avril 22, 2026

The Cosmic Dead – Beyond the Beyond

Avis :

Il y a des groupes, on peut faire ce qu’on veut, ils demeurent insaisissables. C’est-à-dire que l’on peut écouter leurs albums et ne jamais rentrer dedans. Ou alors, on peut effectuer des recherches pour en savoir plus, et on tombe sur des informations étranges, dont il faut faire un tri épuisant. Dans les deux cas, The Cosmic Dead rentre dans chacune des cases. Groupe écossais qui s’est fondé au début des années 2010, leur crédo est un rock psychédélique qui invite à la contemplation spatiale, tout en étant quasiment en improvisation. Forcément, dit comme ça, on se doute un peu que c’est une musique de niche, mais ce n’est rien, puisqu’il faut rajouter à cela des éléments Stoner, avec quelques convocations au chamanisme. Un joyeux bordel qui se retrouve aussi dans la discographie du groupe, faite d’albums, de lives et d’autres trucs plus nébuleux.

S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher au groupe, c’est son travail acharné. C’est bien simple, à ses débuts, le groupe était capable de sortir plusieurs galettes dans la même année, comme en 2013 où l’on peut compter deux albums studio, un album live et un split avec le groupe Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs (là aussi, c’est un autre délire). Si la machine s’est un peu rouillée depuis, les écossais restent très dynamiques, et ils ont signé sur le label Heavy Psych Sounds Records depuis 2021. Le dernier album en date, Infinite Peaks, datait de 2024, et c’est deux ans plus tard que sort alors Beyond the Beyond, ce que l’on pourrait qualifier de dixième album studio (enfin, je crois…). Et il faut s’accrocher pour adhérer au délire. Quatre morceaux, trois qui dépassent les dix minutes, et un de trois.

On peut déjà noter un certain déséquilibre dans le choix des pistes. Qu’est-ce qui justifie qu’un titre va dépasser les seize minutes, alors qu’un autre ne va en faire que trois ? Par grand-chose, sinon une envie de dérouter son auditoire et de faire ce que l’on veut. The Cosmic Dead se fout de la cohérence et de caresser son public dans le sens du poil. Leur volonté est de nous faire voyager, et ils y arrivent à moitié. Si on est bourré, ou complètement stone, ça peut marcher. Mais si on veut de la musique plus mainstream, ou des élans plus virulents, il faudra repasser. Tout commence avec Furthur, un titre de plus de seize minutes qui monte crescendo. On y entend des paroles qui pourraient être des litanies chamaniques, qui vont monter petit à petit, avec une mélodie qui reste sur le même tempo.

Autant dire que c’est long, surtout qu’hormis un petit solo à la guitare, avec une production cracra digne du Stoner, on n’aura pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et c’est de là que vient la réflexion autour du concept d’être stone pour adhérer au délire. Il faut quasiment être dans un état second pour réellement apprécier le truc. Stronger va d’ailleurs dans le même sens. Outre le fait que l’on s’éloigne du Rock pour avoir un truc vaguement électro rétro, la redondance de la mélodie et l’absence de variations de tempo agace plus qu’autre chose. Mais comme le titre dépasse à peine les trois minutes, il est plus digérable que le précédent. C’est alors que survient Aurora, et là, on aura quelque chose d’un peu plus accessible. Certes, on dépasse les neuf minutes, et le rock sera au second plan, mais il se passe un truc.

Il y a une vibe jazzy qui se dégage de ce titre, avec une douceur appréciable. La ligne de basse est bien mise en avant, avec une batterie qui roule tranquillement. On sent qu’il y a une montée en puissance qui s’opère, et même si elle arrive trop tardivement (au bout de six minutes environ), il y a des sonorités qui sont plaisantes et plus abordables que précédemment. Enfin, le groupe conclut son album avec Aether, qui file alors vers les plus de douze minutes. Ici, l’ambiance est plus étouffante et solaire, mais comme pour les morceaux précédents, on a droit à une montée progressive. Une montée qui prend trop son temps et attend les six minutes d’exploration pour lancer son chant druidique et ses expérimentations musicales. Ce n’est pas si mal que ça, mais c’est long, et loin de toute convention musicale.

Au final, Beyond the Beyond, le dernier album de The Cosmic Dead, porte bien son nom. On est clairement au-delà de l’au-delà. Doté d’uniquement quatre pistes quasiment instrumentales, le groupe écossais force à l’intrigue mais pousse parfois le bouchon trop loin. Trop long, trop répétitif, il faudrait presque être dans un état second pour totalement apprécier ces expérimentations musicales. Alors certes, ce n’est pas mauvais, et certains amateurs d’exploration seront comblés, mais c’est un album exigeant, dans lequel il faut rentrer en toute connaissance de cause…

  • Further
  • Stronger
  • Aurora
  • Aether

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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