des corps et des visages. Des corps et des visages parfaitement incarnés par deux très bons comédiens, Diego Luna et Tonatiuh. Et de l’autre, il y a un film flamboyant qui déborde de couleurs. Un film mené tambour battant par une Jennifer Lopez excellente, qui trouve là l’un de ses meilleurs rôles. À noter que, du côté comédie musicale, le film est plein de chansons entraînantes et très bien orchestrées.

Au bout du compte, “Kiss Of The Spider Woman” se pose comme un film aussi original que classique. C’est un film complexe, mais qui se fait prévisible en même temps. Bill Condon nous entraîne entre deux couleurs, pour un film sombre d’un côté, flamboyant de l’autre, et même s’il ne se posera pas comme le meilleur film de son réalisateur, il ne mériterait certainement pas ces projecteurs totalement éteints sur lui.

Note : 12/20

Par Cinéted

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