
Titre Original : Thrash
De : Tommy Wirkola
Avec Phoebe Dynevor, Whitney Peak, Djimon Hounsou, Stacy Clausen
Année : 2026
Pays : Etats-Unis, Australie
Genre : Thriller, Horreur
Résumé :
Au cœur d’un ouragan catastrophique, une ville côtière lutte contre la fureur de la nature et une attaque de requins. Bravant les pluies torrentielles, les débris et l’obscurité, les habitants s’unissent pour survivre aux prédateurs mortels et réussir à traverser la tempête.
Avis :
Les prédateurs naturels sont une manne inépuisable pour les scénaristes. Crocodiles, requins, araignées, tous ces animaux qui peuvent représenter un danger pour l’homme sont rapidement devenus des égéries du film d’horreur, que l’on a ensuite rebaptisé en survival. Depuis Les Dents de la Mer de Steven Spielberg, le requin est diabolisé et on ne compte même plus le nombre de films qui tournent autour des squales. Du film sérieux au nanar le plus assumé qui soit, du requin à six têtes en passant par le requin fantôme ou zombie, ce pauvre poisson est passé par bien des âneries, ou des films plus marquants. Et c’est cyclique. C’est-à-dire que quand les beaux jours reviennent, on a droit à notre film de requin, notamment sur les plateformes de streaming comme Netflix. Et après le divertissant mais abrutissant Sous la Seine, voici que déboule Nature Prédatrice.

Derrière la caméra, on retrouve Tommy Wirkola, un réalisateur qui s’est fait un nom dans le domaine de l’horreur gore et délurée avec le diptyque Dead Snow. En se faisant remarquer de la sorte, il a attiré les yeux des producteurs américains, et maintenant, il fait quelques allers-retours entre les Etats-Unis et sa Norvège natale. En voyant son nom affilié à un film de requins, on peut se dire que les choses vont être funs et gores, mais ce ne sera pas vraiment le cas. Il faut dire que Netflix est passé par là, et impose un cahier des charges bien précis pour ne pas choquer son audimat. De ce fait, Nature Prédatrice va être un survival très simple, qui suit plusieurs personnes prises au piège par une tempête qui fait monter les eaux, et venir des requins-bouledogues. Cependant, la simplicité va prendre une tournure gênante sur bien des points.
« il est difficile de faire l’impasse sur les personnages, qui seront inconséquents »
En premier lieu, il est difficile de faire l’impasse sur les personnages, qui seront inconséquents. Le scénario a beau prévoir plein de protagonistes différents, avec des chemins de vie multiples, rien de viendra nous les rendre empathiques, ou au mieux, intéressants. On va d’abord suivre le personnage de Dakota, une jeune fille qui vient de perdre sa mère et qui est devenue agoraphobe. Elle doit sortir pour faire des courses, mais elle en est incapable, et du coup, elle reste chez elle. Par la suite, on va voir trois gamins qui se jettent dans un lac, et on va découvrir qu’ils sont dans une famille d’accueil, qui ne fait pas ça par amour, mais seulement parce que ça paye bien. Enfin, on va suivre Lisa, une jeune femme enceinte, qui doit quitter la ville après son boulot, mais qui se retrouve piégée dans sa voiture.
Le film se scinde alors en trois parties distinctes. La première concerne Dakota et Lisa, puisque Lisa se retrouve coincée dans sa voiture face à la maison de Dakota, et cette dernière va devoir se faire violence pour la sauver. Le message est simple, il faut se dépasser pour aider les autres, tout en restant prudent. L’alchimie ne marche qu’à moitié, puisque chacune ne pense qu’à sa tronche. L’une souhaite quitter ce lieu au plus vite, alors que l’autre va pour accoucher dans des conditions spartiates. La deuxième partie tourne autour de ces trois gamins, qui vont devoir survivre tout seuls, après que le couple qui les accueille se soit fait bouloter par des requins. Encore une fois, l’entraide sera de mise, surtout entre frères et sœur, qui font tout faire pour se sortir de ce bourbier. Bref, que du classique sans grande ambition.
« Nature Prédatrice ne sera qu’une accumulation de clichés sur pattes »
La troisième partie concerne l’oncle de Dakota, un chercheur qui s’est spécialisé dans les requins, et qui se décide à partir à la rescousse de sa nièce. Il sera le côté explicatif du film, autour de la tempête, et de l’invasion de requins-bouledogues, ou encore de l’arrivée d’un grand requin blanc (il n’y en jamais assez). Et c’est sans aucun doute là-dessus que le film pêche, en plus d’une flopée de personnages qui n’ont qu’une fonction. Nature Prédatrice ne sera qu’une accumulation de clichés sur pattes, où il faut tout le temps en rajouter pour espérer faire durer le suspense. Un grand blanc qui arrive (et qui ne sert à rien au final), une femme qui accouche dans l’eau au milieu des requins et qui va tout faire pour sauver son bébé, un type qui réapparait après avoir fait de l’apnée pendant près d’une heure, c’est du grand n’importe quoi.
Avec Tommy Wirkola, on était en droit d’attendre une mise en scène un peu cracra, avec des délires sanguinolents, mais il n’en sera rien. Si le début se fait assez prometteur, avec de belles images et quelques effets spéciaux pas trop dégueulasses, on va vite déchanter par la suite. Le film est très timide en effets gores, et on rentre pleinement dans les carcans de tout film Netflix. Il ne faut pas trop déranger, et on n’a pas de situations qui mettent vraiment la pression. Même au niveau de l’ambiance, ça reste basique et peu inspiré. Le pire reste la scène de fin, avec une incrustation immonde, montrant que le film a été tourné en studio. Et puis la dernière scène, qui annonce une suite, avec un nouvel évènement catastrophique en approche, c’est vraiment un « move » de la plateforme, qui va alors miser sur le succès du film.

Au final, Nature Prédatrice est un mauvais film, bien qu’il soit divertissant sur l’instant. Il est court, il se passe toujours quelque chose, et l’ennui ne pointe que tardivement le bout de son nez. Cependant, il faut dire que le long-métrage de Tommy Wirkola ne brille pas par sa mise en scène, ni par son originalité. On a vu mieux avec le film australien Bait (et pourtant, ce n’était déjà pas fameux), ou encore Crawl d’Alexandre Aja, avec des crocos à la place des squales.
Note : 08/20
Par AqME
