mai 29, 2024

Suzume – Shinkai, Grand Sensei

Titre Original : Suzume no Tojimari

De : Makoto Shinkai

Avec les Voix Originales de Nanoka Hara, Hokuto Matsumura, Eri Fukatsu, Shôta Sometani

Année : 2023

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Dans une petite ville paisible de Kyushu, une jeune fille de 17 ans, Suzume, rencontre un homme qui dit voyager à la recherche d’une porte. Décidant de le suivre dans les montagnes, elle découvre une porte délabrée trônant au milieu des ruines, seul vestige ayant survécu au passage du temps. Cédant à une inexplicable impulsion, Suzume tourne la poignée, et d’autres portes s’ouvrent alors aux quatre coins du Japon, laissant passer toutes les catastrophes qu’elles renfermaient. L’homme est formel : toute porte ouverte doit être refermée. Suzume s’est égarée où se trouvent les étoiles, le crépuscule et l’aube, une voûte céleste où tous les temps se confondent. Guidée par des portes nimbées de mystère, elle entame un périple afin de toutes les refermer.

Avis :

Makoto Shinkai fait partie d’une nouvelle vague de cinéastes d’animation japonais qui arrivent avec un nouveau genre de réalisation. Beaucoup le surnomme le nouveau Miyazaki, ce que le metteur en scène trouve très surestimé au possible.

Débutant à la toute fin des années 90, Makoto Shinkai s’est petit à petit imposé dans le paysage du cinéma d’animation. Ses trois premiers films se font gentiment remarquer, puis c’est en 2016 que le réalisateur « explose » avec « Your Name« , et son histoire de « Freaky Friday » poétique, intense et amoureux. Avec ce film, il se passe quelque chose et Makoto Shinkai accède au statut de réalisateur culte, dont on va attendre chacun de ses films.

Après le très beau « Les Enfants du Temps » sorti en 2020, Makoto Shinkai nous revient avec « Suzume« , drame sur le deuil qui est tout simplement incroyable.

« Magnifique de bout en bout de film, profond, intense, intelligent. »

Magnifique de bout en bout de film, profond, intense, intelligent, « Suzume » arrive pourtant avec une histoire qui commençait comme une petite comédie gentillette, voire même assez tirée par les cheveux avec cet homme qui se change en chaise. Puis petit à petit, au fil de ce film, de ce road trip qui nous emmène du Sud et Nord du Japon, « Suzume » réserve tout un tas de merveilles et surtout d’émotions qu’on n’avait pas vu venir, et c’est purement et simplement beau !

Suzume, une jeune fille de dix-sept ans, se rend comme tous les jours à l’école. Mais ce matin-là, elle croise la route d’un homme qui lui demande s’il n’y aurait pas des ruines dans le coin, car il est à la recherche d’une porte… Suzume lui indique quelques ruines dans les montagnes et cette rencontre, qui n’aura duré que quelques minutes, va alors l’entraîner dans une aventure insoupçonnable, et changer sa vie à tout jamais.

Quelle très belle claque de ce nouveau Makoto Shinkai. « Suzume » est un film qui est difficile à résumer, tant il est riche, et surtout, c’est un film qui ne cesse de faire évoluer son intrigue. Il vaut mieux même en savoir le moins possible, afin de se laisser totalement surprendre par cette histoire imprévisible.

« Tenu par un scénario audacieux et superbe, « Suzume » est un film qui conjugue les genres. »

Tenu par un scénario audacieux et superbe, « Suzume » est un film qui conjugue les genres, allant du côté du surnaturel, allant du côté de la comédie en forme de road trip, ou encore, et c’est là qu’il est le plus beau, allant vers un drame puissant, qui parlera de plusieurs traumatismes. Makoto Shinkai évoque le tremblement de terre et le tsunami de 2011, et derrière ça, avec ce point de départ, le réalisateur tisse une histoire superbe, où il sera question de deuil, d’acceptation, de maux et de reconstruction. Particulièrement émouvant, ce voyage ne laisse pas indifférent, notamment lorsque toutes les ficelles que Makoto Shinkai a mis en place pendant les deux heures sont tirées d’un coup pour être réunies en un feu d’artifice exemplaire, dont seul le cinéaste a le secret.

Avec tout ça, comme je le disais, le film s’aventure énormément dans le fantastique, et ce côté-là du film est très surprenant, car il conjugue à merveille et de manière audacieuse ce traumatisme de 2011 avec une dimension onirique qu’on n’avait pas vu venir. On pourrait toujours reprocher au film de ne pas expliquer grand-chose et de considérer ce qu’il raconte comme acquis, mais franchement, c’est tellement surprenant, et surtout tellement prenant, qu’on se laisse totalement embarquer.

« Le tout est d’une poésie rare. »

Avec cette histoire qui sonne comme du Makoto Shinkai pur jus, « Suzume » est aussi un film qui porte en lui l’ADN de son auteur. La réalisation et les graphismes de son film sont sublimes et mélangent toujours aussi bien l’animation 2D et la 3D, puis derrière ça, on retrouve tout ce que l’on aime dans les films de Makoto Shinkai. Ici, il y a ces sentiments amoureux, ici, on voyage en train, ici, on fait des bonds, on passe des portes, puis il y a cette idée de paradoxe temporel. Tout est bien amené, le film tient un rythme terrible, qui fait que jamais on ne voit pas le temps passer.

On retrouve aussi le mélange de noirceur et de lumière. Puis enfin, le tout est d’une poésie rare. Avec ce film, on a l’impression que tout ce qu’a fait Makoto Shinkai l’a amené à faire ce film. Ici, le réalisateur offre un kaléidoscope de son cinéma pour le meilleur du meilleur.

Ainsi, ce cru 2023 est un petit chef-d’œuvre. Magnifique dans son intrigue, magnifique dans ses visuels et ses idées, Makoto Shinkai livre là son meilleur film. En réunissant tous les pans de son cinéma, le réalisateur japonais nous entraîne dans une histoire profonde, intense et émouvante, qui ne cesse de surprendre pendant les deux heures qu’elle dure. On le savait déjà, mais assurément, Makoto Shinkai reconfirme qu’il est un très grand réalisateur !

Note : 18,5/20

Par Cinéted

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