
Titre Original : Rental Family
De : Hikari
Avec Brendan Fraser, Mari Yamamoto, Takehiro Hira, Shannon Mahina Gorman
Année : 2026
Pays : Etats-Unis, Japon
Genre : Drame, Comédie
Résumé :
Tokyo, de nos jours. Un acteur américain qui peine à trouver un sens à sa vie décroche un contrat pour le moins insolite : jouer le rôle de proches de substitution pour de parfaits inconnus, en travaillant pour une agence japonaise de « familles à louer ». En s’immisçant dans l’intimité de ses clients, il commence à tisser d’authentiques relations qui brouillent peu à peu les frontières entre son travail et la réalité. Confronté aux complexités morales de sa mission, il redécouvre progressivement un but, un sentiment d’appartenance et la beauté sereine des relations humaines…
Avis :
Hikari est une réalisatrice et scénariste japonaise qui s’est progressivement imposée dans le paysage du cinéma et des séries internationales. Après avoir étudié le cinéma aux États-Unis, elle réalise plusieurs courts-métrages remarqués dans les festivals. Son style est très attentif aux émotions et à l’intimité de ses personnages.

Elle se fait connaître avec son premier long-métrage « 37 Seconds » (2019). Le film remporte plusieurs récompenses et attire l’attention pour son regard sensible sur le handicap, la sexualité et la quête d’indépendance. Depuis, Hikari partage son travail entre le Japon et les États-Unis, réalisant aussi bien des films que des séries, notamment pour des productions internationales, tout en conservant un cinéma très humain, centré sur des personnages marginalisés ou en quête de place dans le monde.
« “Rental Family…” est un film qui se révèle terriblement touchant «
La trajectoire de Brendan Fraser est assez incroyable. Acteur de blockbusters ultra divertissants, puis acteur totalement oublié, il a connu des années de vaches maigres avant de revenir chez Darren Aronofsky et de s’imposer désormais dans le cinéma d’auteur. Depuis son Oscar en 2024, Brendan Fraser choisit très bien ses films et quel plaisir de le voir débarquer dans le cinéma de Hikari pour l’un des films les plus jolis de ce début d’année. Un film mignon et très touchant. Une petite bulle d’air frais qui malheureusement se trouve très mal distribuée, et ça, c’est vraiment dommage.
À Tokyo, Phillip est un comédien américain à la carrière stagnante. Un jour, il est engagé pour jouer un américain triste dans une cérémonie d’enterrement. Ce jour-là, il découvre un métier étrange via une agence qui loue des gens pour représenter un frère, un père, un amant ou tout ce que le client veut. Au départ très circonspect face à cette démarche, Phillip va se laisser prendre au jeu et découvrir une nouvelle facette de la culture japonaise.
La petite mignonnerie qu’on n’avait pas vu venir, c’est donc “Rental Family…”, le deuxième long-métrage de Hikari. La première chose qui donne envie de s’arrêter sur le film de la réalisatrice japonaise, c’est bien sûr la présence de l’acteur américain, mais une fois dépassé cet appel d’offre, “Rental Family…” est un film qui se révèle terriblement touchant pour tout ce qu’il raconte.
« “Rental Family…” est un film très social, qui parle de la solitude »
Doté d’un scénario joliment écrit, ce film nous fait découvrir une nouvelle facette de la société japonaise. Une facette où il est possible de louer une personne pour lui faire incarner ce que l’on veut, afin de revivre une émotion, un état, un souvenir, ou simplement se dédouaner.
Évidemment, on découvre tout cela à travers le regard de ce grand type quelque peu paumé qui ne passe pas inaperçu. Au fil de ses missions, qui sont certes un peu attendues pour certaines, on se laisse facilement avoir, car la réalisatrice prend le temps de filmer les émotions. Elle prend le temps de nous présenter ses personnages et son concept. Et surtout, avec ça, elle injecte beaucoup d’humour dans sa trame. Il est bien difficile de ne pas sourire ou pleurer devant les différentes rencontres et moments que “Rental Family…” nous offre.
Derrière cette idée de louer une personne, “Rental Family…” est un film très social, qui parle de la solitude, du mensonge, du regard des autres, du passé qu’on oublie ou que l’on n’a pas envie d’oublier. Et plus encore des liens entre les personnages, avec cette famille de substitution qui peut s’installer gentiment et devenir essentielle.
Le tout est amené avec beaucoup de délicatesse et de subtilité, et cela même quand l’intrigue se fait prévisible. Mais en même temps, au sein de cette histoire, à ces moments-là, aurions-nous voulu autre chose ? Je ne crois pas.
« un Brendan Fraser à tomber »
On ajoute à tout cela une réalisation faite de tendresse, de moments intimes et universels à la fois. Puis il y a cette évasion dans ce Japon aux multiples couleurs. C’est très beau, très bien pensé. L’ensemble est fluide, bien monté et les presque deux heures passées en compagnie de ces personnages passent bien trop vite.
Et lorsqu’on parle des personnages, en plus d’un Brendan Fraser à tomber, “Rental Family…” propose aussi une palette d’acteurs merveilleux qui incarnent de très beaux personnages. Impossible de passer à côté de l’équipe de cette agence si particulière (Mari Yamamoto, Takehiro Hira et Fumiya Kimura), ou encore de certains clients qui ressortent de manière très émouvante, comme Akira Emoto et Shannon Gorman.

Au bout du compte, “Rental Family : dans la vie des autres” se pose comme un très joli film, qui sait nous tenir avec tendresse et délicatesse d’un bout à l’autre. On sourit souvent, on pleure aussi et surtout on adore le voyage. On est touché par les métaphores et par tout ce que le film porte en lui. Bref, ce film est un petit coup de cœur qui mériterait bien plus de lumière que le peu qu’il a.
Note : 15/20
Par Cinéted
