avril 22, 2026

Pilori – Sans Adieu

Avis :

Il y a des genres musicaux, il vaut mieux que l’album soit court pour pleinement l’apprécier. Et en règle générale, cela concerne surtout les genres très violents du métal, comme le Grindcore, le Brutal Death Metal, ou tous les dérivés de ces sous-genres. Il faut dire que se prendre des parpaings dans la tronche, à la longue, c’est épuisant. Cela, certains groupes l’ont parfaitement compris, comme par exemple Paleface Swiss et son dernier opus qui ne dépasse pas la demi-heure, ou encore les français de chez Pilori, dont le précédent opus faisait vingt-neuf minutes. Originaire de Rouen, le quatuor officie dans un mélange des genres qui demeure brutal, entre Grindcore, Crust et Black Metal, au sein d’une production assez massée, entre Frozen Records et Terrain Vague Records, un label qui leur appartient. Sans Adieu est leur troisième album studio, et on peut dire que ça défouraille.

On pourrait croire, à travers le nom du groupe, ainsi que le choix de la pochette, que l’on va faire face à du pur Black, mais il n’en sera rien. Pilori est un groupe qui mélange les genres et les époques pour parler d’émotions, d’occultisme et parfois de sujets qui ont trait à l’horreur. Tout commence avec Lèse-Majesté, un morceau qui parle de vengeance avec un certain sens de la percussion. Le démarrage est un vrai rouleau-compresseur, avant de ralentir un peu le rythme au niveau des riffs, pour laisser plus de place à la batterie. Le mélange entre Grindcore et Black fonctionne bien, et on a la sensation d’avoir un parfait équilibre entre les genres. Le seul gros bémol que l’on peut apporter à ce titre (mais c’est valable pour tous les autres), c’est qu’il faut avoir les paroles pour bien comprendre ce qui est dit.

Ce n’est pas forcément un problème de production, c’est le genre qui veut ça, mais un peu plus de clarté aurait été le bienvenu. A Pierre Fendre ressemble un petit peu au précédent titre, sauf qu’il épouse plus volontiers une démarche plus Black dans son déroulement. Le tempo est plus lent, jusqu’à un point de rupture qui lance le blast de la batterie, pour tomber dans du pur Black. Mais encore une fois, le groupe joue des nuances avec une accélération inattendue qui confère au Hardcore. Une évolution plaisante, et qui est la marque de fabrique du groupe. Le Hardcore sera encore plus prégnant avec Le Couteau par la Lame, un titre court et virulent, qui ne laisse que peu de temps pour respirer. Les riffs sont étouffants, l’ensemble est dense et d’une puissance sans équivoque. Bref, ça fracasse très fort.

Par la suite, le groupe va lancer son coup de grâce. Chiendent est un morceau sans concession, qui n’est que violence et riff d’une extrême lourdeur. Les français montrent toute leur puissance dans un titre qui ne dépasse pas les deux minutes, et qui permet de faire la transition sur Chaos Rampant, qui va venir nous épuiser un peu plus. Pendant près de trois minutes, l’intensité ne baisse pas d’un iota, et on va se prendre une mandale monumentale. Les rouennais rivalisent d’intelligence pour varier les plaisirs, tout en gardant à l’esprit cette volonté de changer de genre sans baisser d’intensité. Cette première moitié d’album passée, on aura droit à Sans Adieu, un interlude calme et presque apaisant, s’il n’avait pas ce côté angoissant et inquiétant du violoncelle. Il y a un côté film d’horreur là-dedans, et c’est très addictif. D’autant plus que ça rentre parfaitement dans l’ambiance de l’album.

Cela va permettre de donner plus de poids à La Présence des Absents, un morceau qui parle d’amour perdu et de deuil. Savamment construit, le morceau monte progressivement, avec un air prenant et insidieux, qui reste un long moment en tête. Avant que le Vent ne se Lève change alors de tempo, pour quelque chose de plus lent, mais de plus lourd. La double-pédale de la batterie sert alors d’appui à des riffs plus denses et percutants. Volontaire va alors surprendre. Le chant clair fait son apparition, il y a une vraie densité dans la mélodie, et les paroles ont un coté mélancolique qui marche à merveille. On pourrait presque croire en une pause, mais le titre réserve son lot de surprise, et les passages violents sont vraiment très bons. Enfin, pour clôturer tout ça, La Rose et l’Epine renoue avec un Crust puissant et sans fioriture.

Au final, Sans Adieu, le dernier album de Pilori, est une belle réussite dans le genre, même si c’est à réserver à des oreilles averties. Puissant, virulent, pas si facile d’accès, cet effort studio ne mâche pas ses efforts pour nous mettre à terre plus d’une fois, avec des riffs en rouleau-compresseur et un chant growlé qui tabasse à tous les étages. Bref, trente-quatre minutes d’écoute, c’est amplement suffisant pour prendre toute l’ampleur du groupe, qui frappe très fort.

  • Lèse-Majesté
  • A Pierre Fendre
  • Le Couteau par la Lame
  • Chiendent
  • Chaos Rampant
  • Sans Adieu
  • La Présence des Absents
  • Avant que le Vent ne se Lève
  • Volontaire
  • La Rose et l’Epine

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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